MANUEL DES
JEUNES GENS,
OU SCIENCES,
ARTS ET
RECREATIONS...
Digitizett by Goog
EMGYCLOPÉDIERORET.
MANUEL ^
JEUNES GENS
ou
JEUX ET RÉCRÉATIONS
PARIS
| LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET
_
MANUEL
DES
JEUNES GENS.
TOME I.
DE L'IMPRIMERIE DE CRÀPELET,
RUE DE VAL'lilUAKB, K° ().
Digitized by Google
MANUEL
JEUIVES GENS,
SCIENCES, ARTS ET RÉCRÉATIONS
QUI LEUR CONVIENNENT , ET DONT ILS PEUVENT
s'oCCOPER AVEC AGRÉMENT ET UTILITÉ ,
Tels que les Jeux de Billes, de Toupies, de Balles, d'Agilité
et d'Esprit; les Exercices et Récréations Gym a astiques,
l'Ire, la Crosse, l'Escrime, la Natation; les Amusemeus
d'Arithmétique, Magnétiques, d'Optique, Aérostatique*
et Chimiques; les Tours de Magie, de Cartes, d'une exé-
cution facile ; les Feux d'Artifice saus poudre et sans dan-
ger, Jeux de Patience , de Dames, d'Ecbecs, etc., etc.
TRAlll.'IT de Vk,
PAR PAUL VERGNAUD.
Ouvrage orné d'un grand nombre de Pignettet gratiéen si
par M. Goda un.
PARIS,
A LA LIRRA1R11Î EHCYCLOPËD1QUK DE 1
RUIl RAUTlfBDIU.K, KV COin DE Ll RUE DU BATTOI».
i83i.
Lf Éditeur offre cet Ouvrage pour
son Amusement et son Instruction.
Digilized by Google
Digitized by Google
' MANUEL
„ DES
JEUNES GENS.
INTRODUCTION.
Ukh encyclopédie populaire des jeux et des passe*
temps de la jeunesse, un compagnon des jours de
congé , le •véritable livre des garçons de tout âge r sans
aucun mélange de ce qui n'est pas pour eux d'un
véritable intérêt, était un ouvrage désiré depuis long-
temps. Cette encyclopédie devait suppléer à tous les
livres que l'on achète pour les enfans, à cause de
leur bas prix, et quî sont pour eux ou d'un faible
intérêt, ou même quelquefois d'une inconvenance
marquée.
Nous avons publié cet ouvrage pour remédier à
un aussi grand inconvénient, et nous prions ceux à
qui la garde de la jeunesse est confiée , de l'offrir à
leurs jeunes protégés , sous forme de présent de fête
ou de jour de naissance. Ce livre, où tout ce qui
I. I
Digilized
charme ordinairement la jeunesse se Irouve réuni
de manière à mériter l'approbation des instituteurs,
est beaucoup plus amusant et surtout plus instructif
pour les jeunes gens , que le rebut de bon marché
pour lequel le schilling (i) amassé se dépense habi-
tuellement. L'événement a pleinement justifié notre
attente ; peu d'ouvrages ont eu une réception aussi
flatteuse de la presse et du public. La première édi-
tion, tirée à trois mille exemplaires, a été vendue
sans avertissement eu moins de deux mois.
L'édition actuelle contient plusieurs changemens
et additions; elle est augmentée en volume par une
demi-feuille de plus , et réellement de près d'une
feuille et demie par la grandeur de ses pages. Les
articles ont tous été augmentés, et quelques uns d'eux
refaits. Le volume est enrichi de nouvelles grivures
d'un dessin et d'une exécution supérieurs.
On ne peut guère s'imaginer un champ plus vaste
que celui que nous avons pris. Notre plan embrasse
tous les arausemens de tout le monde et de toutes
les saisons : hiver comme été , au logis et dehors ; les
jeunes gens robustes et délicats, contemplatifs et in-
génieux , ont chacun leur article. Les jeux et lés
exercices en plein air, les passe-temps du coin du feu
d'hiver, et les récréations de la science, sont ample-
ment détaillés dans ces pages, qui ont été imprimées
dans un caractère serré, afin de nous permettre de
(i) Le schelling vaut environ un franc vingt-trois cert-
Digitized by Google
DES JEUNES SENS. 3
réduire toute une bibliothèque en un petit volume.
Nous pouvons dire que nos peines n'ont pas été
épargnées pour parvenir à notre but. Nous nous
sommes efforcés de plaire aux vieux et aus jeunes;
tâche qui n'est pas facile; et si nous nous trompons,
ce ne peut être qu'honorablement; car si nous étions
condamnés par quelques personnes, nous sommes
sûrs que le plus grand nombre serait en notre fa-
veur, et qu'une foule d'avocats, appréciant notre
industrie et nos motifs, prendraient avec plaisir notre
défense.
Digitized by Google
La joyeuse enfance est le bonheur de la vie : le»
jeunes gens prennent alors plaisir dans les toupies
et les billes, que les amusemens grave* de l'homme,
quoique très chers , n'égalent jamais.
Nous espérons que nos jeunes lecteurs commence-
ront notre livre avec un plaisir égal à celui que nous
avons en nous mettant à l'écrire, et que nous con-
tinuerons ensemble agréablement notre ouvrage. La
description des jeux de la jeunesse sera un agréable
passe-temps pour nous, et fera revivre de temps à
autre ces heureux souvenirs des momens de notre
enfance où nous étions le héros de la rangette, et
jamais un adversaire méprisable , même pour les
jennes joueurs les plus accomplis aux jeux de balle.
Cela nous rappellera nos heureux jours de congé
Digitized by Google
DES JEUNES CENS. 5
et nos meilleurs camarades d'école, les Uaits d'agi-
lité faits dans l'imitation et les trophées emportés
en triomphe à la toupie dans le cercle; cela nous rap-
pellera aussi les joyeuses matinées où le premier
rayon du soleil nous réveillait pour donner au jeu
une demi-heure prise sur le sommeil, sans empiéter
sur les heures consacrées à l'étude. Cela nous rap-
pellera encore les jours du règne grondeur de l'hiver,
ou nous nous réunissions au petit nombre d'écoliers
actifs , qui , au lieu de s'envelopper dans de grands
manteaux ou de tourner autour d'un feu , couraient
dans l'air vif et froid, et faisaient des sauts et des
bonds dans la neige ou dans la glace qui couvrait la
terre, cherchant et trouvant à s'échauffer dans un
jeu de barres , ou faisaient cligner les yeux au jeu
dangereux du cheval fondu , ou hien défiaient le froid
en fouettant la toupie avec une peau d'anguille, et
revenaient le cœur content, les joues rouges, avec
le meilleur appétit pour notre repas du matin, et
une bonne volonté parfaite pour nos devoirs d'étude.
Cela nous rappellera aussi ces endroits frais et om-
bragés où, lorsque le soleil de midi était à la moitié
de sa course dans les cieux , dans le chaud mois
d'août , nous lisions alternativement des livres agréa-
bles et instructifs, où nous jouions avec nos cama-
rades de classe à la grande rangette, où nous élevions
une pyramide de billes pour qu'ils tirassent après ,
où nous tirions après une semblable pyramide élevée
par l'un d'eux ; cela nous rappellera les montagnes
et les collines où nous faisions voler nos cerfs-volans ,
Digitized by Google
6
MANUEL
les endroits où nous prenions notre essor pour courir
à plusieurs milles de là; cela nous rappellera aussi
nos mésaventures dans les jeux où nous jouions le
mieux; cette salle chérie où, pendant les vacances,
abondaient les confitures, les poudings aux prunes ,
et les jeunes gens occupés à les manger ; celte salle
dans laquelle , la veille de Noël et à la joyeuse Épi-
phanie , nons jouions , près d'un feu paisible , aux
jeux de la saison ; la ruine, la cour du château ren-
versé, avec nn orme haut et respectable placé dans
nu coin, nid d'une quantité innombrable d'oiseaux
qui gazouillaient, et ornaient sa verdure. Cela nous
rappellera encore la scène de nos principaux exploits
à la halle , l'endroit du jardin où notre pavillon
d'école était élevé entre deux poiriers jumeaux gigan-
tesques, et enfin tous ces endroits qui faisaient les
délices de nos jours de congé, lorsqu'une partie amu-
sante au saut de mouton récompensait les deux heures
d'étude employées à résoudre une question d'arith-
métique, à composer un thème sur quelque sujet
difficile , à traduire un passage de V Iliade en vers
latins, ou les vers de Pope en prose française. Nous
pensons que cela ne nous fera aucun tort d'avouer
que pous profitions complètement de nos heures de
récréation. Le passage d'un écrivain célèbre , sot en
écrivant une syntaxe, mais maître joueur aux billes, a
été converti en proverbe par quelques personnes sans
réflexion, et on a accusé les jeunes gens qui étaient
les meilleurs joueurs d'élre mauvais écoliers. Nous
avons presque toujours vu le contraire; car nous
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 7
avons remarqué souvent que les jeunes gens qui con-
duisaient les jeux étaient les premiers dans leurs
classes. Il y a un temps pour toute choie; c'est un vieux
dicton, sur lequel nous nous permettrons une observa-
tion. Les maîtres d'école consacrent certaines heures
du jour à la récréation ; on pourrait les employer à
jouer à des passe-temps agréables et bons pour la
santé, tels qu'ils prépareraient l'écolier à reprendre
son travail avec une vigueur nouvelle; l'étude doit
délasser du jeu, et le jeu de l'étude. Maïs nous ue
recommandons d'oublier le travail en jouant, que
pour mieux faire sentir à nos jeunes lecteurs la né-
cessité d'oublier le jeu en travaillant.
JEUX DE BILLES.
11 y avait il y a quelques années , et nous croyons
qu'il y a encore trois ou quatre espèces de billes. Les
billes d'argile tachées de brun ou de noir étaient tu
Digitized by Google
8
MANUEL
plus mauvaises; celles de pierre jaune venaient après,
et celles en marbre et en agate étaient préférées à
toutes les autres. Les jeux de billes ne sont pas très
nombreux ; on peut les varier, et nous n'avons omis
aucun de ceux qui sont venus à notre connaissance.
LA TAPZTVK A CALEB.
C'est le plus simple de tous les jeux de billes. Un
joueur jette sa bille; l'autre aussitôt s'efforce de là
frapper ou taper, ou autrement, de la caler, en la tou-
chant avec la sienne. S'il manque a toucher, le pre-
mier joueur tire de l'endroit où sa bille est restée,
après celle du second ; et on continue ainsi jusqu'à
ce qu'on tape ou cale, qu'on prenne la bille calée ou
tapée, et que le gagnant recommence le jeu.
LA ROULETTE.
Ce jen diffère du précédent en ce qne les billes , au
lieu d'être tirées avec Je pouce et l'index , c'est-ù-dire
calées, pour user du mot technique , sont simplement
roulées par les joueurs.
LA POO.IJETTB.
On creuse trois petits trous séparés à peu près
d'un à deux mètres , et le joueur tire à partir d'une
ligne qui se trouve à environ trois mètres du pre-
mier trou. Le sort décide qui jouera le premier ;
le jeu est de pousser d'abord sa bille dans le premier
trou : si on réussit, on la pousse dans le second trou;
si on ne peut le faire, l'autre joueur commence, et
chacun tire lorsque l'autre manque.
Digitized by Goog
DES JEUNES ORS* . g
Le joueur qui a mis sa bille dans un trou, doit, si
la bille de «on adversaire est près, la chasser avec
la sienne aussi loin qu'il le peut; et s'il la frappe, il
garde son trou. Le joueur qui entre h premier dans
le dernier trou de cette manière : premier trou, se-
cond, troisième, second, premier, second, troisième,
gagne. Le perdant place sa bille près du premier
trou; le gagnant tire après d'aussi près qu'il le peut
de la ligne, et tire ensuite trois fois de l'endroit où
sa bille reste, après celle du perdant.
J.A TiPBTTH.
Deux personnes on un plus grand nombre jouent
à ce jeu ; celui qui commence jette sa bille doucement
contre un mur, de manière qu'elle puisse rebondir à
une distance qui n'excède pas un mètre. Un second
joueur en jette une contre le mur, s'efforçaut de la
faire rebondir de manière à frapper ou taper l'autre ;
s'il ne peut la faire toucher, le premier joueur prend
sa propre bille, et s'efforce à son tour de frapper
OU taper l'antre. Toute bille ainsi tapée appartient
à celui qui a tapé, et qui recommence. Dans les en-
droits où il n'y a que deux personnes qui jouent,
il vaut mieux frapper chacun deux ou trois billes
avant de faire usage de celles qui sont parterre. Dans
ce cas , un joueur peut gagner ses propres billes, et
prendre celle qu'il lui plaît pour jouer.
T.E CONQUÉRAIT T.
C'est un jeu auquel nous ne donnons pas noir»
approbation , quoique dans notre jeunesse nous l'ai-
Digilized by Google
IO MANUEL
niions beaucoup. On doit jouer avec de fortes billes
de pierre. Un joueur commence en mettant sa bille
sur une terre unie et assez dure : le gazon et le pavé
ne valent rien. L'autre joueur lance sa bille aussi
fort qu'il le peut , de manière à casser la bille pla-
cée ; s'il manque , sa propre bille est rejetée , et ainsi
chaque joueur tire alternativement sa bille après celle
d'un autre. Une forte bille en casse ou en prend sou-
vent cinquante ou cent. Dans les endroits où l'on joue
souvent à ce jeu, on prise beaucoup une bille qui
en a conquis uue grande quantité d'autres, et le pos-
sesseur ne la joue que contre celles qui en ont conquis
une quantité convenue. Quand un grec rencontre un
grec, ou lorsque deux conquérons sont engagés, le
nombre de hilles brisées par le vaincu est ajouté a
celui du vainqueur. Ainsi, si ma bille, ayant brisé
vingt billes, en conquiert une autre qui en a pris vingt,
ma bille en conquiert alors quarante et une, savoir :
vingt de sa première vingtaine, vingt de la vingtaine
du vaincu, et une pour la bille brisée elle-même.
Dans l'ouest de l' Angleterre on joue aussi le jeu du
conquérant avec des coquilles petites, dures et variées,
qu'on trouve dans les vieux bancs, et dont les lima-
çons, leurs premiers habit an s , ont disparu. On tient
la coquille dans l'index de la main droite, et on
pousse vigoureusement son orifice contre celui de
celle de l'adversaire ; la coquille qui se casse est ordi-
nairement conquise. .
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. II
LA PLANCHE AUX ARCHBS.
Ou nomme ce Jeu eu quelques endroits les neuf
irons; il a divers noms , et on le joue quelquefois avec
des balles de fer au lieu de billes. On roule les billes
vers une planche élevée, ayant neuf petites arches
numérotées. Si la bille frappe contre les piles des
arches, elle appartient au gardien de la planche; mais
si elle passe au travers d'une d'elles, celui qui la roule
en réclame un nombre égal au numéro qui était sur
l'arche au travers de laquelle elle a passé. Nous avons
vu que les planches, dans ce jeu , étaient marquées au
haut de quelques arches , de numéros dans cet ordre :
5, 0,1,3,0, 3, o,4>°; dans quelques endroits où
on ne numérote pas les planches, et où les nombres
vont au-delà de cinq , le joueur ne perd pas seulement
sa bille s'il frappe contre les piles des arches, mais
donne au gardien de la planche une bille chaque fois
qu'il joue.
LA RAflGETTB SIMPLE.
Les règles de la rangette varient en divers endroits ;
la règle suivante est la plus générale. On trace un
cercle dans lequel chaque personne place autant de
billes qu'on est convenu d'en mettre; on trace une
ligne, nommée ligne de but, à quelque distance du
cercle , d'où chacun tire lorsque son tour vient. Faire
sortir une bille hors du cercle permet an joueur de
recommencer, et ainsi un bon joueur peut nettoyer
le rond avant que ses compagnons aient une seule
chance. Après le premier coup, les joueurs ne retour-
Digitized by Google
nent plus à la ligne de but, mais tirent — l'endroit nu
leurs billes sont restées. Chaque bille »asnîe hors ,J j
cercle est gagnée par celui qui l'a fraj : tuais si i.
bille reste dans le rond, le joueur n'e; seule. i * i*
hors du jeu, mais encore, lorsqu'il >,i, q U . [ qai
billes, il est obligé de les remettre dan.' oad. Qkw. ■.
un joueur frappe avec sa bille celle un autre, î<-
joueur dont la bille est ainsi frappée ■: dehors ; *t
s'il a pris quelques billes, il doit les . tire dans '• ■
main du joueur qui a frappé sa bille.
LA GRâBDB BAKGETTI
Ce jeu est supérieur à tous les autrt j<;uxde hiflet;
il diffère de la rangette simple par h particularité
suivantes : Si, avant qu'une bille si ' chassée
du cercle ou de la ligne, la bille d ' » joueur?
est frappée par la bille d'un autre, .'»e mie d«
son partenaire, ou bien s'il tire sa - 'îans l'en-
ceinte, dans l'un ou dans l'autre , il met une
bille dans le rond , avant qu'aucul 'ntre joue de
la ligne de but et continue le jeu; iv.is si le pre-
mier de ces cas arrive après qu'u.it ou plusieurs
billes ont été chassées hors de l'enceinte, s'il a préa-
lablement obtenu quelques billes, îl les tt! dans It
main de celui qui l'a frappé, et un l-ns le cercle
avant de tirer de la ligne de but. M s'il n'a pas
obtenu de billes, il ne joue plus per : - t ic reste du
jeu, ou est tué parce que sa bille a él .p : i« ; et de
nouveau, si, après qu'une ou plut: if* bille» ont
été chassées hors du cercle, sa bille ; .itrw [U ,igne
Digitized by Google
DES JEBNES GENS. l3
n'y fait rien ) , il met les billes qu'il a obtenues, avec
une en plus, dans l'enceinte, et tire de la ligne de
but. Mais s'il n'a pas eu une ou plusieurs billes après
que sa bille reste ainsi dans le cercle , ou devient
gratte, comme on dit , il est tué, et sort du jeu. Quand
il n'y a qu'une bille dans le cercle , elle peut y rester
sans être grasse. Les joueurs mettent rarement plus
d'une bille chacun dans le rond au premier coup.
Ll PÏBiMIDE.
On trace un petit cercle dans lequel un joueur fait
une pyramide, en plaçant trois billes tri angulaire ment
et une autre au-dessus; un autre joueur peut alors
tirer d'une distance convenue après la pyramide, en
donnant à celui qui garde la pyramide une bille
chaque fois qu'il tire. Si le joueur frappe la pyramide
avec sa bille , il lui appartient autant de billes qu'il
en a chassé hors du cercle, et le gardien de la pyra-
mide doit la tenir complète. C'est un jeu assez amu-
sant ; tous les joueurs , prenant leur tour à des
intervalles marqués, penvent y trouver beaucoup de
plaisir.
I. 2
Digitized by Google
>4
MANUEL
JEUX DE TOUPIES.
L> TOUPIE D'ALLEMAGNE.
On peut acheter des toupies d'Allemagne de diffé-
rentes tailles, dans les boutiques. Il faut très peu
d'art pour s'en servir. Après que la ficelle est entor-
tillée autour de la partie supérieure , on en prend
un bout dans une main , pendant qu'on tient la clef
de l'autre. On n'a qu'à étendre les bras, et la toupie
tourne sur elle-même eu restant droite.
TOUPIE A FOUET.
C'est un excellent amusement. La toupie est lancée
aisément en la faisant tourner avec les deux mains
sur un sol uni, fouettant d'abord doucement, puis
augmentant la force des coups à mesure que la toupie
s'affermit. 11 y a une variété de cette toupie qui est
trop singulière pour n'en pas dire un mot : nous
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. l5
voulons parler de celle de Colchester,
dont on Toit ci-joint la gravure. Sa
construction est très simple, et pour
dormir, on la dit surpasser de beau-
coup celles qui sont faites d'après la
méthode ordinaire. Les seuls jeux que nous avons
tus avec des toupies à fouet sont les courses et Us
rencontres. Dans le premier, le jeu est de chasser la
toupie à une certaine distance; dans le dernier, on
fouette les toupies l'une contre l'autre, jusqu'à ce
qu'une d'elles soit jetée par terre. La meilleure ma-
tière pour un fouet est une peau d'anguille; elle sur-
passe de beaucoup en bonté la corde ou des courroies
de cuir.
toupie x FICELLE.
On peut acquérir beaucoup de dextérité à ce jeu
en y jouant souvent. A Londres , on fait ordinaire-
ment tourner ces toupies, et on les prend, pour
dormir, dans des cuillers de bois, qu'on vend dans
les boutiques ; mais on joue aussi à la toupie, des jeux
dans lesquels les vainqueurs emportent des pointes
de toupies comme preuves de leurs victoires. On
trace un cercle d'environ un mètre de diamètre,
sur une terre unie (le pavé ne vaut rien), et plu-
sieurs joueurs l'entourent. Un d'eux commence en
jetant sa toupie dans le cercle, et les autres jettent
alors les leurs après la sienne , pendant tout le temps
qu'elle y reste : aussitôt qu'elle en sort, il peut la
reprendre et -la jetor après celles qui y sont restées.
L'objet de chaque j Dueur est de fendre les toupies de
Digitized by Google
16 manuel
ses compagnons; s'il y reassît, il garde la pointe de
la toupie brisée, comme trophée de sa victoire. Si
un des joueurs ne jette pas sa toupie dans le cercle,
ou qu'il s'efforce de la retirer, ou si elle roule hors
du cercle, on l'appelle toupie morte, et on doit la
remettre dans le cercle, afin qu'elle y subisse les
coups de fer des autres. Quand elle est de nouveau,
frappée sans être fendue, le joueur à qui elle appar-
tient la reprend et joue de la même manière. Quel-
quefois une demi-douzaine de toupies mortes sont
chassées hors du cercle par un seul coup , sans qu'au-
cune d'elles soit endommagée; et en général, si elles
sont faites de bon bois, elles ne se fendent que rare-
ment. Une toupie à longue pointe est meilleure, parce
qu'elle sort du cercle presque aussitôt qu'elle est lan-
cée. Une toupie qui dort aussitôt qu'elle est dans le
cercle court le plus grand danger, et celles qui dor-
ment le plus sont des toupies pesantes, avec des
pointes courtes. 11 est très utile de tourner la corde
assez près de la pointe, aussi-bien qu'au haut de
la toupie, et de faire usage d'un bouton à la fin,
au lieu d'un nœud coulant. La toupie espagnole à
ficelle, dont la figure est ci-contre,
est faite de bel acajou, et travaillée
plus délicatement vers la pointe que
les toupies anglaises. La pointe est
très courte, d'une épaisseur égale,
et arrondie vers la fin. Ces toupies dorment presque
droites, et trois fois le temps qu'elles dorment ordi-
nairement. Il ne sert de rien de les jeter avec farce ;
Digitized by Google
DES JEUNES GESS. 17
en effet, elles dorment mieux quand on les lance
doucement; de manière que pour jouer sur le pavé
ou le parquet, elles sont de beaucoup supérieures a
celles faites à la mode anglaise, quoique, pour la
même raison , totalement impropres pour fa toupie
dans le cercle, La forme des toupies à ficelle , aussi-
bien que des toupies à fouet et des toupies d'Alle-
magne, est si bien connue, qu'il nous serait inutile
d'en offrir d'autres gravures.
JEUX DE BALLES.
Les jeux de balles sont nombreux et amusans : la
crosse est un jeu si important, qu'il mérite une place
séparée dans notre ouvrage ; mais quant aux autre*
jeux de balles, notre jeune lecteur les trouvera à peu,
près tous dans ce chapitre.
Digitized by Google
ï8
MANUEL
LA PARTIS SIMPLE.
On peut joner seul ou avec des partenaires. On
doit choisir un bou mur, ayant un sol uni en face ;
on trace une ligne à un mètre de hauteur sur le mur :
une autre sur la terre, séparée d'un ou deux mètres
du mur, et arrêtée par deux autres sur le terrain le
plus près du mur, servant à marquer les bornes, et
décrivant ainsi trois côtés d'un carré, dont le mur
sera un quatrième. Les joueurs mettent an^jeu ; le
gagnant commence en jetant sa balle par terre, et en
la frappant contre le mur au-dessus de la ligne , de
manière qu'elle puisse rebondir assez loin pour tom-
ber au-delà de la ligne tracée sur la terre; l'autre
joueur la frappe de la même manière, ou avant
qu'elle ait touché la terre, ou qu'elle ait rebondi plus
d'une fois; le premier joueur se prépare alors à la
frapper lorsqu'elle rebondit, et le jec continue ainsi
jusqu'à ce qu'un des joueurs manque de frapper la
balle de son compagnon avant qu'elle ait rebondi „
qu'il la frappe sous la marque ou la chasse hors de*
bornes. Si un joueur fait un de ces coups, il perd ce
qu'il a mis au jeu ; si c'est l'autre , il compte un point
dans chaque occasion semblable, la partie étant er*
quinze points. Quand on y joue plusieurs , les règles
sont les mêmes , chaque joueur jouant à son tour.
Après le premier coup , il n'est pas nécessaire de faire
reboudir la balle au-delà de la ligue tracée sur la terre,
dont on ne fait usage que pour obliger le joueur
dont la balle est dans le carré à donner la balle ,
Digitized by Google
DES IEONES GENS. tg
«'est-à-dire quand il prend son enjeu après avoir
gagné un point.
LES HEUF TROUS, OU LA BALLE DANS LES CHAPEAUX.
Près d'un mur où le sol est uni , creusez neuf
trous ou un moindre nombre, suivant le nombre des
joueurs, assez grands pour qu'on y puisse rouler une
balle avec facilité. Numérotez-les, et qu'on donne à
chaque joueur son numéro , que le hasard ou le choix
décidera. On trace une ligue à environ quatre mètres
des trous; un joueur se place dessus, et jette la balle
dans un des trous. Le joueur à qui ce trou appar-
tient la ramasse aussi vite qu'il le peut, et s'efforce
de frapper un des joueurs avec; ils se sauvent aussi-
tôt qu'ils aperçoivent que la balle n'est pas pour eux.
S'il manque son coup, il perd un point, et s'appelle
perdant, et c'est à son tour à jouer; si cependant il
«n frappe un autre, il ne perd rien; mais le joueur
ainsi frappé, en cas qu'il en manque un autre, devient
perdant, et c'est à son tour à jouer. On peut en frap-
per ainsi cinq ou six de suite, et garder la balle
aussi long-temps qu'on pourra, jusqu'à ce qu'on
manque; alors le joueur qui manque perd un point
et joue. C'est aussi la règle qu'un joueur accepte la
balle d'un autre : ainsi, si A est derrière B, et que
C ait la balle devant B, A peut prendre la balle que
C lui envoie; il l'attrape, et tâche d'attraper B avant
qu'il puisse s'enfuir; s'il manque, il perd un point
et joue. Le second coup se joue précisément comme
le premier ; mais celui qui joue trois fois sans jeter la
Digitized by Google
20 MANUEL
balle dans un trou perd un point; et s'il en a perdu
un d'avance , devient deux fois perdant; il doit conti-
nuer jusqu'à ce qu'il jette la balle dans un trou.
C'est sa faute si celui dans lequel il la jette lui appar-
tient. Quelqu'un qui manque son coup deux fois de-
vient deux fois perdant; celui qui perd trois points,
trots fois perdant, et celui qui en perd quatre ne joue
plus. Le jeu continue ainsi jusqu'à ce que tous les
joueurs soient dehors, excepté un qui gagne. Un des
perdans prend alors la balle , se place la téte contre le
mur, et la jette par-dessus son épaule aussi loin qu'il
peut. Le joueur qui a gagné va à l'endroit où sa balle
a touché la terre, ou si elle n'est pas tout-à-fait derrière
celui qui l'a jetée , on trace une ligne depuis l'endroit
{j que la balle touche jusqu'à une
\ ligne derrière eelni qui l'a js-
tée. Ainsi, supposons que le je-
X. teur soit en a, la balle tombe à
X b, où l'on tire une ligne qui va
c — ~- a jusqu'à c. Le gagnant jette alors
la balle trois fois après le dos du perdant, aussi fort
qu'il lui plaît. Les autres perdans jettent la balle l'un
après l'autre , et le gagnant a trois coups de balle à
leur donner depuis l'endroit où leurs balles touchent
la terre, comme on le voit ci-dessus.
Auprès de Londres, on appelle ce jeu la balle dans
les chapeaux, parce que les joueurs se servent de leurs
chapeaux au lieu de trous.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 21
Lv li li.I.F. EMPOtSQBHÉB.
C'est un jeu très semblable au précédent. Au lieu
de rouler la balle dans les trous, on la jette en l'air,
et le jeteur appelle la personne pour qui il la destine.
Si le joueur ainsi appelé l'attrape avant qu'elle ait
rebondi deux fois, il ne perd rien, mais il la rejette
en l'air, et appelle celui qu'il lui plaît. S'il ne l'at-
trape pas lorsqu'il le faut, il doit s'efforcer d'en frap-
per un autre; s'il manque, il perd un point et joue.
Le reste du jeu, le nombre de points et la punition
des perdans sont comme dans les neuf trous; des
deux jeux, c'est le meilleur.
LA IMT. LE AUX PIEDS.
Quelques joueurs se divisent en deux troupes égales
en nombre ; on a une grosse balle, une vessie enflée et
couverte de cuir vaut mieux que toute autre : on la
place entre les deux troupes, et le jeu de chaque
troupe est de faire passer la balle au travers de la
limite de l'autre, et de l'empêcher de passer au tra-
vers de la sienne. Le parti au travers de la limite
duquel la balle passe, perd. On commence le jeu
entre les deux limites, qui sont séparées de quatre-
vingt-dix mètres.
Ce jeu était très à la mode en Angleterre, quoiqu'il
soit dernièrement presque tombé en désuétude, et
qu'on ne le joue que très peu. On ne sait quand on
commença à le connaître; mais il paraît que ce n'est
qne sous le règne d'Édouard III, quoiqu'il fût dé-
crié par un édit public, parce qu'il empêchait les
progrès du tir a l'arc.
Digitized by Google
22 MANUEL
Les gens de la campagne font usage d'une vessie
enflée , sans couverture de cuir , y mettant des pois ,
ce qui occasionne un certain bruit lorsqu'on la jette
en l'air.
Li BALLE ET LA CBOSSE.
Dans le nord de l'Angleterre , on joue beaucoup
à ce jeu. Il répond à un passe-temps des Romains,
qui s'exécutait avec une balle de cuïr remplie de
plumes , et la balle pour jouer à ce jeu se compose
des mêmes matériaux à présent. Sous le règne
d'Édouard III, ce jeu s'appelait cambuca, probable-
ment à cause du bâton recourbé avec lequel on jouait,
et qui s'appelait crosse, d'où le jeu a pris son nom
de la balle et la crosse.
On y joue à présent avec un battoir dont le
manche est droit, fait de frêne, et long d'un mètre;
la partie courbe est attachée au fond, entourée de
corne par-devant, et de plomb par-derrière. La balle
est petite et très dure, quoique faite de cuir et rem-
plie de plumes. Il y a ordinairement deux joueurs,
dont chacun a son battoir et sa balle. Le jeu 'consiste
à mettre la balle dans certains trous ; celui qui achève
le plus tôt, gagne. Les longueurs de battoir, ou
l'espace entre le premier et le dernier trou, sont
quelquefois de deux ou trois milles; on peut choi-
sir les nombres de trous, maïs les balles doivent
être lancées dedans, et non au-delà. Lorsque quatre
personnes jouent, il y a quelquefois deux partenaires,
et ils n'ont qu'une balle, qu'ils frappent alternative-
ment ; mais chacun a sa crosse. C'était un jeu à la
Digitized by Google
DES JEUNES GENS.
mode parmi la noblesse du commencement du diit-
septième siècle, et il amusait beaucoup le prince
Henri, fils aîné du roi Jacques I er .
U B.IXLE ET LES TABOURETS,
Les écrivains anciens font quelquefois mention de
ce jeu, mais sans dire comment il se joue. Le docteur
Johnson nous dit qu'il y a un jeu où on jette les balles
de tabourets en tabourets , mais sans dire comment
ou à quel dessein. Le jeu consiste à mettre un ta-
bouret à terre, et un joueur se place devant. Son
antagoniste jette la balle, et tâche de toucher le
tabouret. Le premier joueur s'efforce d'empêcher le
tabouret d'être touché, en frappant avec la main, et
comptant un à chaque coup ; si au contraire il man-
que, et que la balle touche le tabouret, les joueurs
changent de place. Le gagnant est celui qui frappe la
balle le plus de fois avant qu'elle touche le tabouret.
Dans quelques endroits, on range un certain nombre
de tabourets en rond , à une certaine distance l'un
de l'autre , et chacun est occupé par uu joueur : lors-
qu'on frappe la balle, ce qui se fait comme avant,
avec la main, ils sont tous obligés de changer de
place , courant successivement de tabouret en tabou-
ret, et si celui qui jette la balle peut la reprendre à
temps pour en frapper un autre avant qu'il ait atteint
le tabouret auquel il court, il prend sa place, et le
joueur touché doit jeter la balle, jusqu'à ce qu'il
puisse , de la même manière , retourner dans le
cercle.
Drgrlized by Google
LA TRAPPE, LE BATTOIR EX LA BALLE.
Nos jeunes lecteurs connaissent sans doute la
forme de la trappe; il ne sera nécessaire pour nous
que de donner les lois du jeu. Deux bornes sont
également placées à une grande distance de la trappe,
entre lesquelles la balle doit passer, quand le joueur
la frappe ; si elle tombe à c6té d'une d'elles , il perd
son enjeu. On met au jeu, et le gagnant place la
balle dans la cuiller de la trappe , touche la raie avec
le battoir, et lorsque la balle sort de la trappe, la
lance aussi loin qu'il peut. Un autre joueur s'efforce
de l'attraper; s'il le fait avant qu'elle ait touché la
terre ou qu'elle ait rebondi plus d'une fois, ou que
celui qui frappe manque la balle ou touche la raie
plus de deux fois sans qu'il frappe la balle , il perd
son enjeu, et le second lui succède; si la balle était
bien frappée, mais non pas attrapée, le joueur qui
ne joue pas, et dans les mains duquel elle tombe, la
Digitized by Google
. *
DES JËONES GENS. 25
roule depuis l'endroit où il l'a ramassée jusqu'à la
trappe, et s'il la touche, celui qui frappe est dehors.
S'il manque, celui qui frappe compte un : on pourra î
choisir le nombre de points. C'esJ aussi l'usage dans
quelques endroits, que celui^qai frappe devine a
combien de battoirs la balle est de là trappe ; s'il de-
vine juste, il compte ce nombre de points; mais s'il
en devine plus qu'il n'y en a, il perd son enjeu. Il
n est pas nécessaire de ne mettre qu'un enjeu. - "* '
On joue à ce jeu avec une trappe , et on frappe la
balle avec un battoir ou un fort bâton, à la volonté des
joueurs, mais on se sert plus généralement du der-
nier. Il n'y a pas besoin dans ce jeu de personnes
pour attraper ou arrêter la balle ; car l'objet est sim-
plement de savoir lequel jettera la balle le plus loin
dans un nombre donné de coups. La longueur de
chaque coup est mesurée avant qu'on renvoie la
balle par une cordé attachée auprès de la trappe, et
tenue de l'autre bout par une personne qui n'est là
qu'à dessein, et qui l'ajuste à la halle, quel que soit
l'endroit où elle est. La corde est divisée en mètres ,
qu'on compte successivement, de manière que la
personne placée au fond du terrain peut aisément
prévoir la distance de chaque coup par le nombre
de mètres, qu'il dit aux joueurs , qui le retiennent, et
ou renvoie la balle. Ce passe-temps n'a que peu de
variété , et n'est pas tout-à-fait si amusant pour les
spectateurs que la trappe , le battoir et la halle.
i. 3
Digitized by Google
Mi« DEL
LES H OH DR.
Dans l'ouest de l'Angleterre, ce jeu est un de
ceux qu'on préfère le plus à tous les autres jeux avec
le battoir et la balle. Dans la métropole , on joue à
un jeu semblable nommé nourricier. Dans les ronds,
les joueurs se divisent en deux parties
égales, et le hasard décide laquelle
g d commencera. On place quatre pierres
séparées de onze à dix-huit mètres,
E comme A, B, C, D ci-contre; on en
A met une autre à E; un de ceux qui
sont dehors, qui s'appelle le nourricier,
se place en E. Il jette la balle doucement vers A , à
côté de laquelle un des joueurs qui sont dedans se
place, et frappe la balle s'il le peut. S'il manque trois
fois , ou que la balle tombe derrière A , ou qu'un des
joueurs ci-dessus, qui sont tous dispersés dans le
champ, excepté un qui est derrière A, l'attrape, il
est dehors , et un autre prend sa place. S'il ne manque
pas , aussitôt que la balle est frappée , il laisse pendre
le battoir, et court à B , ou s'il peut à C , à D , ou
même retourne à A. Si cependant le nourricier ou
un joueur de dehors qui a la balle, la chasse de A à
B, de B à C, de C à D, ou de D a A, il est dehors.
Supposons qu'il ne puisse aller qu'à B , un autre
joue, et si on la manque, le premier joueur va à une
autre pierre sans être frappé , s'il le peut. S'il ne peut
aller qu'à C ou à D , le second ne va qu'à B ou à C ,
suivant ce qui arrive , et un troisième joue; lorsqu'ils
Digilized by Google
DES JEUNES GENS- 27
arrivent an logis, c'est-à-dire a A, ils font courir la
balle jusqu'à ce qu'ils soient tous dehors; les autres
joueurs leur succèdent alors.
JEUX D'AGILITÉ ET D'ESPRIT.
Plusieurs jeux de toupies et de balles sont en par-
tie des jeux d'agilité et d'esprit, ainsi que plusieurs
de ceux qu'on trouvera sous le titre de Jeux divers,
mais les passe-temps suivans sont des jeux d'agilité
et d'esprit auxquels il ne faut pas d'attirail.
tM SAUT-DE-OTOUTOW.
C'est un jeu très amusant. On devrait y jouer dans
un endroit vaste, loin des maisons, si c'était possible,
et plus il y a de joueurs , pourvu qu'ils soient de la
même hauteur et de la même agilité, mieux vaut le
jeu. Supposons qu'ils soient, une douzaine, que onze
se mettent en rang, séparés de cinq à six mètres,
leurs figures dans la même direction, les bras pliés
Digitized by Google
28 MANUEL
ou les mains posées sur les cuisses, leurs têles pen-
chées eu avant , de manière que leurs mentons soient
appuyés sur leurs poitrines, le pied droit avancé, le
dos un peu courbé , les épaules arrondies , et le cnrps
ferme. Un d'eux commence , en prenant un court
élan , plaçant ses mains sur les épaules du plus proche
joueur , et sautant avec leur assistance ( sautant natu-
rellement avec ses pieds en même temps) par-dessus
sa tête, comme on voit dans la gravure. Ayant sauté
surle premier, il va successivement sur le deuxième,
troisième, quatrième, cinquième, etc., et aussi vite
que possible. Quand il a sauté sur tous les joueurs,
il se place a une distance convenable, et celui sur
lequel il a sauté d'abord , saute le premier par-dessus
lui , ainsi que le second, troisième , quatrième , etc. ;
et quand ils ont fini , il se place convenablement, et
les autres sautent encore par-dessus lui. Le jeu con-
tinue ainsi jusqu'à ce qu'où soit fatigué.
La manière de jouer ce jeu à Londres est diffé-
rente, et procure moins d'amusement, de sûreté et
de variété. Un joueur se met les mains sur les
genoux, le corps presque en deux, et son coté au
lieu du dos tourné vers les sauteurs, qui prennent
leur élan à peu de distance. Celui qui saute le plus
loin est reconnu le meilleur joueur. On peut voir de
suite que ce jeu n'est pas si amusant que le vrai jeu
du saut de mouton, que nous venons de décrire.
Celui sur lequel on doit sauter reçoit un plus grand
choc des sauteurs, et court le danger d'être culbuté,
ou d'être cogné à la téte par leurs genoux.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS.
LES BAH B BB.
C'est un jeu fait pour le temps froid. Le meilleur
nombre de joueurs est six ou huit de chaque côté,
mais il n'y a pas d'objection à ce qu'il y ait plus ou
moins de joueurs. Le choix des partenaires est dé-
cide par le hasard. On trace une ligne d'à peu près
dix mètres; elle est séparée- d'un mur d'à peu près
dix mètres; on trace d'astres lignes aboutissant au
mur, et la troisième depuis le mtlieu.de la première
ligne jusqu'au mur. Un parti prend possession d'un
de ces camps, et l'autre parti de l'autre.
On marque deux prisons, séparées de quatre-
vingt-dix ou de cent quatre-vingts mètres; elles
doivent être en face l'une de l'autre. Un joueur sort
du camp, et un joueur du camp opposé le poursuit ;
le joueur qui est touché va dans la prison de l'autre
parti , et celui qui l'a pris ne peut être inquiété lors-
qu'il retourne dans son camp. Le parti qui gagne est
celui qui prend tous les joueurs de l'autre.
LE CHEVAL FOSDU.
Deux joueurs cherchent des associés. Le meilleur
nombre est six ou huit de chaque côté. Après leur
choix, ils mettent au jeu; le perdant et ses associés
se placent de cette manière : le premier s'appuie
:ontre un mur, le second met sa téte contre le pan
le l'habit du premier, et ainsi de suite, jusqu'à ce
ju'ils soient tous rangés. Ils doivent ou se tenir par
es pans de l'habit du joueur qui est devant eus,.
Digitized by Google
30 MANUEL
croiser les bras, ou les appuyer sur leurs genoux. Un
des gagnans commence en prenant l'élan, sautant
sur un des perdans, et aussi loin qu'il peut; aussitôt
tons les autres s'élancent sur les perdans; s'ils s'y
tiennent sans toucher la terre, ou qu'un des perdans
plie sous le poids, pendant que le conducteur compte
vingt, les cavaliers gardent leur enjeu , et recommen-
cent; s'ils ne peuvent pas se tenir sur les dos des
perdans, ils perdent, et les autres deviennent cava-
liers, et eux chevaux.
LES QUATHB COUTS.
C'est un jeu très simple , maïs en même temps fort
amusant. On n'y joue que cinq. L'endroit du jeu doit
être une cour carrée, ou un endroit où il y a quatre
arbres à peu près à la même distance l'un de l'autre,
formant les quatre coins d'un carré. U» joueur oc-
cupe chaque coin, et le cinquième, appelé pot de
chambre , se place au milieu. Le jeu commence. Deux
joueurs essaient de changer de coin, et le pot de
chambre tâche d'attraper un des coins avant qu'un
autre y soit. S'il réussit, le joueur qui n'a pas de
coin devient pot de chambre. On doit observer que si
A et B changent de coin, et que A arrive au coin de
B, mais que B ne puisse atteindre le coin de A avant
que le joueur du milieu y arrive, c'est B et non p3â
A quï devient pot de chambre.
COQUBLBTTE.
Un joueur se met à quatre pattes, les autres st
placent les uns derrière les autres. Un d'eux com-
Diçiiiizcd by C
DES JEUNES GENS. 3l
menée en frappant des mains, criant un , deux, trois,
coquelette, et sautant sur le dos du premier joueur.
S'il arrive sur son dos lorsqu'il prononce le dernier
mot, ïl Ta prendre sa place an bout de la file; s'il
manque, il devient coquelette a son tour, et les
autres sautent sur lui jusqu'à ce qu'un d'eux manque
et devienne coquelette.
l/rMITATlOW.
Sans un conducteur actif, ce jeu est ennuyeux et
monotone ; avec un bon conducteur, c'est tout-à-fait
le contraire. On peut y jouer en nombre indéter-
miné. On choisit un conducteur do jeu, et tous les
joueurs se placent derrière lui. Il ouvre le jeu en
faisant quelque trait d'agilité, tel que sauter, grimper,
ou tout autre , que les autres s'efforcent de faire. Il
en fait alors un autre, et le jeu continue jusqu'à ce
qu'on Veuille finir. Le plus actif doit être choisi pour
conducteur; il doit faire des traits d'agilité assez dif-
ficiles pour rendre le jeu intéressant, évitant en
même temps ceux qui ne pourraient être faits que
par lui ou un ou deux autres. Si un joueur peut faire
un tour qu'aucun autre ne peut faire, il devient
conducteur du jeu, jusqu'à ce qu'il soit surpaisé par
C'est un jeu d'agilité. Le meilleur nombre pour
jouer à ce jeu est six ou huit. Un joueur s'appelle
toucheur, et tous les autres se sauvent et l'évitent. Il
les poursuit tous, et s'il en attrape un, le joueur qui
Digitized by Google
3a MANCEL
est pris devient toucheur. C'est un jen amusant pen-
dant le froid. On appelle quelquefois ce jeu touche-
bois ou touche-fer; dans ces cas, les joueurs ne sont
en sûreté que lorsqu'ils touchent du fer ou du bois ,
comme on en convient d'avance. On ne peut les
toucher que lorsqu'ils courent d'un morceau de bois
ou de fer à un autre.
JEUX PRÉPARÉS.
Les jeux préparés sont très nombreux. Les plus
ordinaires sont avec le cerf-volant , le cerceau, le
suceur, la sarbacane, et deux ou trois autres. Nous
offrons à nos jeunes lecteurs une description de cha-
cun de ces jeux.
U CAHOSHIÉRB.
La canonnière est un morceau de bois creux , avant
une baguette et deux Louchons. On place un bou-
chon dans la omonnièr::, l'autre bouchon en dessus ,
DES JEUNES GENS. 33
et en en fonçant la baguette très vile, le premier
bouchou part avec beaucoup de force. On fait aussi
la canonnière avec des bouta d'aile, avec lesquels
on coupe des bouchons dans des morceaux de pomme
de terre crue.
I..V FHOHDB.
Coupez un morceau de cuir ovale, large d'environ
quatre ou cinq centimètres dans sa plus grande lar-
geur; attachez à chaque bout une courroie de cuir,
dont l'une doit être plus longue que l'autre; place*,
une pierre sur la partie ovale, entortillez la courroie
la plus longue deux ou trois fois autour de votre
main, tenez la plus courte entre le pouce et l'index,
laissez-la aller, et la pierre sera lancée avec beaucoup
de force. De petits morceaux d'argile, attachés à une
baguette flexible, peuvent être lancés à une hauteur
incroyable.
L.V SlHSlDiïï.
Au moyen d'un tube d'étain ou de cuivre, on peut
"t" lancer un pois à une distance très
considérable par la seule force de
l'haleine. Les naturels de Macous-
lie, avec une sarbacane de coudrier
de trois à quatre mètres de long,
lancent des flèches avec tant de
force et de dextérité, qu'ils abat-
tent différentes sortes de gibier.
Digitized by Google
34
MANUEL
Pour construire le cerf-volant, il faut vous pro-
curer une baguette droite c, et une pliante pour
faire l'arc. Attachez l'arc par son milieu avec de la
ficelle, à peu de distance
de la baguette, au-dessus
du cerf-volant; nouez les
ïjyd deux extrémités de l'arc , et
attachez-les à la baguette
par une corde qu'on noue
aux deux bouts, et qu'on
la baguette, telle que a, à.
On doit placer la corde à la
jonction de l'arc et de la
baguette , et l'attacher à /,
et de là à a; de a, elle doit
passer à un trou en e, de là
a d, à /, où on la passe au
travers d'un trou fait exprès , et de nouveau k a, h, d.
La carcasse étant maintenant complète, vous n'avei
qu'à coller assez de papier pour la recouvrir et vous
procurer un étui pour coller sur les bords exté-
rieurs. Ensuite faites deux trous dans la baguette,
dont un à peu près du cinquième de la longueur
totale a partir du haut, et un autre vers le bas, à peu
près en b; passez au travers, et attachez, par un
nœud fait aux deux bouts, votre corde ventrière,
à laquelle la balle de ficelle, par laquelle on lance U
DES JEUNES GENS.
35
cerf- volant , est ensuite fixée. Les ailes se font de plu-
sieurs feuilles de papier à écrire, taillées en glands,
et attachées en a et d. La queue, qui doit être dix
ou quinze fols aussi grande que le cerf-volant, se
fait en attachant des glands de papier quatre fois
pliés, larges denviron deux à trois centimètres, et
longs de sept à huit centimètres, séparés de quatre à
cinq centimètres , sur une ficelle ayant un gland plus
gros, semblable à ceux des ailes, au bout. "Votre
cerf-volant est alors complet, et prêt à être lancé
comme à l'ordinaire. On sait bien que c'était l'usage
du célèbre docteur Franklin de lancer un cerf-volant
avant d'entrer au bain; et alors, se couchant sur le
dos, de se laisser entraîner par sa force. Le maître
d'un collège de Bristol , parmi les élèves duquel
nous avons passé plusieurs heures à lancer des cerfs-
volans, a réussi à voyager sur les routes publiques
( nous pensons de Bristol à Londres ) avec une
vitesse étonnante, dans une voiture traînée par des
cerfs-volans , de la manière la plus sûre, malgré les
variations du vent et les sinuosités des routes.
Digitized by Google
MANUEL
LE THAUMATHOPE.
Ce jeu, très amusant, est fait et montré de la manière
suivante. Coupez nu morceau circulaire de carte, à la-
quelle vous attachez six morceaux de ficelle, comme
ci-dessus; dessinez d'un côté une figure avec des
balles, et de l'autre deux balles seulement, comme
ci-dessus ; prenez alors une des cordes entre le pouce
et l'index de choque main, près de la carte; tournez-
la rapidement, et, suivant la paire de ficelles que
vous tenez , la figure semblera jeter deux , trois ou
quatre balles , en différentes directions. On peut faire
usage de plusieurs cartes et devises; par exemple,
vous pouvez dessiner un oiseau d'un côté et une cage
de l'autre; et en ne prenant que les morceaux de
ficelle du centre , l'oiseau paraîtra dans la cage ou la
volière, un cheval d'un côté et un cavalier de l'autre,
comme ci-dessus (ayant soin de renverser les figures
on de les dessiner sens dessus dessous ) ; et en faisant
usage de différentes paires d« cordes, vous pouvez
Digitized by Google
foire paraître le cavalier sur le cheval, sautant des-
sus ou « coté, comme il vous plaira. Pour d'autres
dessins, nous indiquerons une corde tendue et un
danseur, un corps et une téte, une chandelle et une
flamme, un tableau et sa bordure, etc.
I.A RAQUETTE ET LE VOUIt.
On trouve des volans et des raquettes dans toutes
les boutiques, à bon marché. Deux personnes jouent
a ce jeu en se renvoyant le volant avec les raquettes.
Le volant est de longue date un jeu d'enfant : il
paraît qu'il a étéà la mode parmi les personnes âgées
sous le règne de Jacques I", et on en parle comme
tel dans une vieille comédie de ce temps. Parmi les
anecdotes qu'on raconte du prince Henri , fils de
Jacques I", se trouve la suivante : Son altesse jouant
au volant avec quelqu'un d'une taille plus élevée que
i. 4
Digitized by Google
MANUEL
la sienne, le toucha par hasard sur le front avec le
volant : «Voici, dit-il, la rencontre de David et de
Goliath. ■
LE SUCEUR.
Prenez un morceau de cuir , trempez-le bien dans
l'eau, retirez-le, placez-le suruue pierre, et pressez-
le bien avec le pied; faites-y un trou, et passez-y une
ficelle ayant un nceud au bout, pour l'empêcher de
s'en aller. Vous pouvez alors, en tirant votre suceur,
élever un poids considérable.
LH CERCEAU.
Tout le inonde sait faire courir le cerceau à l'aide
d'une baguette. On y ajoute quelquefois des morceaux
d'étain, ce qui produit un carillon assez agréable.
Dans quelques endroits, on lance les cerceaux l'un
contre l'autre, et le cerceau qui tombe dans ces ren-
contres est conquis.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS.
39
LE CHAT ET LE HAT.
C'est un jeu français : on y joue à deux. Le rat
tient deux morceaux de bois plat, dont les bords de
l'un sont dentelés; les joueurs ont les yeux bandés,
et sont attachés à une longue corde fixée à un bâton
par un nœud coulant, afin de flotter librement dans
Jes évolutions faites par les joueurs. Le rat racle de
temps en temps les morceaux de bois l'un conlre
l'autre, et celui qui fait le chat, attiré par le son,
s'efforce de l'attraper.
LE FUSIL A fi ESSOR T DE MONTRE.
Coupez proprement un morceau de bois long d'à
peu près un décimètre, eu forme de crosse de fusil
ou de pistolet ; taillez une coulisse dans la partie
supérieure; dans cette coulisse, placez un tuyau de
plume ouvert aux deux bouts, et attaché par un fil
ciré. Il faut que le tuyau dépasse la pointe de la crosse,
et qu'il atteigne jusqu'au milieu. Ensuite procurez-
*vous un vieux ressort de montre, qu'on peut acheter
à bon marché chez un horloger, coupez-en un mor-
ceau à peu près aussi long que le tuyau de plume,
courbez-le en arrière, et attachez-en un bout à la
partie supérieure ou au bont de la crosse ; faites alors
un petit trou au milieu de la crosse, à environ trois
centimètres du bout du tuyau ; coupez une épingle en
deux, attachez-en la moitié par la téte à un morceau
de fil, attachez l'autre bout au fil qui se lie ou ressort ;
c'est la détente, et votre fusil est maintenant complet.
Digitized by Google
4o MANUEL
Pour vous eu servir, placez une flèche ou une bille
dans la coulisse, entre le bout du tuyau el le trou ;
passez l'épingle au travers du trou , et courbez en
arrière le ressort, de manière que l'épingle le toucbe ;
prenez le jonet dans la main droite , tirez la détente
avec l'index , et le ressort , étant ainsi lâché , lancera
la flèche ou la bille à une grande distance. Si vous
vous servez de flèches , vous pouvez tirer après une
petite marque ou but.
JEUX DIVERS.
Sous ce nom , nous avons l'intention de décrire
une foule de jeux amusans , qu'on ne pourrait com-
prendre dans les classes précédentes.
touchk-l'ours-
On tire au sort pour le premier ours, qui s'asseoit
sur une pierre, tenant dans sa main le bout d'une
ficelle longue de deux ou trois mètres, dont son
maître tient l'autre bout. Les autres joueurs attaquent
l'ours avec leurs mouchoirs roulés , et le maître s'ef-
force d'eu toucher un , et s'il réussit sans lâcher la
corde, ou sans àter l'ours de son siège, le joueur
touché prend la place de l'ours. Chaque ours a le
privilège de choisir son maître , et avoir été ours une
ou plusieurs fois n'empôche pas un joueur, s'il est
touché , de le redevenir.
LRS RICOCHETS 1 .
On joue à ce j eu en lançant des pierres plates ou
des morceaux d'ardoise sur la surface d'one rivière
Digitized by Google
DES JEUNES GENS . 4 1
ou d'un étang. De ce jeu vient le proverbe qu'on
applique à un prodigue : ■ Il fait des ricochets de
son argent. » Si la pierre touche l'eau, et rebondit
une fois, c'est un point; si elle rebondit deux fois,
c'est deux points, et si elle rebondit trois fois, c'est
trois points. Celui qui fait rebondir sa pierre ou mor-
ceau d'ardoise le plus grand nombre de fois , gagne.
C O J. I W - M A I IX A K 1 > .
Ce jeu populaire, à la mode et charmant, est si
connu , qu'il nous serait inutile de le décrire. Il y en
a cependant une variété, nommée colin-maillard à la
silhouette, qui est moins connue , mais aussi amusante.
On suspend un grand morceau de linge blanc au
bout d'une chambre, et, à peu de distance , Colin-
Maillard s'assied sur un bas tabouret , la figure tour-
née vers le linge. Tout droit, à un mètre derrière
lui, est une chandelle sur une table; toutes les autres
lumières doivent être éteintes. Les joueurs doivent
passer derrière le linge l'un après l'autre, boitant et
se contournant comme il leur plaît, de manière à
Digitized by Google
MANUEL
contourner leur ombre. CcJi a -Maillard , qui ne doit
pas tourner la téte, dit exactement quelle est la per-
sonne qui passe. S'il devine, en ne nommant qu'âne
fois pour chaque personne, cette personne prend sa
place.
1RS traîneaux.
C'esï un des amusemens que Fîtz-Stéphen permet
aux jeunes gens de Londres; et autant qu'on peut
juger de la description de ce jeu, il ne diffère
guère de celui d'à présent. Il fait mention d'un autre
passe-temps sur la glace ; voici ses mots : ■ D'antres
font un siège de glace aussi grand qu'une meule de
moulin, et ayant placé un de leurs camarades dessus,
ils le traînent ; mais il arrive quelquefois que , mar-
chant sur des glissoires, ils tombent. » On tait aussi
des traîneaux qui sont attachés à un centre commun
par une forte corde , et les joueurs qui sont dedans
sont traînés avec beaucoup de vitesse, et forment un
eercle. On en vit sur la Tamise, pendant un très
grand froid, au commencement du dernier siècle,
comme le couplet suivant, pris dans une chanson
écrite sur ce sujet, le prouve :
Lorsque la canaille court étourdiment en traîneaux,
et qu'on ne trouve qu'na cercle de folie.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS .
43
14X18 U.
Ce n'est pas un passe-temps moderne, et îl' est venu
plutôt de la nécessité que du désir de s'amuser. Les
gens du Nord se vantent de traverser la neige sur des
patins de bois. Strutt dit qu'il ne peut pas assurer en
quel temps on commença a connaître ce passe-temps ;
mais on en trouve quelques traces dans le treizième
siècle, où, suivant Fitz-Stéphen, il était d'usage dans
l'hiver, quand la glace pouvait les porter, que les
jeunes citoyens de Londres attachassent les os des
animaux sous leurs pieds; et alors, prenant une
perche , se poussassent en avant en la frappant contre
la glace, « égaux en vitesse, dît l'auteur, à un oiseau
fendant l'air ou à une flèche tirée d'un arc » ; mais
nous ne devons pas croire beaucoup aux expressions
poétiques. II ajoute alors : - Deux patineurs se four-
nissent de perches et se frappent l'on l'autre ; et il
arrive quelquefois qu'un ou tous les deux tombent,
et après leur chute sont portés à une grande distance
Digilized by Google
44 MANUEL
par la rapidité du mouvement , et non pas sans quel-
que blessure. • Les patins de bois ferrés d'acier, qu'on
attache autour du pied, comme les cothurnes des
Grecs et des Romains, viennent probablement des
Pays-Bas , où l'on dit qu'on les a inventés , et où,
comme on le sait, les personnes des deux sexes en font
usage lorsque la saison le permet. Quelques écrivains
modernes ont assuré que la métropole de l'Ecosse a
fourni plus d'exemples d'élégans patineurs qu'aucun
autre pays , et l'institution d'un club de patineurs
n'a pas peu contribué à cet amusement. Strutt, en
le rappelant, observe que lorsque la rivière Serpente^
dans Hyda-Parc , fut glacée, il vit quatre personnes
y danser, si on peut se servir de cette expression,
un double menuet, avec autant de facilité, et peut-être
plus d'élégance, que dans une chambre, et d'autres
qui, en tournant avec beaucoup d'adresse , ont écrit
sur la glace toutes les lettres de l'alphabet.
Digitized by Google
DES JEUNES GEKS.
J.'F.SClRrOLKTIE.
La construction de l'escarpolette est simple. Ou
fixe deux cordes de même longueur à deux arbres,
on bien à un châssis de bois placé eu croix ; on at-
tache un siège entre les deux cordes , et celui qui
s'asseoit peut être balancé par un autre. A ce dessein,
on ajoute une corde au siège.
le fhawçâi» bt l'a h «lais. '
Pour jouer à ce jeu , on se divise en deux partis
égaux en nombre; les deux partis prennent chacun
Digitized by Google
46 MANUEL
le bout d'une corde, et s'efforcent de tirer leurs ad-
versaires au-delà d'une ligne tracée à la craie. Lorsque
tous les joueurs d'un parti sont ainsi faits prison-
niers, l'autre parti gagne. On peut jouer en nombre
indéterminé, et ce jeu procure beaucoup d'amusement
et d'exercice.
CH1T POINTU.
Chat pointu , ou plutôt le jeu du chat, est un
passe-temps rustique bien connu dans plusieurs par-
ties du royaume. Sa dénomination dérive d'un mor-
ceau de bois nommé chat, avec lequel on y joue Le
chat a à peu près quinze centimètres de longueur,
et trois à quatre centimètres de diamètre ; il est pointu
aux deux bouts en forme de double cône. Par cette
singulière forme, les places de la trappe et de la balle
sont ménagées; car le chat étant par terre, le joueur
le frappe fortement avec son bâton, il n'importe sur
quel bout, et il s'élève, avec un mouvement de ro-
tation , assez haut pour qu'il le frappe , lorsqu'il
retombe, comme il frapperait une balle.
II y a plusieurs manières de jouer à ce jeu ; mais
nous ne parlerons que des deux suivantes. La pre-
mière est très simple , et consiste à tracer un grand
rond au milieu duquel le frappenr se place ; il doit
frapper le chat sur le rond : s'il manque , il est dehors,
et un autre joueur prend sa place ; s'il réussît, il
mesure de l'œil la distance qu'il y a entre le chat et
le cercle , et demande à ajouter le nombre de points
qu'il lui plaira. Si le nombre demandé se trouve,
lorsqu'on mesure, excéder le même nombre de la
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 47
longueur du bâton, il est dehors; au contraire, s'il
ne le dépasse pas, il obtient sa demande. La seconde
méthode est de faire quatre, six ou huit trous en
cercle , et aussi rapprochés que possible , à d'égales
distances les uns des autres , et à chaque trou on place
un joueur avec son bâton; un joueur du parti opposé,
qui est dans le champ, jette le chat à celui qui est le
plus près de lui , et chaque fois qu'on frappe le chat ,
les joueurs changent de trou, et courent d'un trou à
l'autre successivement. Si le chat est lancé à une
grande dislance, ils continuent à courir de la même
manière; ils comptent vingt points chaque fois qu'ils
courent d'un trou à un autre. Mais si leurs opposans
arrêtent le chat, et qu'il tombe entre deux trous
avant que le joueur qui en a quitté un puisse atteindre
l'autre, il est dehors.
U MlIlFLLK.
Dans quelques endroits de l'Angleterre, ce jeu
s'appelle poule. On joue à ce jeu avec une écaille
d'huître, de ta manière suivante. Tracez avec de la
c 1 craie une figure semblable à celle
ci-jointe; mettez au jeu. Le gagnant
se. place à " , et jette l'écaillé dans
le n° I , qu'on appelle la première
case; il s'avance à cloche-pied dans
cette case, et lance l'écaillé avec le
pied droit, c'est-à-dire la rejette
vers Il jette ensuite l'écaillé dans le
n° a , saute dans le n° I avec le pied
Digitized by Google
48 MANDEL
gauche; et, plaçant le pied droit dans le n° a t re-
jette l'écaillé dehors, et revient, sautant en arrière,
dans le n° i, et de là dehors. Il doit alors jeter
l'écaillé dans le n° 3, sauter dans i , a et 3 , rejeter
l'écaillé, et revenir successivement au travers de
toutes ces cases; il va ensuite à 4 , 5 et 6 de la mime
manière , et à chaque coup saute dans la case d'avant
avec uo pied seulement, et la même chose en reve-
nant , renversant l'ordre des numéros. Ensuite, il
met l'écaillé dans le n° i , y saute , la jette dans a , et
ainsi jusqu'à 6 , et retourne de la même manière ,
case par case, à Enfin, il jette l'écaillé dans le n° i,
met le pied droit dans la case, et lui fait parcourir
tous les numéros au-delà de la ligne de fi d'un seul
coup. S'il réussit à faire tout ceci exactement, il
gagne. Si au coniraire il se met dehors, comme on le
décrit plus bas, le second joueur prend sa place;
mais s'il se met dehors sans finir le jeu , le premier
reprend son jeu a l'endroit où il était lorsqu'il sortit.
Le second fait la même chose , si le premier sort une
seconde fois. Lorsqu'il y a plus d'un enjeu, le joueur
qui finit le jeu comme ci-dessus gagne. Un joueur
perd son enjeu dans un des cas suivans : s'il jette
l'écaillé dans la mauvaise case ou sur la ligne ; s'il
met deux pieds dans une case ou un pied sur la ligue,
ou s'il ne jette pas l'écaillé hors de la case où elle
est d'abord; s'il met ses mains à terre; s'il lance
l'écaillé au-delà de la ligne c (excepté dans le dernier
coup, qui s'appelle le long coup), ou au-delà des lignes
a i't h; si , en s'avançant, il met le pied dans 3 avant i,
Digitized by Google
DES JEUNES GENS, 49
ou le contraire en revenant; ou si , jetant l'écaillé, il
la pousse au-delà de la case qui suit celle dans laquelle
elle est; ou si , pendant le jeu, après avoir sauté dans
une case , il saule plus d'une fois pour approcher de
l'écaillé; s'il saute après l'avoir lancée; ou enfin, si
dans le long coup il ne la jette pas d'un seul coup ,
depuis i josqn'au-delà de la ligne c. Mais observez
que lorsqu'il a jeté l'écaillé dans le n° i, ou toute
autre case au - delà , il n'est pas forcé de la jeter
dehors, c'est-à-dire au-delà de la ligue d, d'un seul
coup.
LE ROI DÉTRÔNÉ.
C'est un jeu très simple, mais en même temps
très amusant. Un joueur se place sur une col-
line, et tâche de garder son poste aussi long-temps
qu'il peut contre les attaques de ses camarades , qui
s'efforcent de le déloger chacun à son tour; s'ils
y réussissent, le joueur qui l'a détrôné prend sa
place.
Digitized by Google
5o
MANUEL
H I I 1MCHE BALAKÇOIRE.
On met une planche en équilibre sur une pierre,
un arbre tombé ou tonte autre chose semblable , et
un joueur se place à chaque bout; de cette manière,
par un léger mouvement, quand la planche est con-
venablement placée, chaque joueur s'élève et s'abaisse
alternativement. On doit observer que si les joueurs
sont inégaux en poids , le plus pesant doit , pour
conserver l'équilibre, occuper le bout le plus court
de la planche.
CLICHE-MUSETTE.
On joue à ce jeu de la manière suivante. Tous les
joueurs, excepté un qui va se cacher, se rassemblent
à un endroit nommé chalet. Quand le joueur est ca-
ché, il crîe : Fait! les autres cherchent alors à le
trouver. Celui qui découvre le joueur caché s'écrie :
DES 1 ZONES GENS. 5l
Fait! le joueur caché sort alors de sa cachette, et
s'il en peut attraper uu autre, le joueur pris doit le
porter sur son dos au chalet. C'est alors le tour du
joueur qui a fait la découverte d'aller se cacher, et
les autres s'efforcent de trouver sa cachette, comme
C'est un jeu très semblable au précédent. Ou cache
un mouchoir ou quelque autre bagatelle; les joueurs
s'efforcent de le trouver. Celui qui a caché le mou-
choir encourage les joueurs qui en sont près, en
leur disant qu'ils brûlent, et les avertit qu'ils s'en
éloignent, en leur disant qu'ils glacent, et celui qui
l'a découvert le cache à sou tour.
LS CU JLIKR ( HII'IMS ).
Les Grecs avaient un passe-temps nommé hippas ;
c'était , dit - on , une personne montant sur les
épaules d'une autre , comme sur un cheval. On voyait
chez nous un jeu de cette espèce au commencement
du quatorzième siècle, et on le voit encore dans
quelques endroits du pays; ce sout deux compétiteurs
qui luttent l'un contre l'autre , et celui qui ôte son
adversaire du dos de son porteur est le vainqueur.
On choisit ordinairement Une pelouse pour jouer â
ce jeu.
P. MF! LU L* AIGUILLE.
Enfile l'aiguille peut être joué par un nombre con-
sidérable d'enfans qui se tiennent les mains , et le
jeu commence par le dialogue suivant entre les deux
Digitized by Google
52 MANUEL
joueurs qui sont su bout de la ligne : •Combien de
lieues d'ici à Babylone ? — Soixante-dix. — Puîs-je y
aller à la lueur de la chandelle? — Oui , et revenir.
— Alors, ouvrez les portes sans plus de peine, et
laissez passer le roi et ses hommes. • Pour obéir a
cet ordre, te joueur qui est à l'autre bout de la ligne
et celui qui est devant lui élèvent leurs mains aussi
haut que possible; le premier joueur approche et
court sur les mains ainsi élevées , et toute la ligne le
suit sans se désunir, s'il est possible : c'est enfiler
l'aiguille. On répète le même dialogue; le répondant
devient demandeur, et court entre les deux joueurs
d* l'antre bout , ayant toute la ligne derrière lui.
C'est alors au tour du premier.
LU GA.SAK».
On peut jouer à ce jeu en nombre qui dépasse
trois , mais pas plus de sept ou huit; on fixe eu terre
une grosse pierre ayant un sommet uni, et on marque
une ligne de but à sept ou neuf mètres de distance.
Chaque joueur se munit d'avance d'un caillou ou
d'une grosse pierre, d'une taille double de celle d'une
balle de crosse ou à peu près; et un d'eux, par le
hasard ou le choix, devient canard, c'est-à-dire
que, au lieu de jouer, il place sou caillou sur la grosse
pierre, et se retire un peu de côté. Les joueurs jettent
leurs cailloux après celui du canard, chacun à son
tour, de la ligne de but, et s'efforcent de le pousser
hors de sa place. Chaque joueur, aussitôt qu'il a jeté
son caillou, cherche une occasion de le ramener an
Digilized by Google
DES JEUNES GENS. 53
but, de manière à le rejeter; mais si le joueur qui est
canard peut le toucher après qu'il * pris son caillou
et avant qu'il atteigne le but, pourvu que son caillou
reste sur la grosse pierre, le joueur touché devient
canard. Il arrive quelquefois que trois ou quatre des
cailloux des joueurs sont si près l'un de l'autre, que le
joueur qui est canard peut être à leur portée; dans
ce cas , ils ne peuvent pas , sans courir le risque d'être
touchés, les ramasser, jusqu'à ce qu'an de ceux qui
sont au but soit assez heureux pour ôter le caillou
de la pierre, alors, avant que le canard puisse le
remettre (ce qu'il doit faire avant de toucher nu
joueur) , ils prennent tous leurs cailloux , et courent
au but , où naturellement ils sont en sûreté.
l'A MOUFLE.
C'est ordinairement un jeu de salon , quoiqu'il n'y
ait pas d'antre objection à faire à ee qu'on y joue sur
une pelouse sèche, que celle qu'on ne l'entende pas,
lorsque son possesseur momentané la frappe et qu'elle
passe autour du cercle joyeux. Plusieurs jeunes gens
s'asseoient eu cercle ; on leur donne une pan-
toufle, et un d'eux, qui accepte ordinairement cet
office pour commencer le jeu , se place au centre, et
il doit chasser la pantoufle d'après l'indication du
son. Les personnes assises se la passent de manière à
empêcher, s'il est possible, qu'on la trouve dans la
possession de quelqu'un; afin que le joueur du centre
puisse savoir où est la pantoufle, on. la frappe de
temps en temps sur la terre , et on la passe à droite
Digitized by Google
54 MANUEL
ou à gauche. Lorsque celui qui chasse la pantoufle la
trouve dans la possession de quelqu'un du cercle, la
personne sur laquelle on la trouve prend sa place.
IE MAIL.
Le mail est un jeu dans lequel ou lance un mor-
ceau de bois rond , avec un maillet, au travers d'une
arche de fer; celui qui peut le faire en moins de
coups ou en un nombre donné, gagne. Il faut observer
qu'il y a deux de ces arches, c'est-à-dire, une à
chaque bout de l'allée. Le jeu du mail était un amu-
sement à la mode sous le règne de Charles II , et la
promenade de Saint-James-Park , nommée le Mail,
reçut ce nom parce qu'elle était consacrée à ce jeu , et
que Charles et ses courtisans s'y exerçaient souvent.
La dénomination mail, donnée à ce jeu, vient évi-
demment du maillet ou marteau de bois dont on se
sert pour frapper la balle. On s'apercevra que ce jeu
est assez semblable à la balle et la crosse. On nous a
dîi qu'il existe encore en quelques endroits de l'An-
gleterre ; mais nous devons avouer que nous ne
l'avons jamais obserré.
s'avancer ht sauter.
C'est un jeu d'émulation ; le but est de savoir
lequel des joueurs prend le plus de terrain dans un
saut et un pas faits successivement. On peut les faire
sans élan ou avec un clan , ce dont les joueurs con-
viennent en commençant.
Digitized b
SES JEUNES GENS.
55
TlUFit l'EtUvB.
Plusieurs joueurs s'asseyent en ligne, et de telle
manière que chacun soit tenn autour du corps par
celui qui est derrière lui. Lorsqu'ils sont tous ainsi ,
deux joueurs prennent par les mains celui qui est à
l'extrémité de la ligne , et tirent jusqu'à ce qu'ils le
séparent de l'autre; ils prennent alors le second de
la même manière, et continuent ainsi jusqu'à ce
qu'ils aient séparé toute la ligne.'
LES ECLAIBEUBS BOITEUX.
Deux eufans s'agenouillent l'un devant l'autre,
chacun sur un genou, tenant l'autre en l'air; on
donne à l'un une chandelle allumée, et à l'autre une
chandelle éteinte. Ils s'efforcent d'allumer la der-
nière; mais, étant en équilibre sur un genou, et
prêts à tomber par le moindre mouvement, ils trou-
veront cela si difficile , que cela amuse beaucoup les
spectateurs.
LA BOUTEILLE DE BOIS. .
C'est un jeu très semblable an précédent, et au-
quel on joue souvent dans les jours de fêtes, au coin
du feu. C'est un joueur se plaçant sur une bouteille
de bois renversée, ets'efforçant, avec une chandelle
allumée qu'il tient dans sa main droite , d'en allumer
One autre qu'il tient dans sa main gauche.
LA LOB GUE CORDE A SAUTER.
Deux joueurs prennent chacun un bout d'une
longue corde ; lorsqu'elle se meut régulièrement ,
Digitized by Google
56 .MANUEL
un , deux , ou même plusieurs enfans, s'avancent entre*
ceux qui tiennent la corde , la laissant passer sur
leurs têtes lorsqu'elle s'élève, et sautant de manière
qu'elle passe sous leurs pieds , lorsqu'elle touche la
terre, précisément comme une corde ordinaire. La
grande difficulté est de courir entre les joueurs au
moment de sa plus grande élévation, de manière
qu'on soit prêt à sauter dessus lorsque, dans son
circuit, elle vient vers les pieds ; on doit faire atten-
tion à bien sauter, de manière à s'accorder avec le
mouvement de la corde.
Il y a une autre manière de jouer à la longue
corde. Un des joueurs qui sont aux boots avance d'un
on deux pas, tenant la main qui tient la corde en de-
hors ; et alors, à l'aide du joueur de l'autre bout, tourne
la corde, et saute par-dessus pendant son circuit.
pendue i.ii mouchoir.
Un certain nombre de joueurs se tiennent le*
mains de manière a former nn cercle ; un d'eux seu-
lement est dehors, se promène, et pend un mouchoir
derrière le joneur qu'il lui plaît. Le joueur derrière
qui le mouchoir est pendu suit immédiatement celui
qui l'a pendu; ceux qui étaient de côté complètent le
cercle en joignant leurs mains, et la chasse com-
mence. Le poursuivant est forcé de suivre tout-à-fait
le poursuivi, qui passe dans et sous les bras des
autres joueurs, qui les élèvent pour le laisser passer,
et s'efforce, par tous les moyens possibles, de le
tromper et de le dépasser. S'il y réussît , c'est-à-dire v
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 57
si le poursuivant se trompe dans sa course, il re-
tourne à sa place, et le premier joueur se prépare à
pendre le mouchoir derrière un autre joueur ; lors-
qu'il est pris par ce joueur, le dernier prend sa place,
et il va dans le cercle.
LB DAIM.
C'est un portrait en miniature du saut de mouton;
mais il ne demande ni vitesse ni agilité ; c'est un
jeu pour deux enfans seulement, qui doivent être
à peu près égaux en taille et en force. Un troisième,
qui ne joue pas, est à côté comme arbitre. Le jeu
s'ouvre par un des joueurs qui donne le dos , c'est-
à-dire place les bras contre sa poitrine on les appuie
sur ses genoux , et s'avance de manière à mettre son
dos presque horizontal avec sa téte contre un poteau,
un mur, un arbre ou toute autre chose convenable.
Il est d'usage , mais nous croyous tout-à-fait inutile,
que le joueur qui donne le dos ait les yeux bandés ;
nous disons inutile, puisque le seul objet est de
l'empêcher de voir ce qui se passe derrière lui, ou
plutôt sur son dos ; ce qu'il n'a pas la possibilité de
faire s'il tient sa téte dans une position convenable,
ce à quoi l'arbitre doit veiller. Le premier joueur
s'étant ainsi posé, le second saute sur son dos, lève
amant de doigts d'une main qn'il lui plaît , et dit :
Daim , daim, combien ai-je de cornes levées? Le joueur
qui donne le dos devine ; s'il nomme le v li nombre,
l'autre joueur devient daim, et donne le dos; si
cependant il devine mal , le cavalier descend , re-
Digitizad by Google
58 M ANC EL
monte , élève le même ou un différent nombre de
doigts, et fait la même question qu'avant. On répèle
ceci jusqu'à ce que le daim devine juste : l'arbitre
doit veiller à ce que le cavalier ne triche pas. Nous
pensons que ce serait un accroissement pour ce jeu
simple et tranquille, que l'arbitre fût un troisième
joueur. Ainsi , lorsque le daim devine juste, le cavalier
donnerait le dos, l'arbitre deviendrait cavalier et le
daim arbitre; et, au lieu de laisser la place d'arbitre
un simple emploi paresseux, le jeu serait plein d'a-
musement et d'exercice pour les trois enfans qui y
jouent.
LA STATUE DE BEIGE.
Lorsque l'hiver couvre d'un manteau de neige la
surface de la terre, et que la plupart des atnusemens
sont forcément alors suspendus, c'est l'usage des
enfans, comme quelques uns de nos jeunes lecteurs
le savent sans doute très bien , de se servir de cela
même qui empêche leurs anciennes récréations pour
s'en procurer de nouvelles. Faites alors voler en
abondance des boules de neige , inoffensives s! on les
presse légèrement, mais dangereuses si on les presse
fortement. On construit des caves et même de petites
forteresses, et la boule roulante, qui a d'abord été
roulée par les petites mains d'un enfant, devient
bientôt, en la roulant sur la neige, trop grosse pour
qu'un homme puisse la mouvoir. Lorsque les joyeux
possesseurs du terrain sont fatigués de rouler la
balle, ou qu'elle a acquis une taille et un poids supé-
rieurs à leutB forces réunies, il est d'usage d'en fa-
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 5g
çonner grossièrement une figure d'homme , ajoutant
à sa hauteur et diminuant sa largeur. On l'appelle la
statue de neige, et lorsqu'elle est complète , les jeunes
sculpteurs se retirent à quelque distance , et chacun,
avec des balles de neige, s'efforce de détruire ce
qu'il vient de construire avec tant de peine.
Nous savons qu'il y a d'autres jeux et passe-temps
moindres que ceux que nous avons décrits , en plein
air, et que l'on pratique en Angleterre, mais il nous
serait impossible de les décrire tous en nous renfer-
mant dans les limites de ce livre. Nous avons donné
une collection des plus amusans et de ceux qu'il fal-
lait expliquer; et lorsqu'il y avait différentes manières
du jouer au même jeu, nous avons donné celle qu'on
suit le plus ordinairement. On trouvera plusieurs
jeux et amusemeus qu'on aurait pu insérer dans cet
article, dans -d'autres endroits , plus convenablement.
Nous finissons cet article par un avertissement im-
portant pour les jeunes gens ; c'est qu'ils ne doivent
pas avoir recours aux jeux dans les heures consacrées
au travail, autrement le grave précepteur viendrait
vers eux , au milieu de leur amusement intempestif,
et jouerait avec eux au jeu désagréable des arrêts ou
de lu prison.
Digitizad by Google
6o MANUEL
JEUX ATHLÉTIQUES.
Pour sauver sa vie et celle d'Albert, Tell doit
abattre une pomme placée sur la tête de sou
propre fils. Guillaume Tell.
En Angleterre, on encouragea d'abord beaucoup
cet art, et on publia plusieurs édits pour sa conser-
vation. La compagnie d'artillerie de Londres, quoi-
que depuis long-temps elle ne se serre plus de cette
arme, est le reste de l'ancienne association des
hommes d'arc ou des archers. Il parait que l'on n'est
pas certain du temps où le long arc commença a de-
venir en usage en Angleterre. Richard 1" fut tué par
une flèche, en 1199; depuis ce temps, nous ne lisons
rien de l'arc jusque sous Édouard III , où on envoya
un ordre aux gouverneurs de la plupart des comtés
anglais , de donner cinq cents arcs et cinq cents bottes
de flèches pour la guerre projetée contre la France.
La fameuse bataille de Crécy fut livrée quatre ans
après, et on dit qu'il y avait deux mille archers op-
posés à environ le même nombre d'archers français.
Dans la cinquième année du règne d'Édouard IV, ou
publia un édit par lequel tout Anglais et tout Irlan-
dais demeurant avec des Anglais, était forcé d'avoir
un arc anglais de sa hauteur, fait d'if, de frêne, de
coudrier ou de tout autre arbre convenable, suivant
son plaisir. Le même édit indiquait aussi qu'on fe-
rait des buts dans chaque ville, auxquels les habi-
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 6l
tans seraient obligés de tirer, tous les jours de fêle,
sous punition d'uu demi-sou lorsqu'ils oublieraient
cet exercice. Sous le règne de Henri VII , plusieurs
édits furent publiés pour l'accroissement de l'arc. Un
édit du parlement, sons le règne d'Élisabelb, régla
Je prix des arcs. On dît que Charles I" fut un arcber,
et dans la huitième année de son règne, il publia un
édit pour empêcher les champs, près de Londres,
d'être fermés de manière à * empêcher l'exercice
nécessaire et profitable du tir. • Plus tard, en l'an
1753, on érigea des .marques dans les champs de
Finsbury, pendant les fêtes de Pâques et de la Pente-
côte, et le meilleur tireur était créé capitaine pour
l'année suivante, et le second, lieutenant. Édouard VI,
dans son journal , dit que cent archers de sa garde
tirèrent chacun deux flèches en sa présence, et en-
suite tous ensemble , et qu'ils tirèrent après une
planche de l'épaisseur d'un pouce, que quelques uns
pe/cèrent tout-à-fait avec leurs flèches, la planche
étant de bon bois de charpente. On ne parle pas dé
la distance du but. Comme peut-être il n'y a aucun
jeu supérieur à celui-ci, et qu'il a été et est encore
très encouragé dans ce pays, jugeant du présent et
du passé , nous pouvons prédire que
Cet amusement *era toujours exercé, jusqu'à
ce que la mémoire de Robin Hood, de la bataille
bien combattue de Créry, et de Cuesy-Cliase,
soit bannie de notre souvenir.
l'arc.
Le jeune archer doit en premier lieu choisir un
6
Digitized by Google
6a
MANUEL
arc convenable pour sa hauteur et sa force , et il est
très probable que, malgré sa patience, il ne pourra
jamais parvenir à en faire un bon, la fabrication des
arcs exigeant un apprentissage de plusieurs années,
et beaucoup d'attention; en effet, il y a peu de per-
sonnes, quoiqu'il y ait'plusïeurs faiseurs d'arcs, qui
puissent faire des arcs d'une construction supérieure.
M. Thomas Waring, rue Caroline, est sans doute le
plus habile faiseur d'arcs d'aujourd'hui , et c'est à lui
que nous recommandons ceux de nos jeunes lecteurs
qui voudraient s'équiper d'une manière convenable
pour jouir de ce noble passe-temps.
Le dos de l'arc est la surface plane extérieure, et
le ventre la partie ronde intérieure. Le ventre est
concave; si l'arc est tourné en sens inverse, il cas-
sera; cependant, de quelque manière que l'arc soit
courbé sans sa corde, il est impossible d'y mettre la
corde en mettant le ventre en dehors.
Les flèches doivent être proportionnées en lon-
gueur et en poids à l'arc pour lequel on les destine.
On se sert de flèches aiguës ou non, et elles varient
en épaisseur suivant la volonté de l'archer. Quelques
unes sont faites de manière à diminuer graduellement
des plumes au milieu, et réciproquement d'autres
sont plus épaisses dans le centre. Toutes les flèches
doivent avoir leurs bouts couverts de corne , et les
bouts doivent être assez gros pour remplir la corde
exactement. On y attache deux ou trois plumes cVoie
Digilized by Google
DES JEUNES GENS. 63
ou de dindon, dont l'une d'elles, nommée la plume
du coq, est d'une couleur différente des deux autres,
et qu'on doit placer toujours en haut.
ht CORDE.
La partie de la corde que touche le bout de la
flèche, est entourée de soie pour empêcher la corde
d'être frottée et affaiblie. Si la soie s'ôtait de la corde,
il faudrait la renouer sans délai, autrement elle pour-
rait casser, et ce ne serait pas un petit malheur, car
une corde cassée est quelquefois la cause de la perte
d'un arc. Il est aussi utile de monter le nœud et l'oeil
de la corde , quoique plusieurs archers ne se donnent
pas la peine de le faire. A un bout de la corde , on
fait un œil, on le laisse pour l'archer; les arcs étant
de grandeurs différentes, le jeune archer trouvera
plus difficile de faire l'autre, la meilleure chose à
faire sera de remarquer la manière de le faire sur une
vieille corde. Le jeune archer fera bien si un des fil»
de sa corde se casse de la jeter de côté, et d'en
prendre une autre. Il ne doit jamais , s'il est possible,
laisser la corde s'embrouiller au se rouler; si cela
arrivait , avant de la remettre , il faudrait la dérouler
et la cirer. Un arc long de cinq pieds, lorsqu'il est
lié, ne doit pas avoir la corde à plus de cinq pouces
du contre de l'arc. Cette règle servira de guide au
jeune archer, en préparant son arc, quelle que soit
sa longueur; il ajustera sans doute la distance sui-
vant cet avis.
Digitized by Google
64
LA T*SSETTE.
La tassetie est très utile au jeune archer, pour ôter
la saleté qui pourrait s'introduire dans ses 0èches si
elles entraient en terre. Cette saleté , si on la laissait ,
arrêterait la flèche dans sa course, et l'en ferait dé-
vier. La tassette est suspendue au côté gauche de
l'archer, et elle est ainsi toujours prête au besoin.
XR G15T.
Le gant n'a de place que pour trois doigts, une
courroie pour l'attacher , et une autre au poiguet. Le
bout des doigts du gant ne doit pas dépasser celui
des doigts, ou être retiré pour couvrir la première
jointure. On s'en sert pour empêcher les doigts d'être
blessés par la corde.
LE Ji H ASSAUT.
On le pose sur le bras qui tient l'arc, pour l'em-
pêcher d'être frotté par la corde , ce qui très proba-
blement , sans sa protection , empêcherait l'archer de
tirer pendant long-temps. Il est fait de cuir très fort,
ayant une surface unie, afin que la corde puisse
glisser dessus aisément.
LE CARQUOIS.
Il sert à mettre les flèches, el on ne le porte pres-
que pas, excepté pour une longue promenade. On
le fait ordinairement de fer-blanc, quoiqu'on le con-
struise quelquefois de cuir ou de bois ; comme ou le
faisait presque universellement autrefois.
Digitized by GoogI
DES JEUNES GENS.
65
L£ POUBHHÀC, LA BOÎTB A ORAIS9B HT LA POCHE.
Le fourreau est attaché à la ceinture, la boîte à
graisse pend au milieu , et la poche ou gousset est
placée à sa droite. On garde , dans la boîte , une
composition pour graisser le doigt du gant et le côté
doux du brassait, lorsque l'occasion le demande , et
la poche contient les flèches dont on se sert immé-
diatement en tirant au but.
I>A BOÎTB.
C'est une grande case divisée en plusieurs tiroirs
et compartimens , pour contenir l'arc , le bout des
flèches, les cordes, et tout ce dont l'archer a besoin.
LU BUT.
Le but est en forme de pyramide, généralement
parlant ; mais on peut le façonner suivant le plaisir
de l'archer. Pour de grandes personnes , les buts sont
larges de deux à trois mètres, épais de plus d'un
mètre à la base, et hauts d'environ deux à trois mètres
au milieu. On fait des buts avec de longs morceaux
de gazon, qu'on presse, et on place un morceau de
carton rond au centre, pour faire la marque, qu'on
doit augmenter on diminuer suivant la distance de
laquelle l'archer tire : s'il tire de vingt-sept mètres,
elle doit avoir un décimètre de diamètre ; de cinquante-
quatre mètres, quinze centimètres, et ainsi de snite par
rapport à une plus grande distance. On fixe la mar-
que au but par un clou dans le centre. Les coups qui
ne touchent pas la marque ne sont pas comptes ,
Digitized by Google
66 MANUEL
et celui qui place le plus de flèches dans la marque,
pendant le jeu, gagne. On place souvent des buts à
différentes distances l'un de l'antre : un assortiment
de buts est quatre, qui sont arrangés de manière à
empêcher les joueurs de les voir tous à la fois. Ce
qu'on appelle une fin simple est tirer à une seule
marque; une douhle fin est tirer à une marque, et
de là à celle d'où l'on a d'abord tiré.
LA M 48 QUE.
On devrait proportionner la marque à la taille et
au talent du jeune archer, et à la distance d'où îl en
est. Le devant est ordinairement fait de canevas,
cousu sur la base ; la base est faite de paille , tra-
vaillée comme une ruche. Le devant a un centre cou-
leur d'or, et quatre cercles, savoir : le blanc extérieur
bordé de vert, le noir intérieur, et le blanc et le rouge.
S'il n'était pas commode de fixer les marques, il vau-
drait mieux se servir d'une autre espèce, faite de
bois broyé, comme étant plus portative, quoique
moins durable que les marques faites des matériaux
dont nous venons de parler. Si on ne tire qu'à une
seule marque, on perd beaucoup de temps à aller
chercher les flèches, et à retourner à l'endroit d'où
l'on tire; en conséquence, on se sert ordinairement
de deux marques, et les archers tirent de l'une à
Vautre. Dans les parties de tir, il y a ordinairement
deux prix, uu pour le plus grand nombre de flèches
entrées dans la marque, et l'autre pour le cercle le
plus près du centre d'or. Les coups dans la marque
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 67
sont quelquefois comptés de la même manière, maïs
on fait ordinairement nne distinction. Le centre d'or
est la grande marque; et le cercle qui en approche le
plus près, étant petit, et conséquemment le plus dif-
ficile à toucher, une flèche lancée dans ce cercle vaut
plus, pour le prix, que si elle tombait dans an des
cercles de dehors, et ainsi de suite par rapport
aux antres. Une société célèbre d'archers fixe les
nombres suivans pour chaque cercle : pour le cercle
couleur d'or, neuf; pour le rouge, sept; pour le
blanc intérieur, cinq; pour le noir, trois; et pour le
blanc bordé extérieur, un. Un écrivain semble penser
cependant que les cercles extérieurs sont trop esti-
més, et que si on donne neuf pour le centre, on ne
devrait compter que trois pour le rouge, denx pour
le blanc intérieur, et moins en proportion pour les
deux autres cercles extérieurs. Lorsque le jeu est fini,
on doit compter la valeur des coups, et non pas les
coups eux-mêmes; et celui qui a le plus grand nom-
bre de points est naturellement le vainqueur. Comme
l'encre n'est en aucune manière une chose facile à
emporter dans un champ, et que les marques faites au
crayon de mine de plomb sont sujettes à être effacées,
il est pins convenable d'avoir une épingle attachée à
une carte, proprement divisée, pour le compte de
chaque archer, et de s'en servir pour marquer les
bandeh l'arc
On doit prendre l'arc par le manche dans la maîn
droite, le ventre tourné vers la personne qui va
Digitized by Google
68 MANUEL
s'en servir; le bras droit doit rester mit le côté ; le
boni le plus bas de l'arc, qui est toujours le plus
petit, doit être placé contre le pied droit, qu'on
peut tourner un peu en dedans, pour empêcher
l'arc de glisser. On doit avancer en même temps
le pied gauche ; le milieu du poignet de la main
droite doit être placé sur la partie supérieure de l'arc,
au-dessous de l'œil de la corde ; l'articulation de l'in-
dex sur un bord de l'arc, et le haut du pouce sur
l'autre. On doit maintenant tirer l'arc vigoureuse-
ment, et la partie supérieure, pressée par la main
droite et le poignet de la gauche, qui doit en même
temps glisser en haut, jusqu'à ce que L'ail delà corde
soit sûrement placé dans le bout. Le doigt du milieu ,
le petit doigt et le doigt annulaire, doivent tous être
plies, parce qu'on n'en a pas besoin dans l'opération
de bander l'arc; en outre, si on ne le fait pas, ils
sont sujets à être attrapés entre l'arc et la corde , et
sont ainsi sévèrement punis. Le jenne archer doit
faire attention à ce que la corde soit bien placée dans
le nœud avant d'en éloigner la main gauche. Il ne
doit pas s'impatienter en bandant l'arc, maïs se con-
former soigneusement à ce que nous avons dit. S'il
ne réussit pas, qu'il le mette de côté pour quelques
minutes, et lorsqu'il est calme, qu'il fasse un second
effort. Pour ôter la corde, le bout le plus court de
l'arc doit être placé par terre, la paume de la main
gauche touchant le côté plat de la partie supérieure,
la corde en haut. On presse alors le manche arec le
bras droit, de manière à allonger la corde ; lorsqu'elle
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 69
est assez lâche, 011 ote le nœud de l'œil avec le pouce
de la main gauche.
POSITION.
La figure doit être tournée vers la marque; mais
aucune partie du corps, si
la marque est nord , ne doit
être tournée vers l'est. La
tête doit être un peu incli-
née; la main gauche, l'arc
dedans , dans une position
perpendiculaire, et droite
vers !a marque; la fiVche
doit être amenée vers l'o-
reille, et non pas vers l'œil,
à gauche de l'arc, et sous
la corde ; l'index de la main
gauche passe par -dessus;
avec l'autre main, on met le nœud dans la corde,
à la place convenable, la plume du coq en haut.
Lorsque ceci est fait, on éloigne l'index de la main
gauche , et on le place autour de l'arc. Pendant que
la main gauche élève l'arc, la droite doit tirer l'arc
avec deus ou trois doigts seulement, et non pas le
pouce; aussitôt que la corde atteint la tète, on doit
laisser l'arc tranquille, de peur qu'il ne se casse.
On doit faire grande attention à acquérir une po-
sition convenable, telle qu'on la représente dans la
figure ci-dessus; car les mauvaises attitudes, dans
7 o
MANUEL
TIR A TOUTE VOLÉE.
On pratiquait autrefois ce tir avec le grand arc
beaucoup plus qu'à présent. Le but n'est que desavoir
quel est celui de toute une compagnie qui peut tirer le
plus loin. Ceci est naturellement très mauvais pour les
arcs, qui sont plus ordinairement cassés dans le tir
à toute volée que dans tout autre passe-temps avec le
grand arc. Ce jeu ne demande aucun talent à viser;
par conséquent , il ne Fait pas faire de progrès an
jeune archer qui désire être bon tireur. On se sert
à toute volée des flèches les plus longues et les pins
légères que l'arc peut supporter. Le jeu est ordinai-
rement en sept points.
T.C TIH AU BLAWG.
Ce tir est principalement pratiqué par ceux qui M
peuvent pas convenablement élever des bats ou d«
marques près du logis. Le blanc, qui est tout-à-fait
portatif, se fait d'un morceau de carton rond , d'nn
mètre de circonférence , attaché à un bâton ; on peut
le faire de linge blanc, arrangé de manière à se roulei
sur un bâton, auquel on l'attache. Dans le tir, le jeu
est en sept points , et on compte touies les flèches qui
tombent à la longueur de trois arcs du blanc.
ERRER A I.' AVENTURE.
C'est un passe-temps très amnsant avec le gran<i
arc, et quelques personnes le préfèrent même aunV
à la marque. Les joueurs ne sont pas retenus dans nu
endroit particulier, mais ils errent de champ en champ
Digitizsd by Google
DES JEUNES GENS.
pendant plusieurs milles, s'ils le jugent convenable. La
inarque est tout objet clair et remarquable, tel qu'un
arbre ou un buisson . Le jeu est en général, comme dans
les tirs au blanc et à toute volée, en sept points; mais
on peut l'augmenler ou le diminuer suivant la volonté
des joueurs. S'il y a plus de six personnes dans une
partie, elles doivent se diviser en compagnies; et
lorsque la première compagnie a tiré, et qu'elle s'est
éloignée de la première marque , la seconde y tire,
et ainsi de suite. On compte les flèches qui approchent
de la marque à la longueur de cinq arcs; mais celles
qui en approchent le plus près éloignent les autres.
En mesurant la distance , l'archer le fait avec son arc ,
d'un endroit dans la marque, qui est à trente centi-
mètres de terre, et la première flèche est celle qui est le
plus près, non pas de la marque, mais de cet endroit.
L'archer peut mesurer depuis la partie de sa flèche
qu'il lui plaît. Celui qui tire le plus près a le privilège
d'indiquer la marque suivante. Il vaut mieux avoir
des flèches émoussées en errant que des flèches poin-
tues; car il arrive quelquefois qu'elles entrent si avant
dans la marque, qu'il est très difficile de les en reti-
rer : en ce cas, il vaut mieux couper le bois tout
autour que de s'efforcer de la retirer de force. Chaque
archer errant doit porter au moins une douzaine
de flèches à la fois , afin d'être prêt contre tout
accident.
MANUEL
DKHKIÈRES REMARQUES.
Nous recommandons fortement au jeune archer dr
ne jamais tirer avec l'arc d'une autre personne, car
il pourrait le casser, et il s'ensuivrait une perte à la-
quelle l'argent ne pourrait remédier. Lorsque l'herbe
est au-dessus du pied , ne tirez qu'à une élévation
considérable. Après avoir tiré deux ou trois flèches,
le jeune archer doit cesser, autrement son but s'usera.
S'il tire de but en blanc à une marque, la flèche,
s'il manque, tombera, et s'enterrera tellement dan*
l'herbe, qu'elle défiera l'oeil le plus perçant, pendant
très long-temps. On peut remédier a cet inconvénient
en tirant à une élévation convenable; car alors ta
Sèche descendra de manière à laisser voir les plumes;
elles seront aussi sauvées du malheur qui leur arrive
souvent par la moisissure de l'herbe ou du terrai»,
lorsqu'on les tire de but en blanc. On ne doit pas
se servir de flèches de longueurs différentes , et le
jeune archer ne doit pas tirer seul ; car s'il tire seul ,
il prendra des habitudes de négligence et d'indiffé-
rence; s'il tire avec d'autres personnes, il s'efforcera
de les dépasser, et au lieu d'un tireur inhabile et
sans soin , il pourra bientôt devenir très habile dans
l'agréable passe-temps de chasser a la flèche.
LA CBOSSE.
Les jeunes gens sont dans le champ, leurs tentes sont
«levées, et chacun se prépare à figurer dans la querelle
amicale. Leurs plus grands forts sont de minces guichets ;
tons leurs retrancliemens, nne place pour rouler et rece-
voir ; leurs armes, des crosses; leurs munitions, une
couple de halles habillées en jaquettes convenables de
Ce passe-temps vraiment anglais, quoiqu'il ait tou-
jours été l'amusement favori du peuple de ce pays,
n'a jamais atteint nn plus grand degré de popularité
qu'à présent : c'est l'amusement favori du pair et du
paysan , du membre de la Société des Arts et de l'éco-
lier. Un roi a été dans le champ, la crosse en main,
entouré de ces jeunes troupes de noblesse qui ont
fait depuis l'orgueil de notre nation; et quoique cela
puisse paraître étrange, il n'est pas moins vrai qu'é-
trange, que des jeunes gens ont fait des parties de
«rosse avec de jeunes personnes sans ternir leur ré-
Digilized by Google
■JiJ MANUEL
pntation , et avec des frères, des maris et des amis
pour spectateurs. Dans quelques endroits , c'est le
seul amusement du peuple ; dans d'autres , ony joue
rarement , et même on le connaît à peine. L'homme
de Devon, qui regarde tout jeu comme inférieur à la
lutte, et l'habitant de Sommer set, qui chérit le jeu
hrave des épées , pensent à peine à la crosse ; les An-
glais des autres comtés, particulièrement aux environs
de la métropole , l'estiment comme un jeu supérieur,
et de nature à l'emporter sur tous les autres jeux de
même genre qui peuvent récréer l'homme.
On joue ordinairement onze de chaque côté. Déni
arbitres se placent à chaque guichet, pour empêcher
toutes les disputes qui pourraient s'élever : ils doi-
vent bien connaître les règles du jeu. L'arbitre platr
au guichet de celui qui frappe devrait être plutôt
derrière, pour voir si celui qui frappe ne frappe pas
la balle avec son pied.
GROSSES, BALLES, GUICHETS, ETC.
La crosse ne doit pas avoir plus de six décimètres
de hauteur, et plus d'un décimètre à la partie la pins
grosse ; c'est la crosse pour les hommes : les jeunes
gens doivent naturellement avoir des crosses propor-
tionnées à leur taille et a leur force.
La balle, pour les hommes, doit peser environ
quinze décagrammes; pour les jeunes gens, elle doit
être plus légère.
Un guichet se compose de trois bâtons, qui sont
assez longs pour être de sept décimètres hors de
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. ^5
terre, quand ils y sont plantés, et d'un autre bâton,
long de deux décimètres, pour mettre dessus. Le
guichet doit être, comme la crosse et la balle, pro-
portionné à la taille du joueur. Les guichets doivent
être opposés l'un à l'autre, à la distance de vingt
mètres pour les hommes, mais ils varient suivant la
force des joueurs.
La place pour rouler doit être sur la même ligne
que le guichet, et avoir un endroit pour renvoyer.
La place pour recevoir doit être à un mètre du
guichet, et tout-à-fait parallèle avec lui.
LE JOUEUR DE E1JUJ.E OU KOULEUH.
Rouler la balle est une chose très importante, et
demande beaucoup d'habileté. Bouler la balle de tra-
vers fait quelquefois perdre un jeu. Un rouleur ne
doit pas être trop systématique, mais lancer la balle
plus ou moins fort, suivant l'adresse du frappeur. Le
rouleur, et son partenaire du guichet opposé, doivent
avoir un signe particulier, par lequel ils lancent la
balle plus ou moins fort.
La manière de lancer la balle la plus généralement
approuvée, est de tenir la balle la couture en travers ,
afin que le bout des doigts puisse se toucher. On doit
Ja tenir assez fortement pour l'affermir. Par un tour
du poignet, on peut la faire tourner après qu'elle est
lancée, ce qui embarrassera souvent d'habiles joueurs,
i l', rumin,
11 doit toujours être prêt à courir. Lorsque sou
partenaire est près de frapper, il doit être devant la
Digitized by Google
76 MANUEL
place pour recevoir, mais il doit avoir soin de ne
pas quitter sa place avant que la balle soit hors des
mains du routeur; car, s'il le faisait, il pourrait abat-
tre sou guichet , et il serait naturellement dehors.
Lorsque la balle est lancée, il peut la suivre, mais pas
trop loin; de manière que, s'il manque, il puisse re-
tourner à temps pour sauver son guichet.
La crosse doit être tenue à coté du partenaire
opposé , et on doit prendre garde à ne pas courir
contre lui.
UJ GABDECR DE COICKHT.
Il ne doit pas souffrir que le frappeur aorte de s»
place sans toucher son guichet, ce qui s'appelle
forcer.
L.i FRBMIÈHE CHASSE COUSIS.
Il doit se placer à un mètre à côté du gardeur du
guichet, et si ce dernier quitte le guichet pour courir
après la balle, la première chasse courte prend sa
place jusqu'à son retour; mais aucun joueur ne doit
prendre la balle avant le gardeurdu guichet, à moins
qu'elle ne vienne droit à lui.
Il MARQUE.
La marque se place environ à six mètres du frap-
peur dans la place pour recevoir. En reculant il doit
faire attention à donner assez de place à la chasse.
1,'AVAaTAGB.
Il doit être un peu éloigné de la ligne droite de
la place pour recevqir
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 77
L* ARRET DE LONGUE UH.
Il doit se placer à une distance convenable derrière
le guichet, pour empêcher un coup, si la balle n'est
pas arrêtée par le frappeur ou le gardeur du guichet.
Le joueur chargé de l'arrêt de longueur ne doit pas
avoir peur de la balle lorsqu'on la lance vite; il doit
aussi pouvoir bien lancer. Comme il n'est pas là seu-
lement pour les balles qui dépassent le frappeur du
guichet, mais aussi pour celles qu'on vient de tou-
cher avec le bord de la crosse, il doit être attentif en
reculant.
LA LOIGDE CHASSE, POUR COUVRIR LA COURTE.
Ce joueur doit être à peu près à la même distança
en avant du guichet que l'arrêt de longueur est en
arrière, sur la même ligue que le frappeur, entre lu
marque et la chasse courte.
LE COUVREUR DE LA MARQUE ET DU GARDEUR
DB GUICHET.
La place de ce joueur est sur le côté droit ; de sorte
que , si la balle est lancée à la marque et au gardeur
lu guichet, et manquée, il sera prêt à la recevoir.
LE J.D1TG-CHAMP DE DROIXE.
Il se place entre le gardeur du guichet et le joueur
>u routeur de boule, à une distance considérable dans
e> champ, de manière à les couvrir. On doit placer
n cet endroit une personne qui puisse lancer la balle
orame il faut, et bien juger les coups.
Digitized by Google
7«
IANUEL
LB LOKG-CHAMI 1 DE GAUCHE.
Il se place à peu de distance du guichet du joueur
de boule, de manière à empêcher un second coup.
S'il y a plus de joueurs, on peut les placer, pour
reculer ou empêcher un coup, en différens endroits
du champ. *•
LOIS DE LA CROSSE.
Le joueur de boule doit lancer la balle en ayant un
pied derrière la place pour rouler, et dans la place
pour renToyer. Il doit lancer quatre balles avant de
changer de guichet , et il ne change qu'une fois
dans la même partie. Il doit avoir soin de lancer
la halle de manière à ce que le frappeur puisse l'at-
traper; car s'il la lançait au-dessus de la tête du
frappeur, ou hors des bornes de la place pour rou-
ler, on donnerait à la personne qui est dedans un
poiut, pour ôter tous les coups de côté, et on ne
considérerait pas une telle balle comme une des
quatre. Lorsque l'arbitre crie une balle! celui qui 9
touché peut la frapper, et donne amant de coups
qu'il peut. Lorsqu'on change de joueur de boule,
on ne peut donner plus de deux balles. Si le bras est
étendu en ligne droite du corps , ou que le dos de la
main soit en haut lorsque l'on roule la balle, l'ar-
bitre s 'écriera immédiatement pas de balle !
Le frappeur est toujours dehors lorsqu'on jette le
bâton de dessus à bas des antres; il est également
dehors quand un bâton est jeté par terre; quand la
balle frappe sur ou sous sa crosse, sur ses mains,
Digitized by Google
DES JEtlPfES GENS. j(j
excepté sur ses poignets; quand on la relient avant
qu'elle touche la terre, même si elle est pressée contre
le corps de celui qui l'a attrapée, si pendant qu'il
frappe, ou en tout autre temps pendant que la balle
est en l'air, ses deux pieds sont sur la place pour
recevoir, et son guichet abattu, excepté si sa crosse
est dans le terrain qui est devant. S'il abat son gui-
chet, ou qu'un des frappeurs empêche la balle d'être
attrapée, le frappeur sera, dehors; il en sera de ra£me
si la balle est frappée, et que le toucheur la refrappe
volontairement; ou si, en s'efforçant d'avoir un point,
son guichet est abattu par un coup , ou par la halle en
main, avant que son pied, sa main ou sa crosse soit
placé dans la place pour recevoir ; si le frappeur
éloigne ou ramasse la halte pendant qu'il joue, sans
que le parti opposé le lui demande , ou si , avec la
jambe ou le pied, il arrête une halle qu'on a lancée
droit au guichet du frappeur.
Si on crie balte perdue .' ou donnera au frappeur
quatre points. Si les joueurs se croisent en courant,
celui qui court au guichet abattu est dehors; mais
s'ils ne se croisent pas, celui qui a quitté le guichet
abattu est dehors.
Lorsqu'on attrape. une balle, on ne doit pas comp-
ter de points. Lorsqu'un frappeur est dépassé à la
course par un autre frappeur, on ne compte pas le
point qu'ils cherchaient. Pendant que la balle est dans
les mains du joueur de boule ou du gardenr de gui-
chet, on la considère comme en repos, et les frap-
peurs ne sont pas forcés de su tenir à leurs place* ,
Digitized by Google
8o MANDE L
jusqu'à ce qtfe l'arbitre ait crié jouet ! Mais si un
joueur sortait de sa place, dans l'intention de courir,
avant que la balle soit lancée , le joueur de boule p«ut
le mettre dehors. Si un frappeur est blessé par une
balle, ou autrement, pendant qu'il joue, il peut se
retirer de son guichet, et coniinner son enjeu, et on
peut permettre à une autre personne de sortir pour
lui, mais il ne peut plus rentrer. Si un joueur arrête
la balle volontairement avec sa crosse, on le consi-
dérera comme mort, et le parti opposé peut ajouter
cinq points à son compte.
Si la balle est frappée, le frappeur peut garder son
guichet avec son corps ou sa crosse. Si le frappeur
envoie la balle contre le guichet de son adversaire,
lorsqu'il est hors de sa place, il est dehors, si la balle
a touché les mains du joueur de boule , ou d'un autre
joueur, mais pas autrement.
On donne à chaque personne deux minutes pour
arriver, et quinze minutes entre chaque enjeu; et
lorsque les arbitres crient jouez ! le parti refusant de
jouer, perdra.
L'arbitre doit observer la situation du pied du
joueur de boule, lorsqu'il jette la halle; et s'il n'est
pas derrière la place pour rouler, et dans la place
pour renvoyer, il criera pas de balle! Si le frappeur
cherche un point, l'arbitre criera pas de point! L'ar-
bitre do guichet du joueur de boule , a le droit d'être
consulté le premier pour sa décision sur les coups.
D i çj ili zed by Got^ le
DES JEUNES GENS.
81
Ce jeu n'est pas aussi intéressant que la double
crosse, mais on peut y jouer en nombre indéterminé,
quoiqu'il y ait rarement plu» de quatre ou six per-
sonnes de chaque côté. Les fonctions du jouenr de
boule el du frappeur sont à peu près les mêmes que
dans la double crosse. Lorsque le frappeur court au
guichet du joueur de bonle, ôte le bâton de dessus
les deux autres placés dessous , avec sa crosse , et qu'il
retourne à son guichet, sans qu'il soit abattu par la
balle, il a droit à un point. Après avoir en un point,
s'il en cherche un autre, il doit toucher le bâton pour
rouler, et retourner, avant que la balle traverse le
j'en, pour lui donner droit à un autre point. Il a droit
à trois points pour une balle pft-due.
S'il n'y a que quatre personnes, ou moins, elles
doivent faire tous les coups devant le guichet sans
dépasser les bornes, et ne pas se déplacer, excepté
lorsqu'on en est convenu, Lorsqu'il y a plus de quatre
joueurs d'un coté, il ne doit pas y avoir de bornes;
et coups, coups de côté, et coups de surplus, doi-
vent être comptés. On doit comprendre naturelle-
ment que le joueur de boule doit jouer à la mémo
distance du guichet. On donne iine minute pour cha-
que coup. Lorsque le frappeur touche la balle, un
de ses pieds doit être sur le terrain, et l'autre der-
rière l'endroit pour recevoir, sans quoi l'arbitre
criera pas de coup! L'homme du champ doit ren-
voyer la balle de manière qu'elle passe entre le guî-
Digitized by Google
82 MANUEL
chet et le bâton pour rouler, ou entre le guichet et
les bornes; le frappeur peut courir jusqu'à ce que la
balle soit ainsi renvoyée. Voici les principales règles
adoptées par les plus habiles joueurs de crosse, pour le
jeu de la simple crosse. La distance entre les guichets
est la même; en conséquence, le coureur a deux fois
cette distance à parcourir en obtenant chaque point;
mais nous pensons qu'on pourrait remédier à cet in-
convénient en parcourant seulement la moitié de
cette distance ; de cette manière on peut rendre ce
jeu beaucoup moins fatigant, et beaucoup plus amu-
sant , au moins pour le frappeur.
Digitized by Google
DES JEUNES GEWS. 83
GYMNASTIQUE.
Earûlée parmi nos gymnastes, la pale jeunesse, dont
les membres, faibles et dépourvus de muscles, pliaient
sous le poids d'un léger fardeau, gagne bientôt la santé ,
et devieui à la En robuste et endurcie comme le mon-
tagnard.
Les exercices gymnasiiques ont acquis dernière-
ment une grande popularité, non seulement dans
ce pays, mais aussi en Prusse, et dans d'autres par-
ties du continent. On peut les nommer une série
d'exercices réguliers et systématiques, inventés pour
meure en jeu, et conséquemment pour augmenter la
furce et l'activité des différens muscles qui com-
posent la forme humaine, en apprenant l'usage con-
venable de chacun , et montrant à l'élève la manière
Dlgtlized by Google
84 MANUEL
d'en tirer le meilleur parti. On les a aussi calculés
pour lui inspirer de la confiance dans un moment de
danger; pour l'aider à se retirer du péril, lui ou les
autres, à raison de l'agilité plus grande du corps,
et de l'expérience acquise par ce mode avantageux
d'application. Un écrivain contemporain dit, en ap-
puyant l'opinion que les exercices gymnastiques don-
nent du courage et de la présence d'esprit : « Le
courage est engendré par la confiance , et la con-
fiance par l'exercice. • Une entreprise dangereuse que
nous avons souvent achevée , cesse d'être considérée
comme telle, lorsqu'on pense qu'elle servait à nous
faire user de tous nos moyens. Le bon gymnaste fait,
en cas de nécessité , un saut que peu de personnes
pourraient faire, quoiqu'elles voulussent s'y appli-
quer. Il a souvent entrepris, avec succès, des sauts
très grands et très hauts, parce qu'il pouvait en me-
surer d'un coup d'ceil la longueur, la profondeur, et
les inconvéniens, et que la recherche de situations et
de circonstances difficiles avaient été le seul amuse-
ment de sa journée. Il ne peut pas être ému à la vue
d'un danger dont il s'est amusé, et les principes de
son art lui fournissent les moyens de le diminuer de
moitié.
Pour donner de la force aux remarques précé-
dentes, nous allons raconter ce que nous considérons
comme un exemple de la présence d'esprit, de ]i
vivacité de jugement et du sang-froid qu'on peut
acquérir en s'y exerçant journellement :
Nous promenant un jour près de la ville d'Édim-
Digitized by Google
DES JEUNES CENS. 85
bourg, notre curiosité fut excitée par la vue d'un champ
où la compagnie royale des archers s'exerçait. Un
homme exercé à cet emploi était placé à la marque, et
avait à sa main un pavillon pour marquer l'endroit où
les flèches tombaient , la distance étant très considéra-
ble. Il est incroyable avec quelle justesse d'oeil il suivait
la flèche dans son passage rapide au travers du sillon
qu'elle faisait dans le ciel, et avec quelle exactitude
il semblait deviner à quelle distance de la marque,
ou de quel côté elle tomberait. Il était à côté de la
marque, la touchant presque avec sa main droite.
Une flèche partit; il observa avec attention le mes-
sager ailé s'avançant rapidement en l'air, fit un pas
vers la gauche, et la flèche tomba quelques pouces à
sa droite , entre lui et la marque ; il y plaça son
pavillon, et ou lança une deuxième flèche; il en
échappa en se tournant un peu à droite. Ponr se sau-
ver de la troisième , il n'eut pas l'occasion de bouger
de sa situation , car il vit froidement qu'elle tomba
dans la partie la plus basse de la marque. 11 est inu-
tile de dire le reste;. Les flèches tombaient derrière,
devant, et de tous côtés autour de lui. L'exercice
finit enfin; et l'insensibilité au danger que cet homme
montrait , pour l'amour d'un peu de gain , nous
parut moins étonnante que la confiance que les ar-
chers avaient sans doute dans la justesse de sa vue.
Le même écrivain remarque autre part , que les
anciens, surtout les États libres de la Grèce, culti-
vaient l'étude de la gymnastique comme une branche
importante de l'éducation de la jeunesse. Ayant sou-
8
Digilized by Google
86 MANUEL
■veut à défendre leur liberté contre les entreprises
d'États jaloux , ou l'ambition de puïssans ennemis
étrangers, ils pensaient qu'il était très nécessaire d'ac-
coutumer leurs jeunes gens aux exercices durs et
même violens , afin que leurs âmes ne fussent pas
émues au moment du danger, et qne leurs corps ne
succombassent pas sous les fatigues ordinaires de la
guerre.
EXERCICES GYMNASTIQUES.
Les machines qui conviennent à un terrain gym-
nastique sont ; une barre horizontale, un cheval pour
sauter, un poste pour sauter, des barres parallèles,
un poste pour grimper, et des échelles de corde et
de bois.
La meilleure heure pour s'exercer est de bonne
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 87
heure dans la matinée. On doit aller graduellement
des exercices les plus faciles aux plus difficiles, et
les faire sous les yeux de personnes expérimentées.
Lorsqu'il y a un certain nombre d'écoliers , il faut les
diviser en classes suivant leur force ; il ne faut porter
aucun jouet dans ses poches lorsqu'on s'exerce : on
doit mettre des habits de rechange, et prendre les
précautions nécessaires pour ne pas attraper froid.
Les observations suivantes, qui sont prises en par-
tie de Salzmann , peuvent être lues avec avantage.
Aucune personne bien portante n'est incommodée en
se réchauffant ; mais se refroidir trop vite , ou boire
quand on a extrêmement chaud , de quelque manière
que cela arrive, peut être extrêmement pernicieux.
On ne doit pas se coucher sur la terre ; il est conve-
nable d'ôter les yêteraens qu'on peut décemment
mettre de côté, et de les remettre après avoir fini.
En commençant un exercice , ne commencez pas
par les degrés les plus violens, mais par les plus
doux, et continuez de la même manière : les transi-
tions soudaines sont toujours dangereuses. Ne portez
jamais à l'excès l'exercice du corps, ni vos efforts
pour l'endurcir; que votre but ne soit que d'endurcir
le faible corps, et non de le fatiguer et de l'énerver.
Dans tous les exercices, faites attention à ce qu'au-
cune partie du corps ne soit dans une position dan-
gereuse ; par exemple , on ne doit pas souffrir que
la langue reste entre les dents. La maiu et le bras
gauches sont ordinairement plus faibles que le droit ;
qu'on les exerce souvent, par conséquent, en levant,
Digitized by Google
88 MANUEL
portant et supportant le poids du corps, jusqu'à ce
qu'ils deviennent aussi forts que les autres.
Quoique marcher, courir, danser, se balancer, sau-
ter, grimper, lutter, monter à cheval, nager, et tons
les autres exercices musculaires, puissent être com-
pris dans l'article Gymnastique, les exercices des
écoles ne comprennent que marcher, courir, sauter,
se balancer et grimper.
■uacHu.
Eu marchant, les bras doivent se mouvoir libre-
ment , la tête haute, l'estomac en dedans , les épaules
effacées , le pied parallèle a la terre , et le corps
appuyé ni sur le bout du pied ni sur les talons , mais
sur le milieu du pied : en entamant le pas , l'élève
doit élever un pied , tenir le genou et le coude-pied
droits, les doigts du pied courbés en dedans; lorsque
ce pied atteint la terre, faites la même chose avec
l'autre. On doit faire ceci jusqu'à ce que l'élève mar-
che aisément et gracieusement.
cou ma.
En courant , on ne doit pas lever les jambes trop
haut, les bras à peu près tranquilles, de manière à
ne donner à l'air aucune opposition contraire par des
mouvemens inutiles. Courir en cercle est un excellent
exercice; maïs on doit changer de côté , de manièrs
qu'on puisse courir également bien des deux côtés.
SAUTES.
La règle pour sauter est de ne jamais tomber sur
Digilized by Google
DES JEUNES GENS. 6g
les talons, maie sur le bout du pied. Courbez les
genoux de manière que le gras de la jambe touche la
cuisse; avancez les bras en prenant un élan. Empê-
chez h chute, s'il le faut, avec les mains; retenez
l'haleine , avancez le corps; venez à terre à pieds
joints. En prenant l'élan , que vos pas soient courts ,
et augmentez de vitesse lorsque vous êtes près de
sauter. Commencez par une petite hauteur ou lon-
gueur, et augmentez-les toutes deux à mesure que
vous faites des progrès.
BAREEB PABALLÈLES.
Commencez par élever le corps à l'aide des mains,
et faites-le mouvoir alternativement en avant et en
arrière, jusqu'à ce que vous traversiez les barres de
tous côtés seulement par le moyen de vos mains;
remuez-vous ou sautez alors avec les deux mains à la
fois. On se balance en soutenant le corps par les bras,
l'estomac en haut, jusqu'à ce que le bout du pied
soit dans la mime ligne que la tête; lorsque l'élève
Digitized by Google
t)0 MANUEL
peut faire ceci aisément , il doit jeter son corps, hors
de cette position, sur la barre droite ou sur la gauche.
Le mouvement d'abaisser le corps en courbant les
coudes se fait en tirant les pieds vers les jarrets, et
se baissant jusqu'à ce que les coudes soient au niveau
delà tête; relevez -vous en roidissant le bi-as, et faites
cet exercice plusieurs fois. On peut exécuter sur ces
barres plusieurs exercices que l'élève fera lorsqu'il
apprendra.
BARBE HOKIZOSTAJ.B-
La première position est de prendre la barre à
deux mains, et d'élever le corps jusqu'à ce que le
menton soit dans la même ligne que le jarret. Lors-
que vous pouvez regarder aisément de cette manière
sur la barre, placez les mains sur l'endroit de la
barre le plus éloigné de vous, et élevez le corps
comme avant. Dans l'exercice suivant, on élève le
corps de terre, au moyen des deux mains , de chaque
côté de la barre, et l'élève passe, saute on meut les
mains alternativement sur la barre. Serrez les jambes,
levez les pieds de manière à ce qu'ils touchent ht
Digitized by Google
DES JEONES GENS. gt
barre, et baissez-les. Faites ceci plusieurs fois; et,
pendant que vous êtes dans cette position, passez
par-dessus la barre en remuant alternativement les
mains. On peut alors supporter le corps par le bras
droit et la jambe gauche , et ensuite par le bras gauche
et la jambe droite; vous pouvez alors vous placer à
califourchon sur la barre. Vous pouvez aussi vous
balancer la tête en bas, prendre la barre à deux
mains, et passer les pieds entre jusqu'à ce que vous
pendiez en bas; vous pouvez les retourner de la
même manière ou tomber à terre sur la pointe des
pieds.
J.E SAUT EN LONGUEUB.
Faites une coulisse qui s'élargisse graduellement
d'un bout à l'autre, de manière qu'on puisse aug-
menter journellement la longueur du saut; prenez
votre élan de la pointe du pied, qu'on doit vite re-
tirer vers l'autre ; pour sauter à pieds joints, ils doi-
vent descendre en même temps.
LE 6»tIT EH PROFONDEUR.
Le corps doit être courbé en avant, et les mains
prêtes à empêcher la chute en touchant la terre, au
besoin, avant les pieds. Nous n'approuvons pas beau-
coup cet exercice, qui consiste en une suite de sauts
dont on augmente la profondeur suivant les progrès
de l'élève.
Digitized by Google
92 MANUEL
LE SAUT SB HAUTEUR.
Ayez une barrière composée de deux bâtons percés
de trous au travers desquels on peut passer une corde
à la hauteur qu'il vous plaira , avec deux sacs de sable
d'un poids suffisant pour la tenir droite, et cependant
pas assez pesans pour vous empêcher de l'emporter
avec le pied, en cas que vous la touchiez, en sautant.
On peut aussi percer des trous pour y passer des
chevilles mobiles pour soutenir la corde, comme ci-
dessus. Vous devez faire ce saut sans élan ou avec un
élan : pour le premier, on doit serrer les jambes, les
pieds et les genoux droits. Pour le dernier, nous
recommandons un court élan et un petit pas léger,
augmenté graduellement à mesure que le sauteur est
près de sauter. Il faut avoir grand soin de ne pas
retomber sur les talons, mais hitôt sur la pointe el
sur le milieu du pied.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS.
93
LE SAUT EH niUTKUIl JVIiC Ll PEHCHE.
Prenez la perche avec la main droite à la hauteur
de la téte , et avec la main gauche à la hauteur de
la hanche ; et lorsqu'elle est à terre, sautez avec le
pied droit, et passez à la gauche de la perche sur
quoi que ce soit que vous ayez a sauter, tournant en
descendant, de manière à faire lace à l'endroit du-
quel vous sautez.
JE SAUT ES PROFONDEUR AVEC LA PEHCHE.
Ceci demande de la force dans les bras et les
mains. Placez la perche à la profondeur que vous
avez à sauter; abaissez le corps en avant, jetez les
pieds, et tournez autour de la perche, de manière à
descendre la figure devant l'endroit dont vous avez
sauté. Venez à terre sur le milieu du pied , s'il est
possible.
le saut bu lohgdeuB avec LA perche.
On le fait comme le premier, excepté qu'on saute
en avant plutôt que haut; on peut le faire avec la
coulisse.
Digitized by Google
94 MANUEL
Le cheval pour sauter est un cylindre de bois qui
a les bouts ronds : on y trace deux raies en travers;
la selle est l'espace qui se trouve entre les raies; elle
doit être assez grande pour qu'une personne puisse
s'y asseoir aisément. Le cheval peut être rembourré
ou ne pas l'être. On saute sur le cheval en plaçant
les mains dessus en travers; on élève le corps de cette
manière, jusqu'à ce que les pieds atteignent assez
haut pour se tenir sur le cheval : on place alors les
mains sur la raie la plus éloignée, et on jette le corps
en avant sur la selle.
On peut sauter sur la selle sans élan ou avec un élan.
Placez les mains sur une des raies; sautez et tournez
le corps de côté, de manière qu'une jambe puisse
passer sur le cheval et l'élève descendre sur la selle.
Pour sauter de coté sur le cheval, on doit placer les
mains comme ci-dessus, faire un saut suffisant pour
jeter les pieds sur le cheval, uue main lâche alors la
selle, et on descend de l'autre côté. Pour sauter en
avant sur la selle, ou prend chaque raie avec la main,
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. g5
et on saute entre elles de manière à rester ou passer
sur la selle.
grimper A la. connu.
En grimpant à la corde , on doit mouvoir les mains
alternativement l'une sur l'autre, en élevant les pied*
entre chaque mouvement des mains et la corde prise
fortement entre elles. En descendant, mouvez une
main après l'autre ; car le frottement , si vous glis-
siez, les blesserait. La meilleure manière de grim-
per à la corde tendue est de mettre la plante du pied
plate sur la corde, et l'autre jambe au-dessus de ce
pied.
ti PL4KCHE.
La largeur de la planche doit être de trois déci-
mètres environ; sou épaisseur, de cinq centimètres.
Pour y grimper, on place les mains de chaque côté
et les pieds sur sa surface inclinée; on grimpe en les
mouvant alternativement. Redressez la planche par
degrés à mesure que vous faites des progrès : les pro-
Digitized by Google
g8 MANUEL
gréa qn'oo peut faire en montant à la planche sont
étonnans. Nous connaissons plusieurs gymnastes qui
peuvent monter une planche placée perpendiculaire-
ment sans difficulté; pour cela, le corps et les pieds
sont différemment posés que, ci-dessus , où la figure
monte Bur une planche inclinée. Pour grimper à une
planche verticale , le corps est plus courbé près des
épaules, et les jambes sont arrangées de manière à
ce que la plus haute est à peu près au niveau de la
main. , ."'
mou ter a l'Échelle.
Prenez chaque côté de l'échelle , et montes en
remuant les mains alternativement. Pour grimper à
l'échelle deux à deux, l'élève doit mettre le coude
du bras qui est le plus bas en bas des échelons avant
de s'aider de l'autre. Pour grimper à l'échelle d'un
côté, prenez un côté de l'échelle à deux mains, la
paume vers la partie extérieure; mouvez les mains
Alternativement, et tenez les jambes serrées et fermes.
GBIHPBR SUR LA PF.HCHB PBRPEHDIClillIBE
OU UEOITE.
Remue/, les mains et les pieds alternativement,
ayant soin, cependant, de r.e pas placer les mains
l'une sur l'autre comme en grimpant sur la corde.
En descendant de la perche , on se tient prêt à se
servir des mains, s'il le faut, de chaque côté : les
jambes étant un peu relâchées, vous descendrez très
vite.
Digitized by Google
DES JEDNES GENS.
pas vonss.
C'est un très bon exercice. Fixez fortement un
bâton en terre, ayant au haut une forte rondelle de
fer, qui se meut horizontalement et circula irem en t ;
attachez-y quatre cordes, au hout desquelles on fixe
les morceaux de bois qu'on prend. Les élèves se sou-
tiennent dessus , et courent autour du mât supportant
leur poids sur la corde, et augmentant graduellement
de vitesse, en touchant la terre par intervalles avec
le bout du pied. {Voyez la gravure au commencement
des exercices gy «mastiques, p. 86.)
RÉCRÉATIONS G YMNASTI QUES.
Nousespéronsqueles récréations suivantes d'agilité
et de vitesse amuseront nos jeunes lecteurs; elles
diffèrent entièrement , à deux ou trois exceptions
près, des exercices gymnastiques , et on les trouvera
peut-être plus amusantes , en ce qu'elle» ont moins
de précision.
Digitized by
98
MANUEL
SAUTEE SUR SES DOIGTS.
Prenez un morceau de bois , ou la moitié d'une
pipe, tenez-le dans l'index de chaque main , et après
quelque exercice , tous pourrez sauter par-dessus , en
avant et en arrière, sans aucune difficulté. Lorsque
vous y excellez, vous pouvez, comme l'auteur l'a fait,
placer le bout des deux doigts du milieu ensemble,
et sauter dessus de tous les côtés, sans les séparer et
sans les toucher avec le pied. Il est impossible de faire
ce tour avec des souliers à hauts talons; et en effet,
la plus grande difficulté est de passer les talons.
LE TRIOMPHE.
Placez la paume des mains ensemblederrière vous,
les doigts en bas , et les pouces prés du dos ; alors ,
tenant les paumes des mains aussi serrées que possible,
les doigts d'une main touchant ceux de l'autre,
tournez les mains , et touchez le dos avec les doigts ,
jusqu'à ce qu'ils puissent atteindre les épaules , les
paumes serrées , les pouces en dehors , et le bout des
doigts vers la téle. C'est un tour très difficile, et il
mérite bien son titre.
Digilized by Google
DES JEONES GENS.
99
C'est une .récréation tout-à-fait gymnastique.
Prenez une perche pesante , ferrée à un bout , ou
une pique , si -vous voulez ; élevez-la avec la main
gauche , à la hauteur de l'oreille , et lancez-la à un
but.
A quelques écoles gymnastiques , on apprend aux .
élèves à lancer la perche avec les doigta, comme un
roseau: c'est une mauvaise manière; il faut tenir la
lance avec toute la main, le bout sortant d'entre
l'index et le pouce ; et le devant , ou la partie ferrée
sortant du petit doigt qui doit la serrer autant que
son épaisseur le permettra ; lancez- la avec force , et
visez avec soin avant de la jeter. Lorsque vous la
lancez, retirez le bras aussi loin en arrière que pos-
sible , et lancez la perche de toutes vos forces.
PORTE A Il EUX l' P. H SOIS 11 ES.
Celui qui fait ce tour, et que nous appellerons
n" 1 , se place entre deux autres que nous appelle-
Digitized by Google
100 MANUEL
rons n°" a et 3; il se baisse alors, et passe la main
droite sous la cuisse gauche dun'i, et sa main gau-
che sous la cuisse droite du n° 3, dont il prend la main
gauche. Les n 0 ' a et 3 passent dans cette position
chacun un bras autour du cou du n" i , qui, en se re-
levant graduellement, enlève les deux autres de
terre.
SB COUCHER ET SE RELEVER.
Croisez les bras sur la poitrine , couchez-vous sur
le dos, et relevez-vous sans faire usagede vos coudes
ou de vos mains.
Ll LIVRE VOL ifl T.
Placez un livre ou toute autre chose semblable
entre les pieds, de telle manière qu'on le tient entre
la cheville et le côté intérieur du pied, alors lancez-
le en arrière avec les deux pieds , et jetez-le par-dessus
votre tête.
s'agenouiller.
Placez les pieds sur use raie, agenouillez-vous,
et relevez-vous sans vous aider des mains, ou sans
éloigner les pieds de la raie. C'est un exercice assez,
difficile.
LA LONGUE ATTEINTE.
On doit tracer sur ie parquet une ligne, sur laquelle
les pieds sont posés, et au-delà de laquelle ils ne doi-
vent pas passer. Une main, il n'importe laquelle, est
jetée en avant, sans loucher le parquet, assez loin,
et pas trop loin cependant , pour que vous puissiez
Digilized by Google
DES JEUNES GENS. IOT
tons relever sans ôter vos pieds de leur position , sans
vous aider des mains, et sans toucher le parquet avec
U main lancée en avant. La distance à laquelle plu-
sieurs personnes peuvent lancer la main, varie natu-
rellement, suivant ta longueur des bras, leur force-
on leur activité.
Quand vous êtes sûr de la distance a laquelle vous
pouvez vous relever sans toucher le parquet avec la
main, et sans changer la position des pieds, il faut
vous avancer aussi loin que possible, et pendant que
le corps est soutenu par la main placée sur le parquet,
crayonner aussi loin que possible avec l'autre ; en-
suite relevez vos mains , et reprenez votre posîtiop ,
sans toucher le parquet avec les mains. Il faut beau-
coup d'adresse et d'agilité ponr faire ce tour, et il y
a des personnes dont la taille n'est que d'un mètre
soixante et quelques centimètres, qui crayonnent plus
loin que d'autres personnes bantes de près de deux
mètres. Le grand art est de mettre le corps aussi près
que possible du parquet; pour cela on recommande
de reculer les pieds de la ligne aussi loin que pos-
sible, ce qui baissera le corps davantage, et vous-
aidera à crayonner aussi loin que toute la longueur
de votre corps, ce qui est une distance très consi-
dérable , quoiqu'il y ait plusieurs personnes qui dé-
passent cette distance. Ceux qui fout le mieux ce tour
peuvent essayer, lorsqu'ils s'exercent, d'appuyer le
eorps sur le coude.
Digitized by Google
loa
MANUEL
PASSEE LA JAMBE PAR-DESSUS LA CHAISE.
Placez le pied gauche sur le rayon de derrière le
plus bas d'une chaise , passez alors le pied droit par-
dessus le dos de la chaise , et amenez-le à terre entre
la chaise el la jambe gauche, ce qu'il faut faire sans
toucher la chaise avec les mains.
En faisant ce tour, la chaise ne doit pas être sur un
parquet glissant, car elle pourrait causer une chute.
On doit choisir une chaise pesante, et prendre beau-
coup de soin en passant la jambe.
1E TOUH COMPLET.
En faisant ce tour il est nécessaire de prendre un
lan d'environ une demi-douzaine de pas. Il suffît de
lacer le bout du pied contre un mur, à la hauteur du
enou environ, et de passer la jambe gauche par-
dessus , faisant ainsi une révolution complète , de ma-
nière que quand la jambe gauche atteint la terre,
on ait le dos tourné vers le mur. Le bout du pied
droit est le point sur lequel vous devez tourner, et
il ne doit pas quitter le mur pendant le toux
complet.
Faire le tour complet paraît très difficile au pre-
mier coup d'œil ; mais un jeune homme un peu leste
et au fait de la gymnastique , peut le faire saus danger
et aisément en peu de temps. On doit redoubler
d'attention pendant les premiers essais.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. I o3
l'essâI du pouce.
Ce tour est très simple. Placez le dedans du pouce
contre le bord d'une table , et alors reculez les pieds
aussi loin que vous pouvez, de manière à reprendre
■votre première position par l'effort du pouce, sans
remuer les pieds. Vous pouvez faire ce tour avec
beaucoup plus de facilité , si , avant de vous aider du
pouce, vous faîtes deux ou trois courbettes avec le
corps; ni les doigts, ni aucune partie de la main,
excepté le pouce , ne doit toueber la table. On peut
commencer par mettre les pieds à peu de distance de
la table, et les éloigner graduellement à mesure que
l'on devient fort. La table dont vous vous servez doit
être pesante, ou appuyée contre un mur, au t rem eut
vous pourriez la pousser en vous exerçant, et, dans
ce cas, une cbute sur les mains et les genoux serait
presque inévitable.
LE BESSOBT DE LA MAIN.
Un tour qui procure un exercice excellent, assez
semblable à l'essai du pouce, peut se faire en vous
tournant la figure vers un mur, et vous poussant en
avant jusqu'à ce que vous vous empêchiez de tom-
ber, en plaçant la paume d'une main, les doigts en
haut, contre un mur; étant ainsi placé, vous devez
recouvrer votre première position sans avancer les
pieds. Le tour sera plus ou moins difficile, suivant
le plus ou le moins de distance à laquelle vous vous
trouverez du mur. Comme dans le tour de l'essai du
Digitized by Google
iq4 manuel
pouce, il vaut mieux commencer à faire le ressort de
la main à peu de distance du mur. D'abord, en s'exer-
çant, si vous êtes actif et résolu, vous pouvez au
moins vous relever aisément, les pieds placés à deux
tiers juste de votre hauteur, de distance dn mur.
t'ÉTEMUUS EH SB B4ISSAKT.
Ce tour, pour lequel on peut acquérir une agilité
considérable en s'y exerçant, se fait de la manière
suivante : Tracez une ligne sur le parquet, contre la-
quelle vous placez le bord extérieur du pied droit;
à peu de distance derrière le talon droit , placez le
talon gauche contre la raie. Prenez un morceau de
craie dans la main droite, baissez- vous, passez la main
droite eutre les jambes, immédiatement sous le ge-
nou droit, et crayonnez le parquet aussi loin au-delà
de la ligne que possible, de manière que vous puis-
siez voua relever sans remuer la pointe du pied, et
sans toucher la terre avec une de vos mains. Dan»
ce cas, il n'y a aucun ressort de la main; car la craie-
seule qu'on tient entre les deux index , touche le paF-
Digitized by GoogI
DES JEUNES GENS. lo5
quet. Votre genou et votre corps doivent se projeter
sur la ligne, si vos pieds sont à la place convenable,
comme dans la figure.
On doit faire ce tour avec une chaise à long dos:
placez les genoux sur l'extrémité des pieds de I»
chaise renversée; avec les deux mains retenez-votis
aux bâtons de la chaise ; baissez la téte de manière
k toucher le dos de la chaise, sur l'extrémité duquel ,
aussi près que vous pouvez venir sans tomber ou
laisser toucher la terre au dos de la chaise , vous pla-
cerez une pièce de monnaie , qu'il faut ôter avec 1»
bouche. La manière de faire bien ce tour dépend
beaucoup de la position convenable des mains : or*
pent les arranger comme on le juge nécessaire, en
haut ou en bas des bâtons droits qui forment le dos
de la chaise. Une chaise de cuisine forte et à la vieille
mode est la meilleure pour cet usage.
i'expioit dks doigts.
Les bras doivent être croisés horizontalement sur la
poitrine , et les deux index serrés l'un contre l'autre.
Une autre personne s'efforce de les séparer en tirant
chaque bras; et quoiqu'il soit plus fort que vous, il
ne pourra jamais en venir à bout s'il n'use que d'une
force régulière , et non pas d'un coup soudain , ce
dont il faut convenir d'avance.
to6
MANUEL
DOUBLE ET TBIPLE TOUB.
Avec la corde à sauter, on peut faire plusieurs
exercices excellens; le meilleur est peut-être le sui-
vant. Sautez comme à l'ordinaire pendant quelques
secondes , augmentant constamment la vitesse du
mouvement, et enfin sautez assez haut, et tournez la
corde si vite, qu'elle puisse passer deux fois sous vos
pieds avant qu'ils atteignent la terre; continuez jus-
qu'à ce que vons puissiez le faire plusieurs fois de
suite; et enfin, pendant le saut, passez la corde trois
fois sous yos pieds au lieu de deux.
LEVER A BBAS TENDIT.
Élever une perche à bras tendu a été long-temps
considéré comme un tour supérieur : pour le faire,
le bras doit être étendu dans toute sa longueur, et la
perche ( très petite d'abord ) tenue les doigts en
haut, et élevée en ligue droite avec le bras.
SAUTER AVANT DE BEGABDEB..
On doit faire grande attention dans ce tour, aîusi
que dans celui de la chute, autrement on risque de se
blesser. Ayez une chaise qui soit forte, et en même
temps s! étroite dans le dos que vous puissiez la pous-
ser aisément ; asseyez-vous , poussez avec vos mains
la balustrade du haut, et avec vos genoux celle du
milieu, jusqu'à ce qu'elle se tienne sur ses jambes de
derrière; mais avant de perdre votre équilibre, sau-
tez de la chaise de manière à descendre sur la terre
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 107
tenant encore la balustrade du haut dans vos mains,
et le dos de la chaise entre vos jambes. Nous répétons
qu'il faut d'abord faire grande attention; mais après
un peu d'exercice, ce tour est très facile. Sans con-
fiance dans votre force, vous ne pourrez jamais le
faire : pour vous donner cette confiance nécessaire,
soyez sûr que des centaines de personnes ont réussi
à le faire.
LÀ BOÏILË DE BOIS.
Jeter la boule est une très bonne récréation. On se
sert pour cela d'une grosse balle de bois, dans laquelle
on perce plusieurs trous : placez le pouce dans un de
ces trous, et le doigt du milieu ou l'index dans un
autre, et lancez-la le plus loin possible. On se procu-
rera un modèle de la boule ordinaire dont on se sert
dans les allées droites (nous ne voulons pas parler de
celle dont on se sert pour les quilles). Le faiseur doit
cependant se rappeler qu'il faut diminuer ses dimen-
sions quand elle est trop pesante, et te trous trop
séparés, pour l'usage des enfans; on doit la propor-
tionner à l'âge des personnes pour lesquelles on la
fait. ,■, . H
l'iSSil UI TAKT41.E.
On peut produire une scène amusante en priant
quelqu'un de s'appuyer le dos contre un mur, et lors- '
qu'il est dans cette position , de ramasser une pièce
de monnaie jetée à peu de distance devant lui , et en
la lui offrant s'il peut le faire. Cela sera impossible,
Ui^tiseO Google
Io8 MANI7EL
parce qu'en s'avançant, une partie du corps doit
dépasser les talons, ce qne le mur empêchera dans
ce cas.
ÔTKR UKB CHAISE DE DESSOUS TOUS SAM TOMBER.
Un jeune homme, dont le derrière de la tête est
placé sur une forte chaise , a ses talons sur une autre,
et une troisième chaise, qui doit être plus légère, est
posée sous lui. Il doit roidir son corps et ses membres,
jeter la poitrine en haut, baisser les épaules, et dé-
gager la chaise du milieu, qu'il doit faire tourner
autour de son corps, jusqu'à ce qu'il la dépose de
nouveau sous lui , du côté opposé. C'est un de ces
tours qui semblent très difficiles, mais qui véritable-
ment sont très faciles à exécuter. Soyez sûr que si
vous ne réussissez pas , pourvu que la chaise du mi-
lieu ne soit pas trop pesante pour votre force, c'est
que vous n'avez pas bien suivi les instructions.
LE Ï0UR DE LA PELLE.
On fait ce tour avec une pelle à feu ordinaire, que
l'on doit tenir près du bout, entre les
doigts et le pouce, comme on le voit
ci-contre. On doit alors, par le seul
mouvement des doigts et du pouce, tâ-
cher d'élever la pelle en liant jusqu'à
ce que la partie mince Vienne dans la
main, pendant que 'la, pelle reste 'perpendiculaire
pendant toute l'opération, tes premières fois qu'on
s'efforce de le faire, on trouve (nia grande difficulté,
Digitized by Google
DES JEUNES CENS. j 0 g
parce que cela ne demande pas seulement dans les
doigts une force proportionnée au poids de la pelle,
mais encore un certain coup qu'on ne peut acquérir
qu'en s'exerçant. Nous avons tu quelques personnes
faire le tour de la pelle , en apparence sans la moindre
difficulté, tandis que d'autres, de force égale, ont
fait leurs plus grands efforts et n'ont cependant pas
réussi.
LA POULIE.
Attachez une poulie ordinaire à un morceau de
bois horizontal ou à la branche d'un arbre; passez-y
une corde ayant un morceau de bois eu croix à cha-
que bout; deux enfans prennent ces morceaux de
bois , un d'eux se couche sur le dos, et l'autre le tire,
s'abaissant lorsqu'il l;ve son compagnon; et ainsi
chacun s'élève et s'abaisse alternativement.
Digitized by Google
I TO
M,1NU£L
Fig. i. Fig. a.
LE VENTRE A LA BOtTCHEi
Beaucoup de personnes trouvent une grande diffi-
culté à faire ce tour. Mesurez la distance qu'il y a
entre le dehors du coude et le doigt du milieu, mar-
quez cette distance sur une règle , comme on le voit
dans la figure. On doit tenir la règle horizontalement
devant soi , comme dans la gravure ci-dessus , fig. i ,
le doigt du milieu placé juste sur la marque; les
doigts doivent être placés à angles droits sur la
règle, et le pouce sur eux, comme on le voit dans
la première position du bâton , fig. a. Tenant la règle
dans cette position, vous devez, sans changer la
place des doigls, baisser la téte ou éloigner le coude
de votre coté, en vous efforçant d'élever le bout
gauche du bâton du ventne à la bouche.
LE SOU ATTRAPE.
C'est un tour que plusieurs de nos jeunes amis
connaissent sans doute très bien ; il y en a d'autres
qui n'en ont jamais entendu parler, et conséquem-
Digrlized by Google
DES JEUNES GENS. I 1 1
meut nous eu donnons une courte description pour
ceux qui sont dans le dernier cas.
Placez deux, trois ou même quatre pièces d'un sou
en tas sur votre coude; retirez votre coude soudai-
nement, et amenez votre main un peu au-dessous de
l'endroit où était votre coude, et vous pouvez les
attraper toutes. Il est cependant impossible de le
faire , à moins que vous n'ameniez votre main exac-
tement sous la place de votre coude, et que vous ne
fassiez ce mouvement avec vitesse et dextérité.
LUS ÉCHASSES.
Marcher sur des échasses est l'habitude des ber-
gers des landes du midi de la France. Cette habitude
est acquise de bonne heure , et plus l'enfant est petit ,
plus ses échasses doivent être longues. Au moyeu de
cette singulière addition à la jambe naturelle, les
pieds sont garantis de l'eau, qui pendant l'hiver est
profonde dans les sables , et du sable échauffé pen-
dant l'été; ajoutez que l'étendue de la vue sur un
terrain si plat est beaucoup augmentée, et que le
berger peut voir ses moulons de beaucoup plus loin,
grâce à ses échasses. On construit aisément les
échasses : on se procure deux perches, et à quelque
distance de leur extrémité, on attache un nœud cou-
lant de cnirou de corde, on passe les pieds dedans,
les perches sont maintenues convenablement avec
les mains, et poussées par l'action des jambes. Une
meilleure manière de faire des échasses est de substi-
tuer un morceau de bois plat dans la partie snpé-
Digitized by Google
lia
MANUEL
rieure, au nœud coulant de cuir; le oied y pose, et
y est attaché par une courroie; on cloue aussi à
l'échasse un morceau de cuir ou de corde, et on I©
passe autour de la jambe juste sous le genou. Des
échasses faites de cette manière n'atteignent pas jus-
qu'aux mains, mais sont entièrement conduites par
les pieds et les jambes. Dans plusieurs endroits de
l'Angleterre, les enfans et les jeunes gens s'amusent
souvent à marcher sur des échasses.
Digitized by Google
DES JEUWES GEMS. Il3
L'ESCRIME.
Veui-tu que Ion fils acquière un port gracieux, un
abord brave; veux-tu rendre ses yeui perçaus comme
ceux du faucon ; veux-tu que ses jeunes membres défient
ceux des chevreuils agiles? qu'il apprenne le noble art
de l'escrime.
Hi.Mt.ET.
Dana le temps où une petite épée était vin ornement
indispensable rj»ur l a personne d'un gentilhomme,
il s'élevait quelquefois des objections contre la cul-
ture de l'art de l'escrime, comme tendant à engager
les jeunes gens dans des querelles et des duels ; mais
on ne peut k présent rien dire à ce sujet contre cet
art, l'usage de porter des épées, excepté parmi les
militaires, ayant depuis long-temps cessé, et les
duels étant aussi souvent décidés au pistolet rju'.i
Digitized by Google
il£ MANUEL
l'épée. L'art de l'escrime reste cependant comme un
moyen de procurer un exercice excellent, un amuse-
ment élégant, et de donner un port aisé et une dé-
marche gracieuse, aussi-bien qu'un coup d'œil d'une
justesse extraordinaire et une grande agilité de corps.
Il ne peut y avoir aucun doute sur ce mérite de 1 es-
crime : aussi la recoin ma nde-t-on souvent aux jeunes
gens, comme étant incontestablement, et sons tous
les rapports, un exercice supérieur à tous les autres.
FLEUBETS, MASQtfËS, ETC.
Les fleurets doivent être proportionnés à la taille
de ceux qui s'en servent. Huit à neuf décimètres est la
grandeur moyenne pour les hommes. Il est d'usage
de porter sur la main droite un gant , rembourré sur
]e dos et les dehors des doigts. Les masques doivent
avoir le devant en fllfi de métal, assez forts pour ré-
sister à un coup accidentel à la figure. On doit por-
ter un habit commode, et il est d'usage dans les aca-
démies d'avoir une marque ou un cœur du côté gau-
che de la poitrine de l'habit.
MANIERE r>E TEBIR LE FlfalBET.
La poignée doit être à plat dans la main, de ma-
nière que les deux bords soient presque horizontaux
lorsque vous vous mettez en garde; le pouce doit
être placé contre la partie plate supérieure de la poi-
gnée, à deux centimètres environ du bord, et le
pommeau doit rester sous votre poignet.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. I l5
GARDES ORDTKïIRES DE QUARTE El DE TIERCE.
Mettez -vous dans la première position, qui est
semblable à la troisième position en dansant, c'est-à-
dire le pied droit en avant et le talon avancé; mettez-
vous alors en garde ordinaire de quarte, en avançant
le pied droit à environ quinze centimètres du pied
gauche. Les deux talons doivent être sur la même
ligne. Tournez le poignet de manière que les doigts
puissent être en haut; que votre main soit dans la
même ligne que la partie la plus basse de la poitrine,
le bras non étendu, mais un peu courbé, et le coude
Incliné un peu au-dehors. La pointe de votre fleuret
doit être élevée d'à peu près quinze degrés, et diri-
gée vers la partie supérieure de la poitrine de
votre adversaire. Le bras gauche ( qui est nécessaire
pour balancer le corps dans ses différens mouvemens)
doit être élevé d'une manière demi-circulaire, dans la
même ligne que le front, la main ouverte d'une ma-
nière aisée, le pouce et l'index se touchant presque.
Votre corps doit être de côté, et la tête tournée vers
l'adversaire, de manière à voir votre pointe. Que
Digitized by Google
1 l6 MANUEL
l'équilibre du corps repose sur la jambe gauche;
tenez le genou gauche courbé et flexible , de manière
que tous puissiez vous incliner un peu en arrière ; le
genou droit doit être un peu courbé, et perpendicu-
laire à l'endroit sur lequel votre talon droit reste.
La position de la garde de tierce est semblable à
celle de quarte, seulement la main doit être un peu
renversée, de manière que les doigts soient à moitié
tournés en bas. Le bras doit être un peu étendu en
dehors , afin d'assurer ou de couvrir le côté extérieur,
et la pointe doit être comme en quarte.
BIfGAGEH FT DEGAGER.
Engager en quarte ou en tierce est vous opposer
à la lame de votre adversaire, soit en dedans, soit
en dehors, lorsque vous croisez ou que vous joignez
d'abord les lames en garde. Dégager se fait en chan-
geant avec dextérité la pointe de votre fleuret, d'un
côté de l'épée de votre adversaire à l'autre, c'est-à-
dire de quarte en tierce, ou réciproquement.
I.' AVANCE ET LA RETBAriE.
Pour avancer, portez le pied droit à la distance
de plus de trois décimètres , et que le pied gauche
arrive à l'instant à la même distance; ces deux mou-
vemens doivent être faits presque en même temps.
Que votre corps soit ferme et assuré , pendant que
vous avancez cinq ou six fois, et qu'il y ait une
courte pause entre chaque avance. Après avoir fait
cinq ou six pas en avant, observez si la distance et
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. I 17
la position de Totre garde sont exactement les mêmes
qne lorsque tous avez commencé. Dans la retraite,
le pied gauche fait le premier mouvement en arrière ,
et le pied droit le suit presque en même temps.
LES SIMPLES PARADES DE QUARTE BT DE TIERCE.
On les distingue de toutes les autres, parce qu'elles
défendent la poitrine , comme parades supérieures.
Pour parer en quarte, placez-vous en garde ordinaire,
et poussez votre main vers la gauche, ou en dedans,
à peu près à seize centimètres de garde, faisant un
tour graduel en haut avec le poignet , afin de rejeter
plus aisément la lame de votre adversaire; en même
temps, retirez votre main un peu vers votre corps,
afin que l'opposition soit plus grande.
La simple parade de tierce se fait aussi , de la garde
ordinaire, en poussant et en étendant le bras oblique-
ment en bas (ou en dehors) , les doigts renversés par
le tour graduel du poignet, en achevant la parade.
Elle pare le simple coup de quarte sur le bras et la
seconde. La distance de la main de la garde ordinaire
doit être de seize centimètres environ.. La pointe du
fleuret , voire corps et vos jambes ne doivent pas déviep
delà ligne de direction en faisant une de ces parades..
Digitized by Google
MANUEL
J.ES FARAI1ES DOCTAVB ET DE DEMI-CEHCLB.
Pour faire la parade d'octave, élevez la mai» aussi
haut que le menton , les doigts ne doivent pas être si
tournés que dans le demi-cercle ; le bras doit être bien
étendu , et pousse en dehors, à la distance de seize
centimètres; le poignet courbé autant que possible, de
manière à ce que la pointe soit dans la même ligne
que le côté de votre adversaire , faisant à peu près le
même angle du point de garde que le demi-cercle.
La parade de demi-cercle est utile contre les coups
de quarte basse, de seconde, le dégagement et le
coup de quarte sur le bras. Que votre corps soit prin-
cipalement incliné du coté gauche ; baissez la pointe ,
les doigts en haut, de manière à former un angle d'à
peu près quarante-cinq degrés avec la pointe de garde.
En même temps, étendez bien votre bras, élevez la
main aussi haut que la bouche , et poussez le bras en
dedans , à la distance de seize centimètres de la ligne
de direction de la garde ordinaire, de manière que la
pointe puisse apparaître à l'oeil, lorsque vous regar-
dez le bras. ( forez la gravure.)
Digilized by Google
I.BS SIMPLES P4HADES DU SECONDE ET DE PK1MF..
Ou ne se sert pas de ces deux parades aussi sou-
vent que des quatre précédentes. La seconde est très
bonne contre les coups de quarte basse et de seconde.
Pour la faire de quarte en tierce , les doigts et le poi-
gnet doivent être tournés en bas, la pointe baissée,
et la main poussée en dehors , connue dans la parade
d'octave. L'étendue de la pointe de garde est aussi à
peu près la même chose que dans la parade d'octave ,
et l'inclinaison de la lame doit former l'angle de qua-
rante-cinq degrés. {Voyez la gravure.)
La prime se fait les doigts tournés en bas , la main
élevée plus haut que la bouche et poussée en dehors,
de la même manière que dans le demi-cercle. Le bras
doit être bien tiré vers le corps, et le poignet baissé,
de manière que la pointe puisse être plus baissée que
dans toute autre parade basse.
Digitized by Google
DES JEUNES GEMS. 121.
Poussez alors profondément le coup eu quarte eu
vous fendant à une dislance proportionnée à votre
tailie. Votre bras gauche doit être placé à côté du
flanc , à la distance de sept à huit centimètres , et tou-
jours élevé lorsque vous vous remettez en garde, afin
de donner de la grâce et de l'équilibre à vos mou-
vemens. Le corps doit être un peu incliné en avant ,
la tête droite, regardant en dehors vers l'épaule, de
manière à bien voir la pointe. En approchant de la
poitrine de votre adversaire , opposez une résistance
graduelle contre son fleuret , en dedans , afin de vous
couvrir en vous fendant. Pliez le geuou droit, et qu'il
soit perpendiculaire avec votre talon, le geuou et la
cuisse gauche étendus, et le pied fixé fortement sur
la terre.
Pour vous relever avec aisance, appuyez-vous sur les
talons des deux pieds, la plus grande force d'abord
sur le droit, puis sur le gauche ; en ployant le genou
gauche en même temps , et inclinant le corps en ar-
rière , vous vous mettez en garde. Le coup de quarte
sur le bras se fait comme le coup de quarte de de-
dans, par un dégagement en tierce, la seule diffé-
rence est que la tête est élevée droite en dedans, et
la main bien poussée en dehors , afin d'être bien cou-
vert. Le coup de tierce ne diffère du coup de quarte
sur le bras , qu'en ce qu'on renverse le poignet , et
qu'on Élève bien la main qu'on pousse en dehors.
I. 1 1
Digitized by Google
122
MANUEL
COUPS DE QUARTE BASSE, D*OCTAVR, DE SBCOHDB
ET DE PBIME.
La quarte basse, appelée quelquefois coup de demi-
cercle, se fait après la parade de demi-cercle, et de
la même manière que le simple coup de quarte , seu-
lement la main et la pointe doivent être fixées plus
bas. C'est un très bon coup, si votre adversaire a
souvent recours à ses hautes parades.
Le coup d'octave se fait après la parade d'octave ,
sur le coté ou sur le ventre, le bras bien poussé en
dehors. Si vous parez le coup de votre adversaire en
octave , le coup que vous rendrez sera naturellement
le coup d'octave, qui pent en même temps le tou-
cher avec l'extension seule, sans vous fendre.
Le coup de seconde se fait après la parade de tierce,
ou lorsqu'on est engagé en tierce, en baissant votre
pointe sous le poignet de votre adversaire, les doigts
en bas; fendez-vous, et donnez le coup sur le côté.
La prime est le coup naturel de retour, après avoir
paré le coup de votre adversaire, lorsqu'il s'est trop
avancé, en poussant vigoureusement sur vous. Ce
n'est qu'une extension du bras, de l'opposition de la
parade à la poitrine de votre adversaire, les doigts
étant baissés. Le bras doit être bien élevé et poussé
en dedans.
VARIATIONS El LBCOWS SUR MGiGER ET DEGAGER ,
AVANCER ET RECULER , PABAOES SIMPLES , ET COUPS
DE QUARTE ET DE TIERCE.
Supposez que vous êtes engagé en quarte avec un
Digitized by Googli
DES JEUNES GENS. 123
adversaire, il recule, vous avancez, bien couvert en
quarte ; il recule encore , vous avancez avec un déga-
gement en tierce, et ainsi de suite alternativement,
ayant soin d'être bien couvert à chaque engagement ,
votre avance et sa retraite doivent se faire en même
temps; de la même manière, vous pouvez reculer
pendant qu'il avance. Dans l'engagement de quarte ,
votre adversaire donne un coup en quarte, parez-le
en faisant la parade de quarte, et en retour, donnez
le coup droit de quarte. Il pousse droit de la même
manière, parez aussi en faisant la parade de quarte;
en retour , donnez le coup de quarte sur le bras , en
dégageant en tierce. En engageant en tierce, il dé-
gage, et pousse quarte en dedans; parez par la pa-
rade de quarte, dégagez, et poussez quarte sur le
bras, il pare et retourne en tierca , ce que vous parez
par une parade de tierce, et fendez-vous profondé-
ment avec un coup droit de tierce.
J.EI.OSS ET VARIATIOKS DU DEMI-CERCLE, QUARTE
BASSE ET OCTAVE.
En engageant en quarte, baissez votre pointe, et
donnez le coup de quarte basse. Dans le même enga-
gement, votre adversaire pousse profondément, parez
par la parade de quarte , et donnez un retour du coup
en quarte basse. Dans le même engagement, dégagez
en tierce , et ponssez quarte sur le bras ; il le pare par
sa parade, et rend un coup dégagé de quarte, que
vous parez par la parade de quarte; alors baissez
votre pointe vivement , et donnez-lui un coup de
Digitized by Google
I 24 MANUEL
quarte basse. En engageant en tieroe , votre adver-
saire, en dégageant, s'efforce de donner un coup de
quarte basse, parez en faisant la parade d'octave
(f, la grav.) , et faites un vif retour du coup d'octave.
En engageant en quarte, il pousse quarte basse,
parez en octave, formez a l'instant votre extension,
fixez bien votre pointe à son corps , et vous pouvez,
presque être sûr de le toucher. ( Voyez la gravure.)
En engageant en quarte, il dégage en tierce et
pousse; parez par la parade de tieroe, renverser,
alors vos doigis en haut , et rendez un coup d'octave.
Digilized Google
DES JEUNES GENS. I aS
Dans le même engagement , il pousse quarte basse ,
parez, en faisant la parade de demi-cercle, donnez
alors un coup d'octave , en dégageant sur le bras , ce
qu'on appelle ordinairement un contre-dégagement.
lEÇOKS BT V4HI*irOMS OB PRIME ET DE SECONDE.
En engageant en tierce, votre adversaire avance
dans sa mesure, et donne un coup de tierce ou de
quarte sur le bras, parez son coup par la parade de
prime, et rendez le coup de prime. { Voy. la grav.)
Dans le même engagement, il avance, dégage et
pousse fortement en quarte; baissez votre pointe, et
parez en prime; dégagez alors sur son bras, et ren-
dez votre coup de seconde.
Dans l'engagement de quarte, il dégage, et pousse
quarte sur le hras ; parez en simple tierce , et rendez
un coup de tierce, il avance, pendant que vous re-
culez, dans sa mesure, forçant sur la lame; faites
votre parade de prime , et donnez un vif retour du
coup de prime. Dans le même engagement, il dé-
gage encore, cl pousse quarte sur le bras; parez en-
Digitized by Google
1 26 M AN DEL
tierce, et rendez le coup de tierce; il force un coup
sans avancer, parez en prime, dégagez alors sur le
bras, et rendez votre coup de seconde.
I.E SiLTJT.
Placez-vous en garde; engagez la lame de votre
adversaire en dehors , sous forme de compliment.
Priez-le de tirer d'abord à vous ; baissez votre pointe
en renversant les doigts en has , avec un mouvement
circulaire. Mettez votre pied droit derrière le gau-
che , tendant les jarrets. Élevez le bras droit , et avec
la main gauche ôtez votre chapeau gracieusement;
faites alors un mouvement circulaire avec le poignet,
les doigts en haut, pendant que vous avancez votre
pied droit, formant l'extension convenable. Votre
adversaire fait les mêmes mouvemens en même temps
que vous; mais, au lieu de faire l'extension, il se
fend profondément, comme s'il allait pousser quarto
en dedans , afin de prendre sa mesure , présentant sa
pointe à peu de distance de votre corps , pendant que
vous restez découvert dans l'extension.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 127
Lorsque votre adversaire reprend sa position après
avoir pris sa mesure , vous reprenez aussi ia vôtre en
mettant le pied ou le talon droit à côté du gauche ,
la main droite bien étendue et élevée , les doigts en
haut et la pointe pendante ; la main gauche en forme
Je demi-cercle, comme si on était en garde; votre
chapeau placé dans la main avec aisance et grâce , la
tête haute et les jarrets tendus. Dans cette attitude,
saluez d'abord en quarte en faisant cette parade :
saluez alors en tierce, en faisant ia parade de tierce.
Enfin , faites un mouvement circulaire avec le poi-
gnet , en baissant la pointe en tierce; à ce moment,
mettez votre chapeau, et mettez-vous en garde de
Lorsque c'est votre tour de pousser, le salut ne
diffère qu'en un point du précédent; c'est-à-dire,
au lieu de faire l'extension et de découvrir le corps ,
vous vous fendez profondément de la première posi-
tion du pied droit derrière le gauche, en quarte;
alors reprenez la seconde position eu plaçant le pied
ou le talon droit à coté du talon gauche, et finissez
par les antres mouvemens. Tous ces mouvemens
doivent se faire aisément , avec grâce , et sans
précipitation. Après avoir fait le salut , et étant en-
gagé en quarte, votre adversaire, pour répondre à
votre politesse , pouâse à votre poitrine en dégageant
en tierce, et poussant quarte sur le bras. Observez
que le poignet n'est jamais renversé lorsqu'il dégage ;
parez en faisant la parade de tierce. Baissez alors la
pointe pour vous accoutumer à faire le retour de
Digitized by Google
138
MANUEL
seconde, qu'on peut appeler la gréée de la parade de
tierce. Restez dans cette grâce jusqu'à ce que Totre
adversaire se mette en garde ; joignez alors sa lame
en tierce : il dégage en poussant quarte en dedans ,
parez en faisant la parade de quarte.
La grâce ou l'ornement doit se faire après cette
parade , pendant que votre adversaire se fend , en
tenant le fleuret flexible dans votre main, la pointe
en bas, tenant voire main dans la même direction
que s! vous étiez couvert par la parade.
Votre adversaire, après avoir poussé tierce et
quarte alternativement , commence le salut ; et , pen-
dant qu'il est en extension, vous prenez la mesure
en vous fendant en quarte. Ayant joint les lames en
quarte, dégagez, et poussez quarte sur le bras; il
joint encore votre lame en tierce , dégagez , et pous-
sez quarte en dedans.
Il pare en quarte ; laissez alors la lame et la pointe
voler librement sur la main, tenant votre fleuret
entre le pouce et les deux premiers doigts , afin de
Digitized by Google
DES JEUNES CENS. I ?.()
■voir Votre adversaire au travers de l'angle fait de
cette manière. C'est la grâce , en se fendant en quarte
en dedans.
LES COKTBE-PiBiDES DK QUARTE ET DE IIBHCH.
La contre-parade de quarte est estimée une des
plus essentielles , en ce qu'elle rend inutile une foule
de coups, pare le dégagement sur le bras , eic. Afin
de la faire pendant que votre adversaire dégage,
suivez sa lame fortement, avec un petit cercle, tout-
à-fait du mouvement du poignet, par lequel vous
joignez toujours sa lame en quarte; s'il fait un coup
en dégageant, parez, en vous couvrant graduelle-
ment, par la parade de quarte, après avoir suivi sa
La contre-parade de tierce se fait d'une ma-
nière semblable à la contre-parade de quarte , seu-
lement le cours de la pointe est renversé. Par
exemple, voire adversaire dégage en quarte, ayant
le dessein de pousser quarte en dedans; suivez de
près sa laine , avec un petit cercle fait par le mouve-
ment du poignet en tierce ; étendez votre bras, et
donnez à sa lame un coup fort et brusque , lorsque
vous la dépassez ou que vous la joignez en tierce. Le
cours de la pointe , en faisant la contre-parade de
quarte, est de gauche à droite; et dans la coutrc-
parade de tierce , c'est le contraire.
Digitized by Google
ï3o MANUEL
COHTRE-DBG1CEMENS d'oCTAVE ET DEMI-CERCLE.
Le contre -dégagement d'octave peut se faire après
que votre adversaire a poussé en seconde, et que
vous avez paré en demi-cercle ; quand il se replace,
contre-dégagez, et poussez en octave. {T'oyez la
gravure. )
Pour mieux décrire le contre -dégagement d'oc-
tave, on l'exécute aussi en faisant d'abord une feinte,
comme si vous aviez l'intention de pousser octave ;
l'adversaire pare naturellement en faisant sa parade
d'octave : dégagez sur le bras quarte en dedans, et
donnez ou ce coup ou le coup de quarte basse.
Le contre- dégagement de demi-cercle se fait eu
engageant en quarte, lorsque votre adversaire s'ac-
coutume à prendre la parade de demi-cercle , en fai-
sant d'nbord une feinte, comme si vous vouliez
pousser quarte basse , ce qu'il s'efforce de parer en
demi-cercle ; alors dégagez agilement sur son bras ,
et donnez votre coup d'octave.
Digirized by Google
DES JEUNES GENS- 1 3 1
LUS COMTE E-DEGAGBMEKS DE PRIME ET DE SECONDE.
On se sert rarement du contre- dégagement de
prime dans les attaques ; mais , approchant si près de
la parade et du coup de prime , nous le décrirons
ici. Il se fait en engageant en tierce, en forçant sur
la lame de votre adversaire ; s'il s'engage dans la
parade de prime, dégagez alors vivement sur son
bras, et donnez votre coup de seconde.
On peut se servir plus souvent du contre-dégage-
ment de seconde; on le fait de l'engagement de
quarte", en baissant votre pointe, en faisant une
feinte, comme si vous vouliez pousser prime. Votre
adversaire pare, en faisant la parade de seconde;
dégagez alors sur son bras, et donnez votre coup en
vous fendant en prime.
LEÇONS ET VAHIATIOKS SUR LES COHTBE-PARADES DE
QUARTE ET DE TIERCE, ET LES COMTEE-DEGAGE-
En engageant en quarte, dégagez, et poussez
quarte sur le bras ; votre adversaire pare en faisant
la contre-parade de quarte. En se remettant, il dé-
gage à son tour, et pousse quarte sur le bras ; parez
par la contre-parade de quarte, etc , dégageant et
parant alternativement , vous fendant toujours com-
plètement en poussant , et vous mettant bien en
garde en formant les contre- parade s. Que vos mou-
vemens soient lents et exacts en commençant, et
animez-les graduellement. Exercez-vous à engager
Digitized by Google
I 32 MANUEL
en tierce de la même manière , d'abord en dégageant
et poussant quarte en dedans ; ce qu'il pare , en fai-
sant la contre-parade de tierce. En retour, il dégage
et pousse quarte en dedans ; ce que vous parez par la
contre-parade de tierce , etc. , poussant et parant
comme ci-dessus , jusqu'à ce que tous animiez vos
mouvemens avec toute l'exactitude possible.
En engageant en tierce , si votre adversaire pousse
octave ou quarte basse, vous pouvez parer en oc-
tave ; contre-dé gagez alors , et donnez un coup de
quarte basse. Dans le même engagement , il contre-
dégage , et pousse quarte basse , que vous pai%z par
la contre-parade d'octave , et rendez-en le coup. Dans
le même engagement, il contre-dégage de nouveau;
ce que vous parez en faisant d'abord la parade d'oc-
tave. Alors, faisant la parade.de demi-cercle vite
après l'autre, et lorsqu'il se remet, contre-dégagez ,
et poussez oclave.
Dans l'engagement de tierce , avancez dans la
mesure, forçant sur la lame de votre adversaire ; il
fait la simple parade de prime, contre-dégage/,, et
poussez seconde. Dans le même engagement, il
avance, force, et contre-dégage comme ci-dessus ;
mais parez son coup de seconde par la parade de
prime, et rendez-en le coup. Dans le même engage-
ment, il contre-dégage ; suivez sa lame par la contre-
parade de prime. S'il s'efforce de doubler ou de
dégager de nouveau, arrêtez -le en faisant la simple
parade de seconde.
En engageant en quarte , contre-dégagez pendant
Digitized by Google
DES JE UNES CENS.
i33
que votre adversaire esl en seconde, et poussez
prime. Dans le même engagement, il contre-dégage
lorsque vous êtes en seconde ; parée par voire parade
de seconde , rendez alors un coup vif de seconde ; ou
si , dans le même engagement , il fait un coup vif de
seconde, vous pouvez le parer en demi-cercle, et
rendre le coup de quarte basse. Dans le même enga-
gement, il contre-dégage; répondez à ses mouvemeus
en faisant les parades de seconde et de prime, contre-
dégagez , alors , lorsqu'il se remet , et donnez un
coup de seconde.
FEINTES.
On se sert des feintes pour obliger son adversaire
à se découvrir. La simple feinte une , deux , se fait de
deux dégagemens séparés, en engageant soit en
quarte on en tierce , lorsque votre adversaire pousse
ses simples parades. Si vous êtes engagé en quarte ,
dégagez très peu en tierce ; dégagez alors vite en
quarte, et donnez-en le coup. En engageant en
tierce, dégagez d'abord en quarte, dégagez alors en
tierce , donnant le coup de quarte sur le bras.
La feinte seconde, quarte sur le bras, se fait lors-
qu'on est engagé en tierce , en baissant votre pointe;
et , renversant les doigts comme si vous vouliez
pousser seconde , tournez-les alors vite en haut , et
donnez le coup de quarte sur le bras. Dans le même
engagement , vous pouvez faire la feinte de seconde ,
et pousser quarte en dedans s'il y a une ouverture.
Les feintes une, deux, trois, se font de trois déga-
I. 12
Digitizad by Google
1 34 MANUEL
gemens séparés, en engageant soit en quarte ou en
tierce. En engageant en quarte, faites la feinte une,
deux , comme ci-dessus ; si votre adversaire fait sa
simple parade de quarte , marquez vivement votre
troisième dégagement en poussant quarte sur le bras.
En engageant en tierce, dégagez trois fois, et donnez
votre coup de quarte en dedans.
COUP SUR 1.1 POINTE.
Faites un coupé ou coup sur la pointe lorsque
vous vous apercevez que votre adversaire tient sa main
trop bas , et que sa pointe est élevée en garde. Pour
le faire de quarte en tierce , élevez votre pointe avec
le mouvement supérieur du poignet, bien sur la
pointe de votre adversaire, sans ôter votre bras de la
ligne de direction , faisant en même temps votre ex-
tension , et donnez votre coup de quarte sur le bras.
De la même manière, vous pouvez faire des coups
sur la pointe , en engageant en tierce , lorsque votre
adversaire tient sa pointe haute.
Faites le.coup du poignet lorsque vous voyez que
votre adversaire est lent à h riposte , après que vous
vous êtes fendu en poussant, comme dans l'engage-
ment de quarte; supposez que vous poussez quarte
sur le bras, que votre adversaire pare naturellement
en tierce simple; appuyez avec quelque force sur sa
iame , et comme vous vous remettez en garde , don-
nez-lui un coup du poignet en seconde.
jitized by Google
DES JEUNES GENS.
i35
Cela se fait quand votre adversaire se fend en
poussant : vous devez parer assez vigoureusement
pour jeter son bras hors de la ligne de direction ;
alors, avec toute la vitesse possible , étendez le bras,
et rendez-lui un coup droit , avant qu'il ait le temps
de se remettre. Si l'extension du bras n'est pas a por-
tée, servez-vous de voire extension complète de la
jambe et du bras.
APPELS, COUPS SUE LA LAME , ET GLISSAUES.
Ces appels , coups , et glissades tendent à vous faire
tenir ferme en garde, à embarrasser votre adversaire,
et à le forcer à se découvrir; on peut les faire avant les
simples coups, feintes, ou contre-dégagemens , etc.
Un appel, ou coup de pied, se fait en engageant en
quarte ou en tierce, en élevant soudainement , et
laissant tomber le pied droit, avec un coup au même
endroit , en prenant soin de ne pas balancer le corps,
et de rester bien en garde.
Le coup sur la lame est de toucher brusquement la
lame de votre adversaire, de manière à l'ébranler, et
à avoir des ouvertures pour pousser. S'il résiste au
coup, dégagez de suite, et poussez profondément.
S'il fait une simple parade, faites la feinte une, deux;
ou s'il fait une contre-parade , contre -dégagez en
double.
Les glissades font glisser légèrement votre lame
contre celle de votre adversaire , formant en même
Digitized by Google
1 36 MANUEL
temps l'extension du bras, oul'extensioncomplète, en
ménageant votre corps , de manière à être sûr de ses
coups, ainsi que des vôtres. Si vous êtes engagé en
quarte, il est hors de doute qu'une vive avance et
une glissade vous donneront quelques ouvertures ,
soit pour faire des feintes ou autrement.
LE C0TTP * TEMPS.
On fait ce coup lorsque l'adversaire est lent. En
vous efforçant de faire ce coup, couvrez-vous bien,
en vous opposant graduellement et fortement à h
lame de votre adversaire : il ne peut y avoir de dan-
ger de vous exposer à un coup entre-changê , c'est-o-
diro, un coup en même temps ou coup fourré.
I.EÇOHS ET VÀBIÀTIOHS DES FEIJ1TES , APPELS, ETC.
En engageant en quarte, faites la feinte une, deux,
et poussez quarte en dedans. En engageant en tierce ,
faites la feinte une, deux , et poussez quarte sur le
bras; en engageant en quarte, faites une feinte sur le
bras , et poussez quarte basse. Dans le même engage-
ment, faites la feinte sur le bras, renversez le poignet,
et poussez seconde.
Sur l'engagement de tierce, faites la feinte de se-
conde, renversez le poignet, et poussez quarte sur le
bras. Dans le même engagement, faites la feinte de
seconde, et poussez quarte en dedans. Sur l'engage-
ment de quarte, en essayant la feinte une, deux, s'il
la pare par sa contre-parade de quarte, contre-déga-
gez, et iloime/, le coup de quarte sur le brag.
Sur l'engagement de quarte , supposez que votre
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. t 37
adversaire tienne sa gaide liasse et sa pointe haute,
faites un coup sur la pointe, formant votre extension,
et poussez quarte sur le bras. Sur rengagement de
quarte, donnez un coup sur la pointe, s'il se sert d'une
simple parade , dégagez, et poussez quarte en de-
dans. Sur l'engagement de tierce , si voire adversaire
tient sa main basse , et sa pointe haute, faites un coup
sur la pointe, et poussez quarte en dedans. Sur k
même engagement, faites deux coups sur la pointe ,
et donnez le coup de quarte sur le bras. Sur le même
engagement, faites deux coups sur la pointe , déga-
gez alors , et poussez quarte en dedans. Sur le même
engagement , faites un coup sur la pointe, et marquez
alors les feintes une, deux , et poussez quarte en dedans.
Sur l'engagement de quarte, dégagez en tierce,
et poussez quarte sur le bras; si votre adversaire fait
sa simple parade de tierce , et qu'il soit lent à faire
un retour, donnez-lui avec le poignet un coup de
seconde; lorsque vous vous remettez sur l'engage-
ment de tierce, dégagez, et poussez quarte en de-
dans ou quarte basse. S'il pare en octave , dégagez
sur le bras lorsque vous vous remettez , et donnez-
lui un coup de quarte basse. Sur l'engagement de
quarte, dégagez, et poussez seconde; s'il pare en
tez, et poussez prime. Sur l'engagement de tierce,
forcez sur sa lame , dégagez, et poussez quarte basse;
il pare en prime; et s'il est lent à faire un retour,
donnez avec le poignet le coup dû seconde lorsque
vous vous remettez.
Digirized by Google
1 38 MANUEL
Sur l'engagement de quarte, découvrez-vous un
peu ; s'il marque la feinte une , deux , et pousse , for-
mez votre contre-parade de quarte. Donnez-lui alors
avec le poignet un vif retour de quarte basse , en
formant l'extension complète. Sur l'engagement de
tierce , de la même manière , donnez-lui quelques ou-
vertures; s'il marque la feinte une , deux , et pousse,
faîtes votre contre-parade de tierce ; et , dans l'exten-
sion , donnez-lui un coup de seconde. Sur l'engage-
ment de quarte, s'il fait les feintes basses et les coups,
faites la parade de demi-cercle , et rendez un coup
droit sur l'extension avant qu'il se replace.
Sur l'engagement de quarte , faites un appel ou
coup du pied droit , battant brusquement en même
temps la lame de votre adversaire ; ce qui votis don-
nera une ouverture pour pousser quarte droit et
profondément. Sur le même engagement, faites un
appel, baltez sa lame; dégagez alors, et poussez
quarte sur le bras. Sur l'engagement de tierce , faites
un appel , battez sa lame, et poussez quarte ou tierce
sur le bras. Sur le même engagement, faites un
appel, battez sa lame; dégagez alors, et poussez
quarte en dedans. Sur l'engagement de tierce, faites
votre appel , dégagez en quarte en battant sa lame ,
et poussez quarte en dedans.
Sur l'engagement de tierce, faites une glissade sur
sa lame avec l'extension; s'il ne se couvrait pas,
donnez un coup droit de quarte sur le bras. Sur
rengagement de quarte, faites une glissade, baissez
votre pointe, et donnez un coup de quarte basse. Sur
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 13g
l'engagement de tierce, faites une glissade, baissez
votre pointe sous son poignet, et donnez un coup
d'octave.
Sur l'engagement de tierce, il dégage en quarte,
dégagez contrairement , et poussez profondément
quarte sur le bras. Sur l'engagement de quarte,
lorsque vous trouvez que votre adversaire tient sa
main trop bas en garde, et dévie des règles de
garde, saisissez l'ouverture en poussant quarte droit
et profondément. Sur l'engagement de tierce, ayant
la même occasion, donnez le coup de quarte sur le
bras, droit et profondément.
Sur l'engagement de quarte, votre adversaire dé-
gage en tierce, à l'instant dégagez contrairement,
c'est-à-dire en quarte, et poussez profon dément.
( Voyez la gravure. )
Toutes ces leçons doivent être faites avec attention ,
répétées souvent, et l'élève doit s'exercer toujours
avec un adversaire qui ait autant d'habitude, exécutant
Digitized by Google
lijo MANUEL
tous les coups, feintes, contre-dégagemens , etc.,
pendant que l'autre reste en garde, faisant usage des
parades nécessaires, etc. Il doit alors, en retour,
faire les mouvemens pratiques, afin que tous les deux
puissent faire des progrès mutuels dans cet exercice.
I.B SALUT AVAÏI LES ASSAUTS.
Sur l'engagement de tierce , faites deux vifs appels
ou coups du pied droit ; amenez-le derrière le
gauche près de la cheville, étendant et élevant votre
bras droit les doigts en haut, et la pointe de votre
fleuret baissée; en même temps, ôtez votre chapeau
gracieusement , et tenez-le dans la main gauche, éten-
due près du flanc, alors avec un mouvement circu-
laire du poignet, comme si vous formiez la contre
de tierce, reculez votre pied gauche à la distance de
la garde ordinaire, et élevant la main gauche , faites
deux autres appels, avancez votre pied gauche duos
la première position, c'est-à-dire devant le droit,
près de la cheville , en même temps , étendez votre
bras, les doigts en haut, comme avant, et dans cette
position, faites gracieusement les parades de quarte
et de tierce, faites un mouvement circulaire avec le
poignet, et avancez vivement le pied droit a totre
première garde, couvrant en même temps votre téte.
Tous les mouvemens de ce salut doivent être faits
plus vite que dans le salut avant de pousser quarte et
tierce; observez aussi que ces mouvemens doivent se
faire exactement eu même temps que ceux de votre
ad versai ne.
Digirized by Google
DLS JEUNES GENS. 1 4 I
DÉSARMER.
Après avoir paré le coup de votre adversaire en
quarte simple ou par le contre de quarte, sans quit-
ter sa Jame , appuyez brusquement dessus, et la res-
serrant avec la vôtre, renversez le poignet, les doigts,
comme en seconde, et avec ce mouvement , donnez
à sa lame un coup brusque. ( Foyez la gravure. )
Si cela ne le désarme pas, cela jettera su main et
sa lame hors de la iigne de direction, de manière
que vous pouvez effectivement fixer votre pointe, et
lui donner un coup de seconde.
Aussi, après avoir paré en simple tierce, croisez sa
lame avant qu'il se remette; faites un mouvement
circulaire hnisque et fort, en seconde, avec votre
poignet, sans quitter sa lame, et cela ou le désar-
mera, ou vous donnera une ouverture pour lui don-
ner un coup.
Digitizsd by Google
1^2 MANUEL
OBSERVATIONS PRATIQUES.
Prenez un air hardi et une position assurée; fixez
bien vos yeux sur ceux de votre adversaire, de ma-
nière qu'il ne puisse pas pénétrer votre dessein , et
tenez la mesure et la distance convenable. C'est une
cbose très essentielle dans les assauts, que ces dispo-
sitions; à cet effet, observez la taille de votre ad-
versaire, la longueur de son fleuret, etc., et faites
les dispositions nécessaires en conséquence. S'il dé-
gage souvent, bat votre lame, et vous embarrasse
autrement, afin d'avoir des ouvertures, vous pouvez
saisir l'occasion de donner un coup de temps, ayant
soin de vous bien couvrir, en vous opposant forte-
ment à sa lame. Sur l'engagement de quarte, par
manière de pïége, tenez votre pointe plus haute
çu'à l'ordinaire; s'il veut donner un coup sur la
pointe, dégagez h l'instant contrairement, et poussez
quarte en dedans, ou vous pouvez, de préférence,
donner un coup droit de quarte sur le bras. ( Voyez
la gravure. )
Digitizsd by Google
DES JEUNES GENS. 1^3
Ne vous pressez pas trop en Taisant vos coups de
retour, car, en se pressant trop, les élèves contrac-
tent une habitude de rendre leurs coups en croisant
le bras , ce qui est tout-à-fait erroné. Faites vos pa-
rades avec justesse, et accoutumez- vous d'abord A
faire des retours droits sans dégager. Si vous voulez
rendre un coup en dégageant , vous devez le faire au
moment où votre adversaire se remet , il doit venir
du mouvement du poignet , et non en croisant le bras.
La distance de voire garde doit être modérée ; six à
sept décimètres est la distance pour les hommes ; par
une garde trop large, vous tenez votre adversaire à
une trop grande distance, et vous n'avez pas la force
nécessaire pour jeter votre corps assez en arriére lors-
cju'il avance et se fend ; vous ne pouvez pas non plus
reculer ni faire des retours avec la vitesse nécessaire,
la partie la plus basse du corps est aussi plus exposée
qu'en garde moyenne et convenable.
Ne vous fendez jamais trop, car cela vous empêche
de vous remettre en garde avec la vitesse nécessaire.
Efforcez-vous toujours de vousremettrevite, et aussi
aisément que possible, fixant votre pointe au corps
de votre adversaire , et formant la parade la plus
naturelle, en cas qu'il fasse un vif retour; si vous
êtes engagé avec un adversaire de plus petite taille,
attaquez-le sur l'engagement de tierce, comme étant
plus avantageux pour une foule de feintes et de coups
que l'engagement de quarte, particulièrement pour
la feinte en seconde sur le bras, etc.
Si votre advtrsaire avance dans sa mesure , et force
,/£ MANUEL
en coup droit quarte sur le bras ou en tierce , élevez
et courbez alors votre bras, faisant la parade de
prime , et rendes vite un coup droit de prime avant
qu'il se reinette, ou si vous n'avez pas assez d'ouver-
ture, dégagez sur son bras, et donnez un coup de
seconde.
Lorsque vous commencez l'assaut, vous pouvez
engager sa lame hors de mesure en quarte, comme
étant plus aisé que les autres engagemens, pour exé-
cuter vos mouvement différens. {Voyez la gravure.)
Lorsque vous engagez la lame de voire adversaire,
agissez sur la défensive pendant quelque temps , afin
de découvrir quelles sont les feintes ou les coups qu'il
préfère. Changez vos parades autant que possible,
afin qu'il ne puisse pas à son tour s'assurer de celles
que vous préférez; car, si un bon élève est jugé
préférer une parade à une autre, il peut être trompé
avec beaucoup moins de peine qu'on ne pourrait le
croire, et lonrlié quelquefois par une personne beau-
coup moins habile que lui. Un élevé, cependant,
doit faire toutes les parades, et les changer constam-
Digitized by GoOgI
DES JEUNES CENS. lfô
ment, ou au moins aussi souvent qu'il en a l'occasion.
Il doil s'efforcer d'aller des hautes parades aux basses,
et des dernières aux premières, avec toute l'agilité
possible, jusqu'à ce que, par l'exercice, il soit ca-
pable de parer presque tous les coups.
Si tous engagez la lame en quarte, couvrez un
peu votre dedans, et si vous engagez la lame en
tierce, couvrez votre dehors, pour empêcher des
coups droits sur ces cngagemens. Lorsque vous atta-
quez , il est bien de dégager avec dextérité eu dehors
et en dedans, formant votre extension comme si
vous vouliez pousser ; si cela ne vous donne pas quel-
ques ouvertures , cela sera, selon toute probabilité, les
moyens de savoir les parades préférées par votre ad-
versaire. S'il ne se sert que des simples parades,
vous pouvez le tromper aisément en faisant les feintes
une, deux,, ou une, deux, trois. Si c'est un tireur
habile, et qu'il se serve de diverses co n ire- parades ,
Vous devez vous efforcer de l'embarrasser par des
appels, coups sur la lame, extensions, glissades,
contre-dégagemens,etc.
Pour teripiner, nous recommandons à nos jeunes
lecteurs de faire leurs exercices d'escrime avec dou-
ceur et décorum l'un vers l'autre, s'efforçant en
même temps de faire toutes leurs parades , etc. , avec
élégance et précision. Qu'ils montrent aussi peu de
gêne que possible , et aucune crainte , autrement ou
pourrait avec assez de justesse comparer leurs assauts
à une querelle entre la souris et la grenouille.
i. i3
Digitized by Google
ifô MANUEL
LA NATATION.
Cest le meilleur exercice pour la santé ; le bon
rafraîchissement des chaleurs de l'été.
Thomsoit.
Il est certain que l'homme a tous les moyens re-
quis pour nager, et pourrait traverser des eaux pro-
fondes comme tons les autres animaux , s'il n'était
privé de l'usage de ces moyens par la crainte, l'effet
du préjugé, de la précipitation ou de l'impatience.
Le courage a souvent aidé quelques personnes à na-
ger au premier effort, pendant que la timidité en a
empêché d'autres pendant long-temps d'être capables
de se laisser flotter, même pour quelques momens.
La natation est maintenant devenue un art, et on
peut donner, pour le pratiquer, plusieurs règles , à
l'aide desquelles et d'un peu d'exercice l'enfant le
plus timide peut acquérir facilement le plaisir déli-
cieux de jouer dans le courant argenté. Indépendam-
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. ifa
ment de ses avantages comme exercice fortifiant et
bon pour la santé, l'humanité seule, ou le plaisir de
n'être pas seulement capable de sauver sa vie, mais
encore celle îles autres, doit certainement être un
motif assez puissant pour acquérir de la dextérité
dans cet art très utile. Lorsqu'on considère que notre
pays a l'Océan pour frontières, et que, dans l'inté-
rieur, il n'y a pas un pays dans le monde plus abon-
dant en rivières, ruisseaux, lacs et canaux artificiels;
lorsqu'on se rappelle que l'Angleterre est la première
puissance maritime du monde, il petit paraître éton-
nant qu'un si petit nombre de ses habit ans sache na-
ger. On aurait pu croire naturellement que chaque
habitant de notre île se sent presque aussi bien dans
l'eau que sur terre. Le renversement des minces
bateaux des natifs d'Otahiti est pour eux une partie
de plaisir : ils nagent, prennent le chétif bâtiment,
le redressent et s'en vont, ne se croyant jamais en
danger. Si l'exercice de nager était universel dans ce
pays, et il pourrait l'être, nous n'entendrions presque
jamais parler de morts en se noyant. Il serait superflu
de continuer à énuwérer les avaniages de l'art de la
natation , ils sont évidens , même pour les plus inex-
périmentés.
Avant d'en venir à ces règles par lesquelles nos
jeunes lecteurs pourront s'aider à faire des progrès,
nous considérons comme nu bienfait pour eux de leur
présenter quelques extraits des remarques du docteur
Bucban , et l'excellent avis du célèbre philosophe le
docteur Franklin , sur ce sujet.
i48
MANUEL
REMARQUES DU DOCTKDB BUCHAK.
L'immerston dans l'eau froide est un usage qui
remonte à l'antiquité la plus éloignée ; réellement, il
doit être contemporain de l'homme lui-même. La
nécessité de l'eau pour les usages de propreté, et le
plaisir dérivant de son application sur le corps dans
les pays chauds, doit l'avoir recommandé de très
bonne heure à l'espèce humaine : l'exemple même
des autres animaux était suffisant pour le suggérer à
l'homme. Par instinct, plusieurs d'entre eux sont
conduits à appliquer de l'eau froide de celte manière,
et l'on en a vu quelques uns, lorsqu'ils sont privés
de son usage, languir, et même mourir.
Le bain froid se recommande dans une foule de
cas ; il est particulière ment bon pour les habitans des
villes populeuses, qui s'abandonnent à la paresse et
mènent une vie sédentaire ; il accélère le monvement
du sang, étend les diverses sécrétions, et donne une
vigueur permanente aux solides. Mais tous ces des-
seins peuvent être remplis par l'application d'eau
salée. On ne doit pas la préférer à cause de sa pesan-
teur spécifique plus grande, mais aussi pour son plus
grand pouvoir de stimuler la peau, ce qui dispose à
la transpiration , et empêche l'élève d'attraper froid.
Il est d'ailleurs nécessaire d'observer que le bain
froid est plus sujet à empêcher qu'à guérir no embar-
ras dans le système glandulaire ou lymphatique; et
lorsque ces embarras sont arrivés à une certaine pé-
riode, on ne peut les guérir d'aucune manière. Dans
DES JEUNES GENS. l/fo
ce cas , le bain froid ne fait qu'aggraver les symptô-
mes , et pousserait le malheureux malade dans un
tombeau hâtif. Il est cependant de la plus grande
importance , avant que le malade serve du bain
froid, de s'assurer s'il a ou non quelque embarras
obstiné dans les poumons ou autres viscères ; dans ce
cas, le bain froid doit être fortement prohibé.
Dans ce qu'on appelle un état pléthorique, ou une
trop grande plénitude du corps, il est dangereux aussi
de se servir du bain froid sans préparation. Dans ce
cas, il y a grand danger de briser une veine ou d'oc-
On dit que les anciens Grecs et Romains , lorsqu'ils
étaient couverts de sueur et de poussière, se plon-
geaient dans les rivières sans en éprouver le moindre
mal. Quoiqu'ils pussent échapper au danger de cette ,
conduite imprudente , cependant cela était certaine-
ment contraire à la vraie raison. Plusieurs hommes
robustes ont perdu la vie par un tel effort. Nous ne
donnons cependant pas au malade l'avis de n'entrer
dans l'eau froide que lorsque le corps est froid , mais
on doit prendre au moins assea d'exercice pour exci-
ter une légère chaleur sur tout le corps , sans en
prendre de manière à le faire suer.
Pour les jeunes gens, et surtout pour les enfans, le
bain froid est de la plus grande importance; cela
avance leur croissance , augmente leur force , et pré-
vient une foule de maladies accidentelles et particu-
lières à l'enfance.
Il est cependant nécessaire ici de prévenir Je*
Digitizad by Google
l5o MANUEL
jeunes gens contre le bain trop fréquent; car plu-
sieurs conséquences fatales ont résulté «le l'habitude
journalière de se plonger dans des rivières , et d'y
rester trop long- temps.
Le temps le plus convenable du jour pour se ser-
vir du bain froid est , sans aucun doute , le matin ,
ou au moins avant le dîner, et la meilleure manière
celle d'une vive immersion. Comme le bain froid
tend toujours à pousser le sang et autres humeurs
vers la téte, ce devrait être une règle de mouiller
toujours cette partie aussitôt que possible. En faisant
bien attention à cette circonstance, on peut croire
avec raison que de violens maux de tête, et d'autres
douleurs qui proviennent fréquemment du bain froid,
pourraient souvent être prévenues.
Le bain froid, lorsqu'on y reste trop long-temps,
n'occasionne pas seulement un flux excessif d'hu-
meurs vers la tête, mais refroidît le sang, crispe les
muscles, relâche les nerfs, et ùte tout-à-fait la force
de se baigner. De là , en ne prenant pas garde à cette
circonstance, des nageurs experts sont souvent ex-
posés, et même quelquefois perdent la vie. Tous les
bienfaits du bain froid sont atteints par une immer-
sion complète; le malade doit se sécher en sortant de
l'eau, et doit continuer à prendre de l'exercice quel-
que temps après.
AVIS 11U DOCTEUR PRaHKLIM AUX MAGEURS.
Le seul obstacle aux progrès dans cet art nécessaire
pt préservateur de la vie, est la crainte, et ce n'est
Digitized by Google
DES JEDNES GENS. l5l
qu'en surmontant cette crainte que vous pouvez de-
venir maître d'observer les instructions suivantes. Il
est très ordinaire aux novices dans l'art de nager, de
se servir de bouchons et de vessies, pour aider le
corps à rester sur l'eau ; quelques personnes en ont
entièrement condamné l'usage ; cependant on peut
s'en servir lorsqu'on apprend ce qui s'appelle la brasse,
c'est-à-dire cette manière de tirer et de pousser les
pieds et les mains, qui est nécessairé pour produire
un mouvement progressif. Mais vous ne saurez nager
qu'autant que vous aurez confiance dans le pouvoir
qu'a l'eau de vous supporter : cependant je donnerai
un avis pour acquérir cette confiance, avis qui a si
bien profité à plusieurs, qu'avec un peu d'exercice
ils ont appris la brasse comme si la nature le leur
avait montrée. L'exercice dont je veux parler est
celui-ci : choisissez un endroit où l'eau s'appro-
fondit graduellement , marchez tranquillement de-
dans jusqu'à ce qu'elle vienne à la poitrine , tour-
nez alors votre figure vers le bord , et jetez un œuf
dans l'eau entre vous et le bord ; il tombera au fond ,
et vous le verrez aisément si l'eau est claire. Il doit
être assez profondément jeté pour que vous ne puis-
siez aller le chercher qu'en plongeant. Pour vous
encourager, réfléchissez que vous passerez d'une eau
profonde à une eau basse, et qu'en tout temps vous
pouvez , en poussant vos jambes sous vous , et vous
appuyant sur le fond , élever votre téte fort au-dessus
de l'eau; plongez les yeux ouverts, et tenez-les
ouverts avant de plonger : comme vous ne pouvez
Digilized by
1 52 MARCEL
ouvrir les paupières, à cause du poids de l'eau an-
dessus de vous, il est nécessaire qu'ils soient ouverts
d'avance pour tous jeter vers l'œuf, et vous efforcer,
par l'action de vos mains et de vos pieds contre
l'eau, d'avancer jusqu'à sa portée. Dans cet effortj
vous trouvez que l'eau vous pousse en haut contre
votre volonté, qu'il n'est pas si facile d'enfoncer que
vous le croyiez, et que vous ne pouvez que par une
force active attraper l'œuf : ainsi vous sentez le pou-
voir qu'a l'eau de vous supporter, et vous apprenez
à vous confier à ce pouvoir. Pendant vos efforts à le
surmonter pour atteindre l'œuf, apprenez-vous la
manière d'agir sur l'eau avec vos pieds et vos mains,
ce dont on se sert ensuite en nageant pour soutenir
la tête sur la surface de l'eau, ou pour avancer au
travers.
Je vous presse d'autant plus d'essayer cette mé-
thode, que, quoiqu'il soit facile de vous démontrer
que votre corps est plus léger que l'eau, et que vous
pourriez y flotter long-temps en conservant votre
bouche libre pour respirer, si vous vous mettiez dans
une posture convenable sans vous débattre, cepen-
dant, jusqu'à ce que vous ayez acquis cette confiance
ex péri m en la le , je ne peux pas espérer que vous ayez
assez de présence d'esprit pour vous rappeler cette
posture, et les avis que je vous ai donnés là-dessus.
La surprise peut vous faire tout oublier.
Quoique les jambes, les bras et la tête du corps
humain , soient des parties solides spécifiquement
plus pesantes que l'eau douce, cependant le tronc,
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. I 33
particulièrement la partie" supérieure, est tellement
plus légère que l'eau , à cause de ses cavités, que tout
le corps, pris ensemble, est trop léger pour s'enfon-
cer en entier dans l'eau. Quelques parties surnage-
ront jusqu'à ce que les poumons soient remplis d'eau,
ce qui arrive en aspirant de l'eau au lieu d'air, lors-
qu'une personne effrayée s'efforce de respirer en
ayant la houche et les narines sou* l'eau.
Les jambes et les bras sont spécifiquement plus
légers que l'eau salée, et peuvent s'y soutenir, da
inanière que le corps humain ne peut enfoncer dans
l'eau «siée , quoique les poumons (.uient remplis
d'eau, comme ci-dessus, que par la pesanteur spé-
cifique plua grande de la tête; ronséqnemment une
personne se mettant sur le dos dans l'eau salée, et
étendant se» bras, peut s'y tenir aisément, ayant sa
bouche et ses narines libres pour respirer, et par un
petit mouvement de la main , peut s'empêcher de
tourner si elle s'aperçoit qu'elle y tend.
Dans l'eau douce, lorsqu'un homme se jette sur
le dos près de la surface, il ne peut rester long-temps
dans celte position, excepté par l'action convenable
de ses mains sur l'eau; s'il ne se sert pas de ce mou-
vement, les jambes et la partie la plus basse du corps
s'enfonceront graduellement jusqu'à ce qu'il vienne
à une position droite, dans laquelle il restera sus-
pendu, le haut de la poitrine tenant la tête en haut.
Mais si , dans cette position droite , la tête est te-
nue droite au-dessus des épaules, comme lorsque
nous sommes sur terre, l'immersion , par le poids de
Digitized by Google
1 54 MANUEL
cette partie de la tête qui est au-dessus de l'eau, at-
teindra au-dessus de la bouche et des narines, peut-
être un peu au-dessus des yeux, de sorte qu'un
homme ne peut rester long-temps .suspendu dans
l'eau la tête dans cette position.
Le corps continuant d'être suspendu comme ci-
dessus, et droit, si la lête est appuyée tout-à-fait eu
arrière, de manière que la ligure soit eu haut, toute
la partie de derrière de la téte étant sous l'eau , et
par conséquent sou poids soutenu en grande partie,
la figure restera an -dessus de l'eau, tout-à-fait libre
pour respirer, s'élèvera de quelques centimètres plus
haut à chaque aspiration, et s'abaissera autant à cha-
que expiration , mais jamais assez, bas pour que l'eau
puisse venir au-dessus de la bouche.
Si cependant une personne qui ne sait pas nager,
et qui tombe accidentellement dans l'eau, a assez de
présence d'esprit pour éviter de se débattre et de
plonger, et pour laisser prendre au corps cette posi-
tion naturelle, elle pourrait rester pendant long-temps
sans se noyer, peut-être jusqu'à ce qu'il vienne du
secours. Quant aux habits, leur poids dans l'eau est
très peu considérable, l'eau les supportant, quoique
eu sortant de l'eau ils soient réellement très pesa n s.
Mais, comme je l'ai dit auparavant, je ne vous
donne pas l'avis, ni à aucune autre personne, de
compter avoir cette présence d'esprit dans une telle
occasion, mais bien d'apprendre à nager, comme je
voudrais que tous les hommes l'apprissent dès leur
jeunesse; dans plusieurs occasions , ils seraient d'au-
■ le
DES JEUNES GENS. 1 55
tant plus en sûreté qu'ils auraient ce talent, et en
outre d'autant plus heureux qu'ils seraient libres des
appréhensions pénibles du danger, pour ne rien dire
de la jouissance d'un exercice si bon et si agréable.
Les soldats, je pense, devraient tous apprendre à
nager; cela pourrait leur servir souvent , soit en sur-
prenant un ennemi , ou en se sauvant ; et si j'avais
maintenant des enfrras à élever, je préférerais les
écoles ( les autres choses étant égales ) où l'on procu-
rerait une occasion d'apprendre un art si utile , qui ,
une fois appris, n'est jamais oublié.
Je sais par expérience que c'est un grand secours
pour un nageur qui a une grande distance à parcou-
rir de se tourner quelquefois sur le dos, et de varier
de toute autre manière les moyens de procurer un
mouvement progressif.
Lorsque la crampe le saisit dans la jambe, la mé-
thode de fêter est celle-ci : de donner aux parties
affectées un coup soudain, vigoureux et violent, ce
qu'il peut faire dans l'air en nageant sur le dos.
Pendant les grandes chaleurs de l'été, il n'y a au-
cun danger à se baigner, quelque chaud que nous
puissions avoir, dans des rivières qui ont été bien
chauffées par le soleil : mais se jeter dans une eau
froide de source lorsque le corps a été échauffé par
l'exercice au soleil, est une imprudence qui peut être
fatale. Je connais un exemple de quatre jeunes gens
qui, ayant travaillé h la moisson pendant la chaleur
du jour, se plongèrent, avec l'intention de se rafraî-
chir, dans une source d'eau froide, deux mourureat
Digitized by Google
i5fi
M AH DEL
sur la place , un Troisième le lendemain matin , et le
quatrième en revint avec beaucoup de peine.
Un semblable effet, dans de semblables circon-
stances, suit souvent une copieuse boisson d'eau
froide, dans l'Amérique septentrionale.
L'exercice de nager est un des meii'eurs et des
plus agréables du monde. Après avoir âgé pendant
une ou deux heures le soir, on dort tranquillement
pendant toute la nuit, même penda ît lis plus grandes
chaleurs de l'été. Peut-être les porcs étant nettoyés,
la transpiration insensible augmente , et occasionne
cette fraîcheur. Il est certain que nager beaucoup est
le moyen d'arrêter une diarrhée, et même de pro-
duire une constipation. Pour ceux qui ne savent pas
nager, ou qui sont affectés d'une diarrhée dans une
saison qui ne leur permet pas de se servir de cet
exercice, un bain chaud, en nettoyant et purifiant la
la peau, est très salutaire, et guérit souvent radica-
lement. Je parle de ma propre expérience, souvent
répétée, et de celle des autres, auxquels je l'ai re-
commandé.
Lorsque j'étais enfant, je m'amusais un jour à faire
voler un cerf-volant de papier, et à approcher des
bords d'un lac qui avait à peu près un mille de large.
J'attachai la corde à un pieu, et le cerf-volant monta
à une hauteur considérable sur le lac, pendant que
je nageais. Peu de temps après, désirant m 'amuser
avec mon cerf-volant, et jouir en même temps du
plaisir de nager, je retournai, et détachant du pieu
la corde avec le petit bâton qui y était attaché, je
Digitized by Google
DE» JEUNES GENS. 1 57
retournai dans l'eau, où je trouvai que, couché sur
le dos, et tenant le bâton en main, j'étais traiué sur
la surface de l'eau d'une manière très agréable. Ayant
alor* engagé un autre enfant à porter mes habits au-
tour du lac, à un endroit que je lui montrai, je com-
mençai à traverser le lac avec mon cerf-volant , ce
qui me mena jusqu'au bout sans la moindre fatigue,
et avec le plus grand plaisir imaginable. J'étais seu-
lement obligé de m'arréter de temps en temps , et de
résister à ses progrès, parce qu'il paraissait qu'en
suivant trop vite, j'abaissais trop le cerf-volant : en
ralentissant de temps en temps je le faisais remonter.
Je n'ai jamais, depuis ce temps, pratiqué cette sin-
gulière manière de nager, quoique je pense qu'il ne
serait pas impossible de traverser de cette manière
de Douvres à Calais. Le paquebot est cependant pré-
férable encore.
,4
Digitized by Google
jfjS MANUEL
INSTRUCTIONS PRATIQUES.
Nous supposons maintenant qu'un de nos jeunes
anus soit sur le bord d'un courant , et prêt à prendre
sa première leçon dans l'art de nager ; s'il a avec loi
quelque ami ou compagnon qui veuille et qui soit de
force à lui donner les directions nécessaires, il fera
bien de les suivre ; car l'exemple , dans ce cas et dans
tous ceux semblables, vaut quelquefois mieux que le
précepte. Mais s'il n'est pas si heureux, qu'il adopte
l'excellente méthode mentionnée par le docteur Fran-
klin, comme on le voit dans la page précédente, ou
qu'il suive les instructions que nous allons lui don-
ner sur ce sujet.
Notre jeune élève ne doit pas d'abord s'aventurer
dans l'eau de la manière hardie et hasardeuse des
nageurs expérimentés; il doit attendre patiemment
jusqu'à ce qu'il puisse le faire sans danger. Qu'il s»
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. IÎk}
rappelle qu'il fut un temps où le meilleur nageur
d'à présent marchait pas à pas dans l'eau , et sondait
la profondeur avec un pied, avant de lever l'autre du
fond du courant. Léandre même, dont ceux de nos
jeunes lecteurs qui sont un peu avancés dans les
classiques connaissent sans doute le sort et l'histoire ;
Léandre même, qui traversa si souvent l'Hellespont,
nagea une fois dans un lac ; et ceux qui, d'après nos
leçons, font leurs premiers efforts pour se soutenir
sur l'eau parleurs moyens naturels, dans un ruisseau,
peuvent devenir assez bons nageurs pour faire le tour
dont lord Byron était si fier, c'est-à-dire traverser
l'Hellespont , comme fit Léandre dans les jours de
l'antiquité reculée. Nous recommandons à notre jeune
ami d'être patient aussi-bien que persévérant pen-
dant ses tentatives dans l'art de nager; il ne doit pas
être découragé et dégoûté, parce qu'il semble ne
faire d'abord que peu de progrès. Qu'il se rappelle
qu'il acquiert graduellement un pouvoir nouveau et
important, celui de maîtriser les eaux. Un écrivain
de beaucoup de discernement a observé avec justesse
que rien de ce qu'il faut apprendre ne s'apprend sans
difficulté et sans application; il faut bien quelque
peine pour s'empêcher de craindre de tomber dans
une rivière où deux sur trois de nos compatriotes
se noieraient sans secours; qu'on ne regrette cepen-
dant pas cette peine.
Avant d'entrer dans l'ean , la tête et le cou doivent
être bien mouillés; J'élève doit alors avancer du côté
d'un bord clair et transparent dans quelque courant ,
Digilized by Google
l6o MANUEL
de la profondeur duquel il s'est bien assuré en son-
dant ou autrement, jusqu'à ce qu'il y soit jusqu'à la
poitrine; qu'il tourne alors sa figure vers le bord,
et qu'il se prépare a faire la première tentative dans
cet art , comme on le voit dans le paragraphe suivant.
S'il EH DRE.
La figure tournée vers le bord, comme on dît ci-
dessus , que l'élève se couche doucement sur le
ventre; qu'il tienne la téte et le cou droits, la poi-
trine avancée, et le dos courbé en dedans. Qu'il
retire alors ses jambes du fond , et qu'il les étende
immédiatement, non pas en bas, mais derrière lui;
qu'il étende les bras en avant, les mains jointes, et
leur dos eu haut, un peu sous la surface de l'eau ;
qu'il les retire pendant qu'il retire ses jambes pour
un second effort, et qu'il se pousse ainsi en avant, se
servant de ses pieds et de ses mains alternativement.
Il arrivera peut-être qu'il avalera de l'eau dans ses
premiers essais , mais cela ne doit pas le décourager ;
il ne doit pas non plus s'imaginer que , parce qu'il
DES JEUNES GENS. ïfjl
fait peu de progrès, il n'est pas aussi capahle d'ap-
prendre à nager que d'autres. Le même petit accident
arrive à tous tes jeunes commençans.
BOUC H OKS ET VESSIES.
L'usage de bouchons et de vessies pour ceux qui
apprennent à nager est recommandé aussi fortement
par quelques personnes qu'il est déprécié par d'au-
tres. Il est assez clair qu'on peut acquérir plus aisé-
ment l'action nécessaire des mains et des bras avec
celte aide que sans elle ; néanmoins nous sommes con-
vaincus par l'expérience, qu'il vaut mieux apprendre
à se laisser flotter, et à devenir capable de nager dix
ou douze mètres au moins , bien ou mal, sans aucun
moyen artificiel. Nous avons vu plusieurs jeunes gens
qui, après avoir atteint l'action nécessaire d'une très
bonne manière, à l'aide de bouchons et de vessies,
étaient tout-à-fait incapables de tenir leur tête au-
dessus de l'eau lorsqu'ils abandonnaient leur aide, et
se trouvaient ainsi dans la même situation que s'ils
n'avaient pas fait un seul effort dans l'art de nager;
nous avons connu, il est vrai, de légères exceptions,
mais elles ont été extrêmement rares. Nous pensons
Digitized by Google
162 MANUEL
que les bouchons et les vessies peuvent être utiles;
mais il ne faut pas commencer par s'en servir. Après
que l'élève a fait quelques progrès, et quand il est
capable de traverser un courant étroit, il peut se ser-
vir pendant peu de temps de bouchons et de vessies,
afin de se perfectionner dans l'action nécessaire pour
bien nager, surtout avec les mains et les bras. L'action
des jambes peut bien s'acquérir à l'aide de la plan-
che , comme on le décrit après. Les meilleurs nageurs
que nous ayons connus ne se servaient jamais de
bouchons pour ce dessein ; cependant on peut ne pas
les regarder comme inutiles, pourvu que l'on s'en
serve de la manière que nous venons de dire ; mais
si notre jeune lecteur juge convenable de se servir
de bouchons ou de vessies, qu'il suive les avis sui-
vans. Les bouchons pour nager se font ainsi : on
attache trois ou quatre plaques rondes de liège,
augmentant progressivement en circonférence , par
un trou fait dans leurs centres, à chaque bout d'un
morceau de grosse corde qui est asseï longue pour
traverser la poitrine , et passer sous les aisselles ; le
même nombre de bouchons est placé à chaque côté
de la corde, et on les empêche de s'en aller par des
nœuds faits aux deux extrémités. Lorsqu'on se sert
de vessies , on les remplit d'air, on les lie au col , et
on les attache avec de la ficelle au bout de la corde
au lieu de bouchons.
La manière de se servir de bouchons et de vessies
est celle-ci : l'élève place sa poitrine sur la corde,
entre les bouchons et les vessies pendant qu'ils flutt
Digitized by Google
DES JEUNES GENS.
i63
lent; il élève ses jambes de terre , et appuie tout son
poids sur la corde , de manière que les vessies ou le»
bouchons flottent entre ses brns et ses côtés. Dans
celte position , il s'étend , et se pousse en avant avec
ses jambes et ses pieds. L'action des pieds et des
mains soutient seule un nageur, de manière qu'il fait
presque autant de progrès en se servant de bouchons,
s'il les tient tranquilles, que s'il les remue; néan-
moins, on peut perfectionner leur action pendant
que le corps est soutenu par les bouchons, et le
jeune nageur peut acquérir cette manière gracieuse,
ferme et puissante de s'étendre , qu'il peut pratiquer
par degrés lorsqu'il a jeté les bouchons de côté.
L'écrivain de ces pages a souvent lutté contre les
vagues à un mille ou deux de terre, quand les eaux
étaient agitées par ce qu'un pêcheur appelle an méat
frisant, avec un plaisir que ceux mêmes qui ont été
daus le sein profond de la mer, peuvent à peine ima-
giner; ce qui est plus difficile encore, il a traversé
les eaux profondes et tranquilles d'un lac par un
calme mortel; et quoiqu'il n'ait pas été un excellent
nageur, il en a peut-être été un passable dans son
temps ; et la manière qu'il a toujours suivie , et qu'il
recommande à ses jeunes amis, est de s'étendre avec
les bras. On doit fermer les doigts et tenir les pouces
près des mains étendues, ou plutôt un peu élevées
vers la paume : les mains doivent alors être jointes
ensemble , les deux pouces se touchant ou paume
contre paume, et élevés juste sous le menton. Il faut
alors les pousser graduellement en avant ; et lorsque
Digitized by GoogI(
l64 MANDEt
les bras sont bien étendus, on doit les séparer et Ici
ramener lentement un peu sous la surface de l'eau ,
dans toute l'étendue des bras en arrière, ansai loin
qu'on le pourra commodément. Ils doivent alors en-
foncer jusqu'aux cuisses , en pressant un peu l'eau en
descendant ; le corps sera élevé , la téte pourra être
jetée en arrière , et l'haleine prise pour le second
effort. Lorsque les mains sont près des cuisses, on
doit les élever avec les pouces en dessus, mais non
avec le dos de la main, à la première posilion. Pen-
dant ce temps , on doit tirer les jambes aussi près
du corps que possible , et frapper la plante du pied
contre l'eau avec une force raisonnable, et en même
temps on étend de nouveau les mains : c'est là réel-
lement tous les principes de la natation. On étend
d'abord les bras , et on avance le corps par la force
de la plante des pieds , frappée contre l'eau ; l'air des
poumons est expiré ou aspiré pendant cette action ,
les mains sont alors étendues et amenées de manière
à lever le corps, qui n'a pas besoin de soutien, étant
poussé par les jambes, et les poumons étant presque
remplis d'air, pendant qu'on tire les jambes et qu'on
remplit les poumons d'air pour un second effort. Ces
mouvemens très simples paraîtront d'abord très diffi-
ciles et très compliqués au jeune lecteur, mais par
degrés il apprendra à les faire facilement. Sur toutes
choses, qu'il s'efforce de les faire d'une manière ré-
fléchie et sans se presser; car il est certain qu'un
nageur qui parait lent dans ses mouvemens, fait la
moitié plus de progrès qu'un autre qui est vif. Le
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. l65
premier est réfléchi et vigoureux ; le dernier est trop
pressé, produit moins d'effet, et se fatigue plus tôt.
Un novice dans l'art fera dix efforts pendant qu'un
adepte en fera un, et en même temps il fera à peine
la moitié autant de progrès.
Nous recommandons fortement à nos jeunes lec-
teurs de ne jamais s'aventurer a perdre pied avec
des bouchons, s'ils ne peuvent nager sans s'en ser-
vir. Nous avons connu un jeune homme de grande
espérance qui fut presque noyé dans l'eau profonde ,
en ce que les bouchons glissèrent de sa poitrine à sa
ceinture, de manière que ses reins, et enfin ses jambes,
étaient sur l'eau pendant que sa téte était dessous. Il
fut retiré de cette situation périlleuse par un jeune
homme de son âge , qui avait commencé à apprendre
l'art de nager, mais sans bouchons , juste le même
jour que celui qui était en danger de se noyer. II
serait bien d'attacher une ficelle par le milieu , à
chaque bout de la corde, à côté du plus grand bou-
chon , et qu'on en passât un bout par-dessus les
épaules, l'autre devant , et qu'on les attachât forte-
ment ensemble; cela empêcherait au moins les bou-
chons de sortir de leurs places.
Digitized by Google
i66
MANUEL
Là. PLAKfJHE.
La planche est utile dans un baïn pour perfec-
tionner le jeune nageur dans l'action d'étendre con-
venablement ses pieds et ses mains. Un morceau de
liège de la longueur de trois mètres, épais de cinq à
six centimètres, et large de quarante-cinq ou soixante
centimètres, est ce qu'il y a de meilleur; il faut le jeter
dans l'eau, et l'élève, après avoir acquis l'art de se
soutenir pendant peu de temps sans aides artificielles,
doit prendre un de ses bouts a deux mains; son corps
sera ainsi soutenu, et il doit s'étendre avec ses jambes
de la manière dite ci-dessus , et s'efforcer de pousser
la planche devant lui , ayant soin de la bien tenir
et de la suivre de près ; autrement , il pourrait sentir
une sensation assez désagréable causée par la planche,
qui s'élance en avant et qui le laisse tomber, sans
qu'il s'y attende, la lèle dans l'eau. Nous avons été
souvent témoin de l'utilité de la planche pour le
dessein dont nous venons de parler ; et nous pouvons,
cohséquemment, la recommander en confiance à ceux
de nos jeunes lecteurs qui ont envie d'apprendre l'art
de nager par des aides préliminaires , occasionnelles
ou artificielles.
Digitized by Google
DES JEUNES CENS.
,6,
f LA COHUE ET iUTBHS 411) ES.
La corde pour les nageurs est ordinairement atta-
chée à un bout d'un fort morceau de bois , qui est fixé
dansnn mur ou autre part, de manière à se projeter
aur l'eau; la corde descend sur sa surface, où elle
peut être assez longue pour que trente ou quarante
centimètres de son extrémité puissent y trefnper. La
corde sert à soutenir l'élève, lorsqu'il fait le mouve-
ment avec ses jambes; mais elle est très inférieure
pour ce dessein à la planche, car lorsque l'élève se
soutient en tenant la corde, son corps est dans une
position trop perpendiculaire, de manière qu'il frappe
plutôt en bas qu'en arrière. L'élève doit s'accoutu-
mer, autant que possible, k tenir ses jambes près de
la surface; car ceux qui nagent avec les extrémités
les plus basses profondément dans l'eau ne vont
jamais si vite que ceux qui adoptent la position con-
venable, qui doit être, à peu de chose près, hori-
zontale. La planche a un autre avantage sur la corde ;
Digiîized by Google
l68 MANUEL
elle tient mieux dans l'eau, et offre assez de résistance
pour exciter et même pour aider le jeune commen-
çant en lui offrant un point d'appui, à étendre vi-
goureusement ses jambes. La corde est plus utile à
ceux qui vont dans l'eau pour se baigner, qu'à ceux
qni apprennent à nager; car, à l'aide du soutien
qu'elle procure, le baigneur peut 6ter ses jambes du
fond, et se mieux exercer en sautant, «'étendant,
et tournant dans l'eau ça et là ; il peut ainsi s'exercer
d'une manière qui, sans l'aide de la corde, serait
tout-à-fait hors de son pouvoir.
L'aide de la main ne s'applique qu'à de très jeunes
élèves qui ont l'avantage de se baigner avec un bon
nageur. Elle est de beaucoup supérieure, comme aide,
aux bouchons et aux vessies, parce qu'on peut la re-
tirer graduellement, et enfin entièrement, de manière
que l'élève ne sentira presque pas qu'on l'Aie, et clic
sera remise à l'inslant , si la fatigue le rend trop faible
pour se soutenir. Un jeune homme haut et fort, ou
une personne d'un âge mûr, prend le petit élève dans
ses bras, et va avec lui dans l'eau jusqu'à la poitrine;
il place alors l'élève presque à plat sur l'eau, le sou-
tenant d'une main sous le ventre , l'encourageant et
lui montrant à s'étendre hardiment, et en même
temps correctement. Après deux ou trois leçons dans
des jours différens, on peut retirer tant soit peu la
secours de la main de temps en temps, et dans le-
cours d'une semaine ou dix jours, le petit nageur,
suivant toute probabilité, n'aura plus besoin de ses
services. Oh ! quel moment heureux et triomphant
Digitized by Google
DES JEUNES HENS. 169
piiur un enfant, lorsqu'il flotte seul sur l'eau, sans
autres aides que celles dont la nature l'a pourvu ! II
est bientôt fatigué, mais, dès cet instant, il sent une
nouvelle confiance en lui-même, et ses progrès sont
ordinairement plus rapides.
Nous n'approuvons pas laut l'aide de la corde et
de la main, que celle de la main seule. Une corde est
attachée autour du corps de l'élève, une grande per-
sonne tient l'autre bout, et soutient l'élève pendant
qu'il acquiert la manière de s'étendre. L'aide, dans
ce cas, ne peut pas être appliquée avec précision à
l'endroit convenable, ni mise et retirée avec autant
de douceur que lorsqu'on se sert de la main seule.
Nous supposons que notre jeune lecteur ait fait
quelques progrès dans l'art de nager, et qu'il ait envie
d'aller dans l'eau profonde. S'il se sent tout-à-fait
sûr de ses forces, il peut s'aventurer quelques pas à
perdre pied, au travers d'un courant, par exemple,
qui n'a que quelques pieds d'eau au-dessus de la
tête au centre , avec des bords eu pente douce de
chaque coté. Les jeunes nageurs se sentent quelque-
fois alarmés lorsqu'ils sont sûrs qu'ils se sont aven-
turés où ils ne peuvent plus mettre leurs pieds à terre :
cette pensée les agile; ils frappent vite, leur hate
augmente , la trépidation s'ensuit, et ils ont beau-
coup de peine à retourner au bord. Nous recom-
mandons bien à notre élève de ne laisser échapper
aucun de ces inouvemens. Avant de s'aventurer à
1. i5
Digilized by Google
perdre pied, qu'il calcule ses propres forces. Est-il
capable de nager pendant cinq mètres sans poser ses
pieds à terre? Si cela est, il peut eu toute confiance
traverser un endroit profond qui n'a que la moitié
de cette largeur. Qu'il ne s'imagine pas qu'il n'est
pas si capable de nager dans l'eau profonde que dans
l'eau basse ; car, il est de fait au contraire que plus
l'eau est profonde, mieux il peut nager. Sur toutes
choses, qu'il ne se presse pas, mais qu'il frappe len-
tement et également, et qu'il fasse à temps les mou-
vemens de ses bras, de ses jambes et de ses pou-
mons. Les jeunes gens tombent souvent dans une
erreur qui a toujours des suites désagréables , en
perdant leur présence d'esprit, et aspirant lorsqu'il
ne le faut pas. Ils aspirent lorsqu'ils s'étendent avec
leurs jambes, au lieu d'aspirer lorsque leur corps est
élevé par les mains, à la pleine étendue des bras en
arrière, ou en descendant vers leurs cuisses. Pendant
ce mouvement des jambes, la tête s'enfonce en par-
tie , et la bouche se remplit ainsi , ce qui cause une
nausée très désagréable, et une suffocation momen-
tanée. Lorsque les mains sont dans la position ci-
dessus, le progrès du corps eu avant cesse, la figsre
n'est plus poussée contre l'eau, mais est élevée au-
dessus de la surface; il faut alors prendre haleine,
et l'on doit expirer pendant que le corps, au coup
suivant, est poussé en avant par l'action des jambes.
Pendant ce temps, si voire bouche est au niveau,
ou en partie sous la surface de l'eau, il ne peut y
entrer d'eau , l'air que vous poussez entre vos lèvres
Digitized by Googll
DES JEUJHES GENS. I^I
l'empêchant tout-à-fait. Tout à temps, est une des
principales règles du nageur. A moins que l'élève
n'y fasse attention, il ne fera que peu de progrès,
et boira inévitablement quelques coups du courant
dans lequel il nage. Pour ceux qui n'ont jamais nagé
dans le courant argenté, une circonstance de cette
espèce sera considérée comme peu de chose ; mais
nous parlons des sentimens des nageurs, lorsque
nous disons que la même personne qui sera charmée
de boire un coup du torrent , lorsqu'elle est assise et
habillée sur le bord, sentira le plus grand dégoût de
boire un coup de la même eau lorsqu'elle y nage.
Après que l'élève a perdu pied , et qu'il se sent
satisfait du succès de ses efforts , il s'enhardit , et
augmente sa distance journellement. Il deviendra
bientôt un assez bon nageur à la brasse, et désirera ap-
prendre à flouer sur le dos, nager en demoiselle, etc.
Il est temps, par conséquent, de lui donner les ins-
tructions nécessaires pour faire ces tours, et d'autres.
N.U;Ell EN DEMOISELLE.
Tout ce qui est nécessaire pour nager en demoi-
selle , est de laisser pendre vos jambes dans l'eau
jusqu'à ce que vous soyez droit, laissez-vous flotter
dans celte position, en foulant l'eau avec vos pieds
alternativement, et, si cela est nécessaire, foulant
avec vos mains en les descendant vers vos cuisses.
HAGEK S1TH EE CÔTÉ.
Abaissez le côté gauche , et en même temps élevés
le droit, frappez en avant avec la main gauche, ei
Digitized by Google
1^2 MANUEL
de côté avec la droite , le dos de la derrière étant
devant, aiî lieu d'être en haut, le côté du pouce de
la main en bas , pour servir précisément de rame.
En donnant au corps un effort additionnel, vous
avancerez ainsi plus prompte ment que parla mélhode
ordinaire , cela vous reposera aussi beaucoup, lors-
que vpus vous sentirez fatigué, de vous étendre en
avant. Vous pouvez aussi vous tourner sur le coté
droit, et vous servir du gauebe comme d'une rame.
Dans chaque cas, L'action des jambes est la même
qu'à l'ordinaire.
PïaGEH comme us chien.
Frappez alternativement avec chaque pied et cha-
que main, c'est-à-dire commencez avec la main et le
pied droits, tirez la main vers le menton et le pied
vers le corps en même temps, et alors, simultané-
ment, poussez le pied en arrière, et étendez-vous
en ligne droite avec la main ; faites alors la même
chose avec la main et le pied gauches, et ainsi de
suite. Il ne faut pas pousser les mains en arrière ,
comme dans la manière ordinaire de nager, niais
poussées simplement la paume en bas, un peu sous la
surface , seulement devant. Lorsqu'on les ramène à la
poitrine, on doit plutôt les élever, et l'eau est attirée
ou poussée vers le nageur. On ne peut faire beau-
coup de progrès en nageant de cette manière, mais
cependant cela vaut la peine de l'apprendre; car
tout changement, en le faisant pendant quelque dis-
tance, augmente la force du nageur.
Digitized by Google
DES JEUNES CENS.
'73
C'est un changement (l'action très avantageux et
très agréable. Le bras droit est entièrement hors de
l'eau, l'épaule poussée en avant, et le nageur, pen-
dant qu'il s'étend avec ses jambes, pousse sa main
devant lui, aussi loin que possible. A la plus grande
étendue du bras la main tombe, un peu élevée dans
l'eau , qu'elle pousse ou attire vers le nageur, en
retournant au corps, dans une direction transversale,
vers l'autre aisselle. Pendant qu'elle passe da cette
manière au travers de l'eau, les jambes sont prépa-
rées pour un second effort , et le bras et l'épaule
gauches élevés comme nous venons de dire pour la
droite. C'est le plus grand repos en nageant, excepté
nager sur le dos. Flotter sur le dos repose tout le
corps aussi bien que les membres; mais en flottant
on ne fait pas de progrès, pendant que lorsque quel-
qu'un nage de la manière ci-dessus, non seulement
on se reposera considérablement, mais encore on
avancera autant dans l'eau que si l'on nageait d'après,
la méthode ordinaire.
Digitized by Google
,,4
MANUEL
Pour faire ceci , il faut vous tourner sur le do»
aussi doucement que possible ; élevez la poitrine au-
dessus de la surface , jetez la tête en arrière, de ma-
nière que vos yeux, votre nez, votre bouche et votre
menton soient seuls au-dessus de l'eau. En vous
tenant dans cette position, les bras et les jambes éten-
dus, et foulant l'eau avec vos mains à côté de vos
cuisses , vous flotterez. Si vous voulez nager, il faut
vous étendre avec vos jambes, ayant soin de ne pas
lever vos genoux trop haut , ni trop abaisser les
cuisses et les côtés , mais les tenir dans une ligne
aussi droite que possible. Vous pouvez croiser les
bras sur la poitrine ; tenez-les sans mouvement sur
le côlé, ou, si vous voulez, étendez-les pour vous
Pour nager les pieds en avant, sur le dos, levez
les jambes l'une après l'autre , laissez-les tomber dans
l'eau, et retirez-les aussi Fort que possible vers -vos
cuisses; ainsi, vous nagerez les pieds en avant, et
retournerez d'où vous venez.
Pour vous tourner du ventre sur le dos, élevei
vos jambes en avant, et jelez la tête en arrière, jus-
Digilized by Google
DES JEUNES GENS. 1*6
qu'à ce que votre corps soit dans une position droite;
pour changer du dos à la poitrine, laissez pendre
vos jambes , et jetez le corps en avanl sur la poi-
trine.
SE TOURNER EN NAGEANT.
Si vons voulez tourner pendant que tous êtes sur
le dos , tenez une jambe tranquille , et embrassez
l'eau à côté de vous avec l'autre; ainsi, vous tour-
nerez du côté où votre jambe embrassera l'eau par
son mouvement, et vous tournerez à droite ou à
gauche, suivant la jambe dont vous vous servirez de
cette manière.
Se tourner, lorsqu'on nage d'après la méthode
ordinaire , ne demande pas plus d'efforts que d'in-
cliner voire tête et votre corps du côté duquel vous
voudriez tourner, et en même temps remuez et tour-
nez vos jambes, de la même manière que vous feriez
pour tourner sur terre.
MONTRER LE! PIEDS.
Lorsque vous êtes sur le dos, courbez-en la petite
partie en bas, soutenez-vous en remuant vos mains
çà et là juste au-dessus de votre poitrine, et étendez
vos pieds au-dessus de l'eau.
1IATTBE i'EaTT, ETC.
Lorsque vous nagez sur le dos, élevez vos jambes
hors de l'eau, l'une après l'autre, et frappez avec
elles l'eau alternativement. Ceux qui sont plus expé-
rimentés dans ce tour, amènent leur menton vers la
poitrine à chaque coup des jambes.
Digitized by Google
1fj6 MANUEL
Il y a une foule de tours semblables fait* par des
nageurs expérimentés, tels que nager en demoiselle,
les deux mains élevées au-dessus de la téte; flotter
sur le dos, les bras au-dessus de la surface; prendre
la jambe gauche dans la main droite , hors de l'eau ,
en nageant snr le dos; tirer le talon droit -vers le
dos, avec la main droite, en nageant comme à l'or-
dinaire; donner des coups dans l'eau en avant et en
arrière, etc. , etc., pour lesquels il n'y a pas besoin
d'avis particuliers; car l'élève, lorsqu'il sera fort dans ,
les diverses manières de nager que nous avons dé-
crites, sera capable de faire ces choses sans diffi-
culté, ainsi que tous les tours qui pourront lui venir
à l'idée.
FLOU GBR.
lin s'exereant, on peut plonger avec une perfec-
tion étonnante. Les perles sont rapportées du fond
de la mer par des plongeurs qui sont habitués à res-
ter un temps considérable sous l'eau. Dans l'ancien
temps , on se servait à la guerre de plongeurs pour
détruire les vaisseaux ennemis, et plusieurs auteurs
respectables racontent des exemples d'hommes ploiL-
Digitized by Google
DES JEUKES GENS. Ï77
géant, et rapportant des clous et des pièces de mon-
naie jetés dans la mer, et même dépassant le clon ou
la pièce avant qu'il ait atteint Je fond.
On peut plonger de la surface de l'eau en nageant ,
en tournant simplement la tête en bas, et frappant
en haut avec les jambes. Il vaut cependant beaucoup
mieux sauter dedans les mains fermées au-dessus de
la tête, en s'élançant d'une pierre, d'un bateau ou d'un
bord élevé. En ne frappant qu'avec les pieds, et tenant
sa tête vers !e fond, le plongeur peut se pousser à
une distance considérable sous la surface. S'il atteint
le fond, il n'a qu'à tourner la tête en haut, s'élancer
du fond avec les pieds, et il arrivera bientôt à la
surface. S'il désire monter plus vite, il doit frapper
en bas avec ses pieds , poussant l'eau au-dessous de
lui, vers sa tête, d'une main, et la poussant en bas,
a côté de lui, avec l'autre. Eu plongeant, les yeux
doivent être ouverts; il faut par conséquent avoir
soin de ne pas les fermer lorsqu'ils atteignent la sur-
face , et que vous commencez à descendre. Il est
presque inutile de dire qu'il faut retenir y otre haleine
pendant tout le temps que vous êtes sous l'eau.
KtGEB ESTHE DEUX BAUX.
Nager entre deux eaux peut se faire par la brasse
ordinaire, si vous avez soin de baisser un peu la tête,
et de frapper un peu plus haut avec vos pieds que si
vous nagiez sur la surface : vous pouvez, aussi baisser
vos pouces, et faire la brasse les mains dans cette
position, au lieu de les tenir à plat.
Digitized by Google
178
MANUEL
LA CRAMPE.
Nos directions-pratiques dans l'art de nager se-
raient incomplètes si nous omettions de dire quel-
ques mots sur la crampe. Ceux qui y sont sujets de-
vraient peut-être abandonner toute idée de nager;
car. des personnes du plus grand talent , et des na-
geurs de présence d'esprit dans le danger, en sont
devenus victimes | et on l'a assez bien nommée la
mort des baigneurs. La crampe peut saisir une per-
sonne, la première fois de sa vie, à quelque distance
de terre; cela arrive souvent, et dans tous tes cas
que nous ayons connu, à une exception près, le
souffrant s'est sauvé en agissant comme nous allons
le conseiller à notre jeune lecteur, si jamais il est
attaqué de cette terrible contraction. Soyez sûr qu'il
n'y a pas de danger si vous êtes seulement un nageur
passable, et ne vous presse 1 pas. Au moment où vous
sentez la crampe dans votre pied ou voire jambe,
DES JEUNES GENS.
poussez ce membre de toute voire force , retirant le
talon, et poussant les pieds en haut aussi fort qut
possible, et ne faites pas du tout attention à la peine
momentanée que cela peut causer. Si deux ou trois
efforts de cette espèce ne réussissent pas, jetez-vous
sur le dos, et efforcez-vous de vous faire flotter avec
vos mains jusqu'à ce qu'il vous vienne du secours ,
ou, s'il n'y en a aucune espérance , essayez d'arriver
à bord avec vos mains. Si vous êtes incapable de flot-
ter sur le dos, mettez-vous dans la position dite pour
nager en demoiselle, et vous pouvez tenir votre tête
an-dessus de l'eau, en frappant l'eau seulement avec
les mains aux cuisses, sans vous servir des jambes.
En cas que vous ayez la crampe aux deux pieds, il,
faut vous efforcer de faire quelques progrès de cette
manière, s'il n'y avait pas de secours. S'il n'y a
qu'une jambe attaquée de cette manière , vous pou-
vez vous pousser en avant avec l'autre. Afin de vous
donner de la confiance dans un moment de danger
d'une attaque de la crampe, essayez de nager avec
une jambe, ou une jambe et une main , ou les deux
mains seules, et vous trouverez que ce n'est pas du
tout difficile.
Nous sommes étonné qu'aucun des Traites sur la
natation qui sont tombés entre nos mains ne recom-
mande l'exercice de deux enfans s'efïbrçant de se
porter l'un et l'autre dans l'eau lorsqu'ils peuvent
nager. C'est une manière excellente et sure d'appren-
dre à en soutenir un autre qui est eu danger à cause
de la crampe , de la faiblesse , de l'ignorance de nager,
Digitized by Google
l8o MANUEL
ou /autres choses. Dans la gravure ci-dessus , la figure
de devant nage, et porte avec elle une autre per-
sonne , qui est soutenue en appliquant une main à
chaque cuisse de son compagnon. On dit que quel-
qu'un eut le plaisir d'empécifer par ces moyens un
ami de se noyer. Il y a cependant beaucoup de ris-
que , surtout si la personne que vous voulez sauver
perd sa présence d'esprit, ce qui arrive trop souvent
à ceux qui sont en danger de se noyer. Tout nageur
qui essayera cette expérience sera surpris de trouver
avec quelle facilité il peut en soutenir un autre attaché
à lui de cette manière. La personne qui repose sur
les cuisses de son compagnon est représentée comme
passive, car on la suppose incapable de nager; mais
deux nageurs faisant l'expérience peuvent s'étendre
ensemble avec leurs jambes.
TBMrS ET ENDROITS POUR RAGER.
De tous les endroits pour nager, la mer vaut le
mieux , les eaux courantes viennent ensuite, et les lacs
sont les moins bons. Le meilleur temps pour nager est
dans les mois de mai, juin, juillet et août. Il y a cepen-
dant quelques années où il n'est pas bon d'aller dans
l'eau pendant ces mois lorsque le temps, et par con-
séquent l'eau, sont plus froids qu'à l'ordinaire pour
cette saison. II ne faut pas aller dans l'eau lorsqu'il
pleut, car la pluie , si elle dure quelque temps , re-
froidit l'eau, et vous met en danger d'attraper froid,
en mouillant vos habjts. La nuit est aussi mauvaise
pour cet exercice. Gardez-vous des herbes , car, quoi-
DES JEUNES GENS. . l8i
que vous ayez du monde avec vous, vous pouvez
cependant être hors de toute possibilité de secours si
votre pied s'y engage. Le fond doit être de sable ou
de pierres douces, afin que vous puissiez y être aussi
ferme que sur terre, sans danger d'enfoncer dans la
boue ou de blesser les pieds. Il faut aussi faire atten-
tion à ce qu'il soit égal et sans trous : il faut surtout
que vous en sachiez la profondeur, car, comme il est
facile de se fatiguer en se débattant et en faisant les
premiers efforts , il faut que vous soyez sûr que le
fond n'est pas hors de votre portée lorsqu'il faut vous
reposer et prendre baleine. Il est impossible d'avoir
trop de précautions lorsque vous êtes seul, ou que
vous n'avez personne de la compagnie qui connaisse
l'endroit. Lorsque vous avez trouvé un endroit bon
pour apprendre, n'allez autre part que lorsque vous
savez bien l'art de la natation ; jusqu'alors il vaut
mieux s'exercer avec quelqu'un qui sait déjà nager.
DEBHIÈBES RKMABQUES.
En entrant dans l'eau , il faut d'abord mouiller la
tête , soit en la plongeant en bas, ou versant de l'eau
dessus. Avant d'adopter la première mélhode, assu-
rez-vous que l'eau est assez profonde pour que vous
plongiez sans toucher le fond; autrement vous pour-
riez vous blesser. Ne restez pas trop long -temps
dans l'eau ; mais sortez aussitôt que vous êtes fati-
gué, refroidi ou engourdi. Il est bon de plonger
pour mouiller tout le corps , de sortir de suite , et un
instant après , d'entrer dans l'eau pour prendre votre
i. 16
Digitized by Google
182 MANUEL
leçon ou nager. Vous ne vous refroidissez pas autant
que si vous plongiez et nagiez de suite. Ne vous alar-
mez pas d'avaler quelques coups d'eau en apprenant à
nager. Ne vous décourage?, pas des difficultés, mais
souvenez-vous que des millions d'hommes ont fait
ce que vous tâchez de faire. Evitez les bords qui ont
des trous, et ne perdez pied que par degrés.
Si un de vos compagnons est en danger de se
noyer, tâchez, en essayant de le sauver, d'approcher
de manière à l'empêcher de s'attacher à vous : s'il
attrape vos membres, vous serez inévitablement per-
dus tous les deux.
Quoiqu'on ait dit que le poids des habits fait
peu de chose dans l'eau, nous prions fortement le
jeune nagenr, lorsqu'il sait nager et qu'il a confiance
dans ses moyens, de nager quelquefois avec ses ha-
bits : pour cela, il n'a besoin que de se servir d'un
vieil habit usé. Il verra ainsi que ses habits ne font
pas tant de différence qu'il se l'imagine; il aura aussi
plus de courage s'il tombe ensuite dans l'eau , on
s'il y saute pour sauver un autre. Il y a plusieurs
animaux dont les mouvemens dans l'eau sont sem-
blables fi ceux de l'homme lorsqu'il nage , et on a dit
que celui qui désire apprendre cet art ne peut avoir
un meilleur maître que la grenouille.
Digirized by Googlej
DS» JkUMSS GLUS.
18J
AMUSEMENS ARITHMÉTIQUES.
Cocker et Dilworth, Walkiugtiam et Vyie,
furent, dans leur sphère, par Bidder éclipsés :
arec la plume ou le crajou ils résolvaient de*
problèmes; lui lie le fit qu'avec une mémoire
étonnante. lia acquirent dans l'âge mur leur
renommée. Il épela en chiffres ; car les chiffres
furent son alphabet.
La science charmante et utile de l'arithmétique ar-
riva à uii grand degré de perfection eu Europe, parmi
les Grecs, qui se servaient des lettres de l'alphabet
pour exprimer leurs chiffres. Une semblable méthode
fut suivie par les Romains, qui, outre des caractères
pour chaque espèce de chiffres , en introduisirent
d'autres pour cinq, cinquante et cinq cents, dont on
se sert encore pour les chapitres des livres, et
d'autres usages. L'arithmétique ordinaire, daus la-
quelle on se sert des dix figures arabes i , a, 3 , <j ,
Digitized by Google
l84 MANUEL
5, 6,7, 8, 9,0, était inconnue aux Grecs et aux
Romains, et vint en Europe par l'Espagne, des
Arabes, qu'on dit l'avoir reçue desindiens. On sup-
pose qu'elle a pris sou origine des dix doigts de la
main dont on se servait dans les calculs avant que
l'arithmétique fût devenue un art.
Les Indiens sont très experts à calculer sans plume
ou encre, et les naturels du Pérou, dans l'Amérique
méridionale, qui font tout par l'arrangement de
grains de maïs , surpassent l'Européen aidé de toutes
ses règles et de ses moyens d'écrire. Mais la dexté-
rité de ce peuple ne peut être comparée aux faits
d'arithmétique mentale faits par George Bidder, le
jeune homme dont le portrait est à la téte de cet
article. Cet enfant étonnant, de très bonne heure, et
sans éducation, était capable de résoudre des pro-
blèmes d'arithmétique très difficiles, sans l'aide de
plume, de crayon, d'encre, ou d'aucun moyen pour
écrire, maïs seulement dans son esprit, aussi vite et
aussi correctement que les personnes les plus sa-
vantes d'après la méthode ordinaire. Nous avons, en
personne, vu son adresse inconcevable; et parmi
plusieurs questions difficiles qu'on lui fit, nous nous
rappelons celle-ci : en supposant que le soleil soit à
9 5 millions de milles (= 15,833,333,333 mètres) de
la terre, et qu'il fût possible à un insecte, dont le
pas est de 7 ponces et demi (=; 19 centimètres) par
minute, de traverser cet espace, combien de temps
serait-il a atteindre le soleil? Il résolut cela en très
peu de temps, et mentalement.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. l85
Plusieurs autres arithméticiens ont paru depuis
peu d'années. Parmi eux, Jedediah Buxton, paysan
ignorant, qui ne sut jamais ni lire ni écrire, parait
s'être distingué. Plusieurs des questions résolues par
cet homme ont été rassemblées. Parmi d'aulres, nous
nous rappelons celles-ci. Combien de fois une roue,
dont la circonférence est de 5 mètres , tournera-
i-elle en faisant 104 lieues? En i3 minutes, répondit
Buxton , 59,840 fois. On lui demanda alors : Et en
supposant que le sou voyage pendant 343 mètres
par seconde , combien y aura-t-il de temps ayant que
le bruit d'un canon soit entendu à 5 lieues ? Sa ré-
ponse fut i3 secondes f et il reste 46. On lui de-
manda de multiplier 4 5 fi par 378, il donna le pro-
duit en très peu de temps; et lorsqu'on lui dit de
répondre à la question à haute voix, afin qu'on pût
savoir sa méthode , il multiplia 456 par 5 , ce qui fit
»s8o, qu'il multiplia par ao, et trouva pour produit
45,6oo , qui était le multiplicande multiplié par 100.
Il multiplia ce produit par 3, ce qui fit t36,8oo,
produit du multiplicande par 3oo. Il restait, par
conséquent, à le multiplier par 78, ce qu'il fit en
multipliant 3,380 (ou le produit du multiplicande
par 5) par i5, car 5 fois i5 font 75. Ce produit étant
34 t a°o , il l'ajouta a 1 36, 800 , qui était le multipli-
cande multiplié par 3oo , et cela fit 171,000, ce qui
est 375 fois 456. Pour finir l'opération, il multiplia
456 par 3 , ce qui fit 1 368 , et ayant ajouté ce nombre
à 171,000, il trouva que le produit de 456 par 378,
est 173,368, Par la, il paraît qu'il connaissait si peu
Digitized by Google
l86 MANUEL
les règles ordinaires, qu'il multiplia 45(5 par 5, et ion
produit par au, pour voir quelle somme cela ferait
multiplié par too , pendant que s'il avait ajouté deux
chiffres , il aurait obtenu le produit d'un seul coup.
DIRE TOUT NOMBRE PEMSE.
Priez une personne de penser un nombre; par
exemple, un certain nombre de francs ; dites-lui d'em-
prunter cette somme à quelqu'un de la compagnie,
ut ajoutez le nombre emprunté au montant pensé. Il
faudra alors nommer la personne qui a prêté les francs,
et dire à celle qui fait le calcul de le faire avec beau-
coup de soin ; car elle pourrait bien se tromper, sur-
tout la première fois. Dites alors à cette personne : Je
ne vous en prête pas, maïs je vous en donne 10,
ajoutez-les à la première. Continuez ainsi , donnez-en
la moitié aux pauvres , et retenez dans votre mémoire
l'autre moitié. Ajoute* alors : rendez à monsieur ou à
madame ce que vous avez emprunté, et rappelez-vous
que la somme prêtée est tout-à-fait égale au nombre
pensé. Demandez à la personne si elle sait ce qui
reste , elle répondra oui. Il faut alors dire : et je sais
aussi ce qui reste , il est égal a ce que je vais cacher
dans ma main. Mettez dans une de vos mains 5 pièces
de monnaie, et priez la personne de dire combien
vous en avez; elle dira 5, sur quoi ouvrez votre
main , et montrez-lui les 5 pièces. Vous pouvez alors
dire : je savais bien que votre résultat était 5 ; mais
si vous aviez pensé un très grand nombre , par
exemple, a ou 3 millions , le résultat aurait été hien
Digilized by Google
DES JEUNES GENS. 187
plus grand , mais ma main n'aurait y*s tenu, ma
nombre de pièces égal au reste. La personne, sup-
posant que le résultat du calcul doit être différent
suivant la différence du nombre pensé, s'imaginera
qu'il faut connaître le dernier nombre pour deviner
le résultai; mais cette idée est fausse, car, dans le
cas que nous avons supposé , quel que soit le nombre
pensé, le reste doit toujours être 5. En voici la rai-
son ; la somme dont on donne la moitié aux pauvre
n'est que a fois le nombre pensé, plus 10, et lorsque
les pauvres ont reçu leur part, il ne Teste que le
nombre pensé , plus 5 ; mais le nombre pensé est ôté
lorsqu'on rend la somme empruntée, et par consé-
quent il ne reste que 5.
On peut voir de là que le résultat peut être aisé-
ment connu , puisqu'il sera la moitié du nombre
donné dans la troisième partie du calcul; par exem-
ple, quel que soit le nombre pensé, le résultat sera
3fi ou s5 , suivant qu'où a donné 71 ou 5o. Si on fait
ce tour plusieurs fois successivement, le nombre
donné dans la troisième partie de l'opération doit
toujours être différent ; car si le résultat était plu-
sieurs fois le même, on pourrait découvrir la trom-
perie. Lorsque les cinq premières parties du calcul
pour obtenir uu résultat sont finies, il vaut mieux ue
pas les nommer d'abord , mais continuer l'opération ,
pour la rendre plus compliquée, en disant, par
exemple : doublez le reste , fitez deux , ajoutez trois ,
prenez le quart, etc., et les différens pas du calcul
peuvent être employés, afin de savoir combien, le
Digitized by Google
l88 MAffUBL
premier résultat a été augmenté ou diminué. Ce
procédé irrégtdier ne manque jamais de confondre
ceux qui s'efforcent de le suivre.
SECONDE MANIERE.
Priez la personne d'A'er i du nombre pensé, et de
doubler alors le reste. Priez-la d'ôter i de ce double,
et de l'ajouter au nombre pensé. En dernier lieu,
demandez le nombre qui résulte de cette addition.
Si vous y ajoutez 3, le tiers de ia somme sera le
nombre pensé. L'application de cette règle est si
facile, qu'il ne sert de rien de l'éclaircir par un
exemple.
TROISIÈME MAHIÈBB.
Priez la personne d'ajouter i au triple du nombre
pensé, et multipliez la somme par 3. Priez la per-
sonne d'ajouter à ce produit le nombre pensé. Le
résultat sera une somme dont, si vous retranchez 3,
le reste sera io fois le nombre pensé ; et si vous 6tez
le chiffre de droite du reste, l'autre indiquera le
nombre cherché.
Exemple. Que le nombre pensé soit 6 , dont le
triple est i8. Si l'on y ajoute i , il vient 19; le triple
de ce dernier nombre est 57. Si ou y ajoute 6, il
vient 63. Si l'on en retranche 3, ii reste 60; or, si
l'on ôte le chiffre de droite, le chiffre qui reste, 6,
sera le nombre cherché.
QUATRIÈME METHODE.
Priez la personne de multiplier le nombre pensé
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 189
par lui-même, et priez-la alors d'ajouter 1 au nombre
pensé, et de le multiplier aussi par lui-même. En
dernier lieu, demandez -lui la différence de ces deux
produits, qui sera certainement un nombre impair,
et sa moindre moitié sera le nombre cherché.
Que le nombre pensé soit , par exemple, 10, qui,
mnltiplié par lui-même, donne 100. Ensuite, 10,
augmenté de 1, est 11, qui, multiplié par lui-même,
donne m , et la différence de ces deux carrés est si,
dont la moindre moitié étant 10, est le nombre
Cette opération peut être variée, en priant la per-
sonne de multiplier le second nombre par lui-même,
après l'avoir diminué de 1. Dans ce cas, le nombre
pensé sera égal à la plus grande moitié de la différence
des deux carrés.
Ainsi , dans l'exemple précédent, le carré du nom-
bre pensé est 100, et celui du même nombre moins I,
est 8t; leur différence est de 19, dont la plus grande
moitié, ou 10, est le nombre pensé.
dire oanx on plusieurs sombres peksés.
Si un on plusieurs des nombres pensés sont plus
grands que 9, il faut distinguer deux cas : celui dans
lequel ce nombre des nombres pensés est pair, et
celui dans lequel il est impair.
Dans le premier cas , demandez la somme du pre-
mier et du second, du second et du troisième, du
troisième et du quatrième, et ainsi de suite jusqu'au
dernier, et alors la somme du premier et du dernier.
Digitized by Google
igo MANUEL
Ayant écrit ces tommes successivement, ajouter en-
semble celles dont les facteurs sont impairs, tels que
la première, la troisième, la cinquième, etc.; failes
une autre somme de toutes celles dont les facteurs
sont pairs, telles tpie la seconde, la quatrième, la
sixième, etc. ; retranchez cetie somme de la première,
et le reste sera le double du premier nombre. Sup-
posons, par exemple, qu'on pense les cinq nombres
suivans, 3, 7, i3, 17, 10, qni, lorsqu'on les ajoute
deux à deux comme ci-dessus, donnent ïo, ao, 3o,
37, a3. La somme du premier, du troisième et du
cinquième est 63 , et celle du deuxième et du qua-
trième S7. Si l'on retranche 37 de 63, le reste 6 sera
le double du premier nombre 3. Or, si l'on ôte 3 de
10, le reste sera le second nombre 7; et en continuant
de cette manière, on peut trouver tout le reste.
Dans le second cas, c'est-à-dire si le nombre des
nombres pensés est pair, il faut demander et écrire,
comme ci-dessus , la somme du premier et du second,
celle du second et du troisième, et ainsi de suite,
comme avant; mais au lieu de la somme du premier
et du dernier, il faut prendre la somme du second et
du dernier; ajoutez ensemble ceux qui ont les fac-
teurs pairs , et faites-en une somme k part ; ajoutez
aussi ceux qui ont des facteurs impairs, excepté les
premiers, et retranchez cette somme de la première:
le reste sera le double du second nombre ; et si le
second nombre, ainsi trouvé, est retranché de la
somme du premier et du second, vous aurez le pre-
mier nombre. Si vous la retranchez de celle du se-
Drgrtized by Google
DES JEUNES GENS. igi
cond et du troisième, cela donnera le troisième, et
ainsi du reste. Que les nombres pensés soient , par
exemple ,3,7, i3, 17, les sommes, formées comme
ci-dessus, sont 10, 10, 3o, 34; la somme du second
et du quatrième est 44, dont, si l'on retranche 3o,
le troisième, le reste est 14, double de 7, le second
nombre. Le premier est, par conséquent, 3, le troi-
sième ï3, et le quatrième 17.
Lorsque chaque nombre pensé ne dépassé pas 9,
on peut aisément les trouver de la manière suivante :
Ayant fait ajouter à la personne 1 au double du
premier nombre pensé, priez-la de multiplier le tout
par 5 , et d'ajouter le produit au second nombre. S'il
y en a un troisième , faites-lui doubler la première
somme, et y ajouter 1 ; après quoi, priez-la de mul-
tiplier la nouvelle somme par 5, et de l'ajouter au
troisième nombre. S'il y en a un quatrième, conti-
nuez de la même manière, la priant de doubler la
somme précédente, d'y ajouter ï, de la multiplier
par 5 , d'ajouter le quatrième nombre , et ainsi de
suite.
Demandez alors le nombre résultant de l'addition
du dernier nombre pensé, et s'il y avait deux nom-
bres, retranchez-en 5; s'il y en a trois, 55; s'il y
en a quatre, 555, et ainsi de suite; car le reste
sera composé de chiffres, dont le premier de gauche
indiquera le premier nombre pensé; le suivant, le
second , et ainsi de suite.
Supposons que les nombres pensés soient 3, 4, 6;
en ajoutant 1 à 6 , double du premier, nous aurons 7,
Digiîized by Google
IÇ>i MANUEL
gui , élant multiplié par 5 , donne 35 ; si on y ajoute
alors 4, le second nombre pensé, on aura 39, qui,
doublé, est 78; et si nous ajoutons 1, et que nous
multiplions 79, somme, par 5, le résultat sera 3oS.
En dernier lieu, si nous ajoutons 6, nombre pensé,
la somme sera 401 ; et, si l'on en retranche 55, nous
aurons pour reste 346, dont les chiffres 3, 4, 6, in-
diquent, par leur ordre, les trois nombres pensés.
le jei: dp. l'a H G es T.
Une personne ayant dans une main une pièce d'or,
et dnns l'autre une pièce d'argent, vous pouvez dire
dans quelle main est l'or, et dans laquelle est l'argent,
de la manière suivante : Il faut donner à l'or une
valeur représentée par un nombre pair, tel que 8 ; et
à l'argent, une valeur représentée par un nombre
impair, tel que 3 ; ensuite , priez la personne de mul-
tiplier le nombre de la main droite par un nombre
pair, tel que a ; et celui de la main gauche par un
nombre impair, tel que 3 ; priez-la d'ajouter les deux
produits ensemble ; et si la somme est impaire , l'or
sera dans la main droite, et l'argent dans la gauche.
Si la somme est paire, le cas sera contraire.
Pour mieux cacher l'artifice , il suffira de demander
si la somme des deux produits peut se diminuer de
moitié sans reste; car, dans ce cas, le total sera pair,
et dans le cas contraire, impair.
On peut aisément voir que les pièces, au lieu d'être
dans les deux mains de la même personne, peuvent
être supposées dans les mains de deux personnes,
I
Digitized by Google
DES JECNES GENS. Ig3
dont l'une a le nombre pair, ou la pièce d'or, et
l'autre le nombre impair, ou la pièce d'argent. Les
mêmes opérations peuvent alors être faites sur ces
deux personnes, comme on les fait sur les deux mains
de la même personne, en appelant l'une la droite, et
l'autre la gauche.
LE JBC DE l'as sii.vu.
Ce jeu est une application d'une des méthodes
employées pour dire plusieurs nombres pensés, et
doit se faire dans une compagnie qui ne dépasse pas
neuf, afin qu'il soit moins comph'qué. Priez quel-
qu'un de la compagnie de prendre un anneau, et de
le mettre sur la jointure du doigt qu'il lui plaît La
question est alors de dire quelle personne a l'an-
neau, sur quelle main, sur quel doigt et sur quelle
jointure.
Pour cela , il faut appeler la première personne r,
la seconde a, la troisième 3, et ainsi de suite. Il faut
aussi nommer les dix doigts des deux mains des nom-
bres suivans, de la progression naturelle i, i, 3, 4,
5, etc., commençant au pouce de la main droite, et
finissant à celui de la main gauche, afin que, par cet
ordre, le numéro du doigt puisse indiquer la main.
Enfin, les jointures doivent être nommées i, a, 3,
commençant du bout des doigts.
Pour rendre la solution de ce problème plus facile,
supposons que la quatrième personne ait l'anneau sur
le sixième doigt, c'«st-à-dire le petit doigt de la main
gauche , et but la seconde jointure de ce doigt,
i- '7
Digilized by Google
194 MARCEL
Priez quelqu'un de doubler le nombre exprimant
la personne, ce qui , dans ce cas, donnera 8 ; priez-le
d'ajouter 5 à ce double, et de multiplier la somme
par 5, ce qui fera 65. Priez-le d'ajouter à ce produit
le nombre désignant le doigt , c'est-à-dire 6, à l'aide
duquel tous avez 71 ; et enfin priez-le de multiplier
le dernier nombre par 10, et d'ajouter à ce produit
le numéro de la jointure a. Le dernier résultat est
711, Si l'on retranche de ce nombre a5o, le resle
sera 1 d° u t I e premier chiffre de gauche désigne
la personne; le suivant, le doigt, et par conséquent
la main; et le dernier, la jointure.
Il faut observer ici que lorsque le dernier résultat
contient un chiffre qui serait arrivé dans l'exemple
actuel, si le nombre du doigt eût été 10, il fallait
retrancher la figure précédant ce chiffre , et donner
au chiffre même la valeur 10.
tE JEU DU SaC.
Laisser une personne choisir plusieurs numéros
hors d'un sac , et lui dire le nombre qui divise exac-
tement la somme de ceux qu'il a choisis. Ayez un
petit sac, divisé en deux parties : mettez dans une
d'elles plusieurs billets, numérotés 6, 9, i5, 36, 63,
110, ai3, 3og, etc.; et dans l'autre partie, mettez
autant de billets, marqués n° 3 seulement. Tirez une
poignée de billets de la première partie , et après les
avoir montrés à la compagnie, remettez-les dans le
sac; et, l'ayant ouvert une seconde fois, priez quel-
qu'un de tirer autant de billets qu'il jugera con«-
DES JEUNES (1ENS. H|'J
nable. Lorsqu'il l'a fait, ouvrez secrètement l'autre
partie du sac, et priez-le de tirer un seul billet. Vous
pouvez en toute sûreté dire que le billet contiendra
le nombre par lequel le montant des autres est divi-
sible ; car, comme chaque nombre peut être multiplié
par 3, leur somme totale doit, par conséquent, être
divisible par ce nombre.
Un esprit ingénieux peut aisément diversifier cet
exercice, en marquant les billets d'uue partie du sac,
de nombres qui ne sont divisibles que par 9, les pro-
priétés de g et de 3 étant les mêmes; et il ne faut
jamais ie nsontrer deux fois à la même compagnie sa us
le varier.
Digitized by Google
I96 MANUEL
ff
+
+
Digitizsd by Google
DES JEUNES GENS.
>97
i-b hombrb mkuf. (Voyez la page opposée.)
La découverte suivante des propriétés remarqua-
bles du nombre g fut faite accidentellement il y a
plus de
quarante ans, quoique nous pensions qu'on
ne les connaît pas généralement.
Les figures du produit, fait par la multiplication
de cliaque chiffre du nombre 9, ajoutées ensemble,
font 9.
L'ordre de ces chiffres est renversé, après que ledit
nombre a été multiplié par 5.
Les chiffres composant le montant des multiplica-
teurs (voyez 45), ajoutés ensemble, font 9.
Le montant des différens produits, ou multiples
de y (voyez 4o5), divisé par 9, donne pour quotient
45, c'est-à-dire 4 + 5 = 9.
Le montant du premier produit (voyez g), ajouté
aux autres produits, dont les chiffres composons font
9, est 81 , qui est le carré de 9.
Ledit nombre 81, ajouté au montant ci-dessus des
différens produits ou multiples de 9 (voyez 4o5),
fait 486 , qui, divisé par 9, donne pour quotient 54 ,
c'est-à-dire 5 ■+■ 4 = 9.
II est aussi digne d'observation que le nombre des
changemens qu'on pent mettre sur 9 cloches, est
363,8So, dont les chiffres ajoutés ensemble font 27,
c'est-à-dire 3-1-7 = 9.
Et le quotient de 36a,88o, divisé par 9, sera
4o,3ao , c'est-à-dire 4- 4_ °-+-3-l-2-*-o=;g.
Ajoutez à tout le nombre pensé un chiffre qui le
Digitized by Google
TG/8 MANUEL
rendra divisible par 9 ; ajoutez les chiffres dans voire
esprit, et le chiffre qu'il faut ajouter à cette somme
pour la rendre divisible par 9, est le chiffre demandé.
Ainsi, supposons que le nombre donné soit j&ati
ajoutez-les ensemble, et vous aurez i5. Or, i5 de-
mande 3 pour être divisible par 9, et ce nombre 3,
ajouté a ja5i, cause la même divisibilité.
75m
3
9)75^4(836
On peut diversifier cet exercice en spécifiant, avant
que la somme soit nommée, l'endroit particulier où
le chiffre sera inséré , pour rendre le nombre divi-
sible par 9; car cela est exactement la même chose,
soit qu'on mette le chiffre à la droite du nombre,
ou entre deux de ses chiffres.
LE JEU CEBTAIJf.
Deux personnes conviennent de prendre alternati-
vement des nombres moindres qu'un nombre donné;
par exemple, 11, et de les ajouter ensemble, jusqu'à
ce qu'une d'elles ait atteint une certaine somme , telle
que 100. Par quel moyen une d'elles peut-elle infail-
liblement atteindre ce nombre avant Vautre ?
Tout l'artifice de ceci consiste à faire choix immé-
diatement des nombres 1 , is , a3 , 34, et ainsi de
suite, ou une série qui augmente continuellement de
1 1 jusqu'à 100. Supposons que la première personne,
qui sait le jeu, choisisse I, il est évident que son
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 1ÇJ9
adversaire, comme il doit compter moins que 1 1, peut
au moins atteindre 1 1 , en y ajoutant io. Le premier
prendra i, ce qui fera iî ; et, quel que soit le nombre
que l'autre puisse ajouter, le premier gagnera cer-
tainement, pourvu qu'il ajoute continuellement le
nombre qui forme le complément de celui de votre
adversaire. Pour 1 1, c'est-à-dire si le premier prend
8, il doit prendre 3, 9, il doit prendre », et ainsi
de suite. En suivant cette méthode, il atteindra in-
failliblement à 89; et il sera alors impossible, pour
le second, de l'empêcher d'atteindre à 100; car,
quelque nombre qu'il prenne , il ne pourra atteindre
qu'à 99. Après quoi le premier peut dire, et 1 font
100. Si le second prend 1 après 89 , il aura 90 ; et
l'adversaire finira, en disant, et 10 font 100. Entre
deux personnes qui connaissent également le jeu,
celle qui commence doit nécessairement gagner.
SIÈCLE MAGIQUE.
Si le nombre 11 est multiplié par un des neuf
chiffres , les deux chiffres dn produit seront toujours
égaux, comme on le voit dans l'exemple suivant :
II 11 11 11 II 11 il il 11
ii345 6 7 8 9
11 31 33 44 55 66 77 88 99
Or si une autre personne et vous avez 5o jetons,
et que vous conveniez de n'en mettre chaque fois
que 10 au jeu, vous pouvez lui dire, que si elle vous
Digitized by Google
200 MANUEL
laisse mettre au jeu d'abord , vous atteindrez toujours
le siècle pair avant elle.
Pour réussir, il faut d'abord mettre 1 ; et vous rap-
pelant l'ordre des séries ci-dessus, ajoutez toujours à
ce qu'elle met ce qu'il faut pour faire un de plus que
les nombres il, aa , 33, etc., dont il se compose,
jusqu'à ce que vous veniez à 89 , après quoi votre
adversaire ne peut atteindre le siècle pair, ni vons
empêcher de l'atteindre.
Si votre adversaire ne connaît pas les nombres,
vous pouvez mettre tout autre nombre sous 1 o, pourvu
surtout que vous ayez soin de vous assurer un des
derniers termes, 56, 67, 78, etc.; ou vous pouvez
même le laisser mettre d'abord, si vous avez ensuite
soin de vous assurer un de ces nombres.
Cet exercice peut se faire avec d'autres nombres;
mais, pour réussir, il faut diviser le nombre à attein-
dre par uu nombre qui soit une unité plus grande
que celle que vous pouvez mettre chaque fois, et le
reste sera le nombre que vous devez d'abord mettre.
Supposons, par exemple, que le nombre à atteindre
soit 5s (se servant d'un paquet de cartes au lieu de
jetons), et qu'il ne faille jamais ajouter plus de 6,
divisant 5a par 7 : le reste, qui est 3, sera le nombre
qu'il faudra d'abord mettre; et, quelque chose que
votre adversaire mette, il faut ajouter ce qui le ren-
dra égal à 7, nombre par lequel vous avez divisé , et
ainsi en continuant.
Digitized by Google
DES JKUIÏES GENS.
aoi
DEVJKER UW CHIPFBB ÔTR.
Dire le chiffre qu'une personne a filé de la somme
de deux nombres donnés. Ne dites que les nombres
qui sont divisibles par 9; tels, par exemple, que 3fi,
63, 81, 117, ts6, ifii, s6i, 36o, 3i5 et 43».
Priez une personne de choisir d;ux de ces nom-
bres; et après les avoir a j on tés dans son esprit, ôter
de la somme le chiffre qu'il lui plaira.
Apres qu'elle l'a fait, priez-la de vous dire la somme
des chiffres restans, et le chiffre qu'il faudra ajouter
à ce montant pour le rendre 9 ou 1 8, sera celui qu'elle
a ôté. Ainsi :
Supposons qu'il choisisse les nombres 163 et 361,
qui font ijaî , et qu'il ôte la figure du centre , les deux
autres chiffres, ajoutés ensemble, feront 7, qui, pour
faire 9 , demande a , le nombre ôté.
LE DÉ OBVISH SA H S LB VOIB.
Une paire de dés étant jetée, trouver les points de
chaque dé , sans les voir. Priez la personne qui a jeté
les dés , de doubler le nombre de points de l'un
d'eux, et d'y ajouter S, alors, de multiplier la somme
produite par 5 , et d'ajouter au produit le nombre
de points de l'autre dé. Cela fait, priez-la de vous
dire le montant; et après en avoir ôté i5, le reste
sera un nombre composé de deux chiffres, dont le
premier de gauche est le nombre de points du pre-
mier dé, et le second chiffre à droite, le nombre de
l'autre. Ainsi :
Digitized by Google
202
MANUEL
Supposons que lu nombre de points du premier dé
soit a, et celui de l'autre, 3. Alors, si à 4i double
des points du premier, oo ajoute 5, et qu'on multi-
plie par 5 , la somme produite , g , le produit sera 45.
Si on ajoute 3 , le nombre de points de l'autre dé,
on aura 48, dont, si l'on retranche a5, il reste a3,
dont le premier chiffre est a , nomhre de points du
premier dé, et le second chiffre 3, le nombre de
points de l'autre.
LE SOUVEBAIS ET IE SAGE.
Un souverain voulant donner une récompense li-
bérale à un de ses courtisans qui avait rendu un ser-
vice très important, lui dit de demander ce qu'il
jugerait convenable, l'assurant qu'il l'accorderait. Le
courtisan , qui connaissait bien la science des nom-
bres, demanda seulement que le monarque lui donnât
une quantité de froment égale à ce qui résulterait
d'un grain doublé 63 fois successivement. La va-
leur de la récompense était immense ; car on trou-
vera, par le calcul, que le soixante-quatrième terme
de la double progression, divisée par 1, 1, 4, 8, 16,
3a, etc., est 9,aa3,37î,o3fi,854,775,8o8. Mais la
somme de Ions les termes d'une double progression ,
commençant par 1 , peut s'obtenir en doublant le
dernier terme, et en retranchant 1. Le nombre des
grains de froment, dans ce cas, est par conséquent
18,446,744,073,709,551,615. Or, si une pinte (—473
centilitres) contient 9:116 grains de froment, un gallon
( = 3 litres 785) eu contiendra 73,718; et comme
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 2o3
huit gallons font an bushtl (= 3o litres a8), si nous
divisons le résullat ci-dessus par 8 fois 73,728, nous
aurons 3 1, 1174,997, pour le nombre de bushels
( = 3g,8a4,99î,533,885 décalitres) de froment, égal
au nombre ci-dcssui de grains , quantité plus grande
que celle que toute la surface de la terre pourrait
produire en plusieurs années , et dont la valeur dé-
passerait peut-être toutes les richesses du globe.
LE MARCHE DU HAQOIOVOJf.
Un monsieur prenant goût à un cheval, dont un
maquignon voulait se défaire à un prix aussi haut
qu'il lui plairait, ce dernier, pour engager le mou-
sieur à l'acheter, lui offrit de lui donner le cheval
pour la valeur du 34' clou de ses sabots, demandant
1 liard pour le premier, 3 pour le second, 4 pour le
troisième, et ainsi jusqu'au vingt -quatrième. Le
monsieur, pensant qu'il aurait un bon marché, ac-
cepta l'offre; le prix du cheval fut cependant néces-
sairement grand.
En calculant comme ci-devant; le 34 e terme de la
progression 1, 1, 4, 8, etc., sera S, 388, 608, égal an
nombre de liard* que l'acheteur donna pour le che-
val : le prix monta, par conséquent, à 8,736 liv. a s.
8 d. (= 310,110 fr. 4 cent.)
U PARTIE DE DÎHEA.
Une société de sept personnes convient de dîner
ensemble chaque jour successivement , aussi long-
temps qu'elles pourront se mettre à table différem-
Digitized by Google
3o4 manuel
ment arrangée». Combien de dîners seraient néces-
saires pour cela? On peut trouver aisément, par les
règles déjà données, que la société doit dîner en-
semble 5,o4o fois avant d'épuiser tous les arrange-
niens possibles, ce qui demanderait plus de treize ans.
combihaisors o'ns akagbammb.
Si l'on propose un mot, par exemple, amor, et
qu'on demande à savoir combien on pourrait faire de
mots dîfférens de ces quatre lettres, qui donneront
tous les anagrammes possibles de ce mot , en mul-
tipliant ensemble », 3 et 4, leur nombre est a4,
comme on le voit dans le tableau suivant :
AMOR
MORA
Oïl A M
RAMO
À MRO
MOAR
OR MA
RAOM
AOMR
MRO A
OARM
RMAO
ARMO
MRAO
OAMR
RMOA
AORM
MAOR
OMRA
ROAM
AROM
MARO
OMAR
ROMA
LE
! LES PIERRES.
Si l'on place cent pierres en ligne droite, à la dis-
tance d'un mètre l'une de l'autre , la première étant
à la même distance d'un panier, combien de mètres
doit faire la personne qui s'engage à les ramasser et
à les mettre dans le panier, une à nue? U est évident
que , pour ramasser la première pierre et la mettre
dans le panier, la personne doit faire 1 mètre 80;
pour la seconde , 3 mètres fio; pour la troisième,
5 mètres 4o, et ainsi de suite, augmentant de deux
jusqu'à la centième.
Digitized by Google
-DES JEUNES GENS. 2o5
Le nombre de métrés que la personne doit faire
sera, par conséquent, égal à la somme de la progres-
sion a , 4 , 6, etc., dont le dernier terme est 100 (as).
Mais la somme de la progression est égale à aoa ,
somme des deux extrêmes, multipliée par 5o, ou la
moitié du nombre des termes, c'est-à-dire 9099 mè-
tres, ce qui fait pins de cinq milles et demi.
3
LA SOURICIEHF, ARITHMETIQUE.
Une des meilleures et des plus simples souricières
en usage , peut se construire de la manière suivante :
Ayez un morceau de liège doux, épais d'à peu près
un huitième de pouce, large d'an quart de pouce,
et d'une longueur suffisante pour couper les parties
suivantes de la trappe. D'abord, un morceau droit,
haut de 3 à 4 pouces, qui doit être carré au bas, et
un petit morceau ôté du haut, pour remplir l'entaille
tlu n° a {noyez n° 1 dans la figure ). La seconde pièce
doit être de la même longueur que la première, avec
un nœud coupé presque au haut, pour remplir le haut
du n° i| et l'autre bout ajusté pour attraper l'entaille
du n° 3 {voyez n° 1). Le troisième morceau doit être
deux fois aussi long qu'un des deux autres; nn nœud
semblable à celui du n° 1 doit être fait à un bout,
.8
Digitized by Google
2û6 MANUEL
pour recevoir le bout le plus bas da n° 3. Ayant été
jusque là, il faut mettre les morceaux ensemble pour
la finir, en ajonlant une entaille au n" 3, dont vous
découvrirez la position exacte de cette manière. Placez
n° 1 comme il est dans la gravure, mettez le nœud du
n" a sur le bout aminci du n° r, tenez-le dans la môme
inclinaison que dans la gravure, ayez un morceau de
boîs plat ou une ardoise , dont un bout doit être sur la
terre, et le centre du bout de l'autre, sur le bout du
n° a ; vous trouverez alors que le bout aminci du n° a
est élevé par le poids du morceau de bois plat ou de
l'ardoise; mettez-en alors le bout aminci dans le noeud
du n" 3 , et abaissez n° a k côté , jusqu'à ce que le
tout ressemble à un chiffre 4. A l'endroit même où le
n° 3 touche le bâton droit, faites un nœud , qui, at-
trapant le bout du n° 1, retiendra la souricière. Vous
pouvez alors amorcer le bout du n° 3 d'un morceau
de fromage. Une souris, en dévorant l'appât, fera
tomber n° 3 ; les autres morceaux se séparent immé-
diatement , et l'ardoise ou la planche tombe. Nous
avons vu beaucoup de souris , de rats et d'oiseaux
pris par cette souricière en 4.
Digitized by Google
DES JEUNES CENS.
AMUSEMENS MAGNÉTIQUES.
Plus riche que l'or, ou que tout ce que l'homme
tira jamais du sein de la terre, la pierre d'aimant,
jouet dans l'enfance, est, dans l'ége mur, no guide
vrai et constant au traders de l'Océan et des sables
du désert.
C'est l'observation d'un grand auteur vivant, que
l'enfant est le père de l'homme. Ceci n'est pas une
simple fiction poétique, mais cela nous paraît une vé-
rité palpable ; car nous voyons souvent le cours futur
de la vie tourné du côté de l'inclination de la jeunesse,
comme l'arbre est courbé suivant l'inclinaison du re-
jeton. On peut faire une assez bonne conjectare sur
ce que seront les poursuites de l'âge mûr, d'après
les amnsemens individuels de l'enfance. Nous trou-
vons qu'un des amusemens favoris de Napoléon Bo-
naparte, au collège, était de former ses compagnons
Digiîized by Google
ao8
MANUEL
en deux parties, dont l'une attaquait, et l'autre dé-
fendait une forteresse de neige, construite par le futur
conquérant de l'Italie , d'après les principes de for-
tiiication qu'il avait alors acquis. La lecture acciden-
telle de Spencer a réveillé le goût de la poésie dans
le sein de plusieurs enfans, et en a fait des auteurs
célèbres. Un des meilleurs mécaniciens de ce jour
attribue ce choix de sa profession, dont il est main-
tenant un si grand ornement, à une vieille cloche
hollandaise en morceaux , qui lui avait été donnée
par un ami , comme jouet , lorsqu'il n'avait que dix
ans. Nons connaissons un célèbre chimiste qui prit le
goût de son état actuel , en ce qu'il a été témoin , dans
son enfance, de quelques expériences faites par un
professeur ; et il est arrivé des événemens plus im-
probables que ne le serait celui qu'un de nos jeunes
lecteurs devint, dans l'âge mûr, un second capitaine
Cook, ou lord Anson, en lisant les récréations ma-
gnétiques suivantes :
L'aimant, ou pierre d'aimant, est une sorle de
substance ferrugineuse trouvée dans l'île d'Elbe, en
Suède, en Corse, au Bengale et à la Chine. Il a les
propriétés d'attirer le fer, de se diriger vers les pôles
du monde , et de communiquer au fer, par le con-
tact, sa vertu, sans perdre de son pouvoir. En effet,
on peut rendre des aimans artificiels plus Forts que
des aimans naturels.
La découverte de l'inclinaison magnétique vers les
pôles du monde a été un avantage immense pour les
navigateurs. On dit que les anciens se servaient de
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 1!0<)
l'aimant en médecine; mais ils ignoraient tout-à-fait
ses propriétés plus utiles.
Que la navigation des vaisseaux était rude, lorsque
ni boussole a style, ni méridien, n'étaient cou-
nus ! Côtoyant , ne perdant pas la terre de vue ,
ils ne connaissaient le nord que lorsque l'étoile
polaire brillait. Cela est très différent à présent; a
l'aide de la boussole nous traversons de vastes océans,
loin de tout bord, et nous savons notre route au milieu
d'eux , anssi-bien que les anciens la savaient en glis-
sant le long des côtes, et s'aventurant rarement hors
de vue de la terre. La conséquence en est que
Tout le globe est maintenant du commerce desenu
l'immense scène, scène que fréquentent des vaisseaux
hardis , associés comme des colombes ou des hiron-
delles dans la région de l'air, ou qui , comme l'aigle ,
sont vus solitaires.
On né sait pas positivement quel fut l'inventeur
de la boussole, mais l'honneur en est généralement
donné à un habitant d'Amalû , dans le royaume de
Naples, nommé Flavio de Giovfl.
La boussole est une boîte de cuivre, avec un papier
au fond, sur lequel les trente-deux points de la rose
des vents sont marqués; au-dessus l'aiguille aiman-
tée est placée. Elle tourne invariablement vers le
nord, excepté dans peu d'exemples, en divers en-
droits du monde, où l'on a aperçu une légère varia-
tion; mais elle est toujours assez tournée vers le pôle
pour aider le marin, par un seul regard, à voir »
Digitized by Google
210 MANUEL
«on vaisseau poursuit sa course donnée au milieu dn
Et ce n'est pas seulement au marin que la boussole
sert de guide, les voyageurs s'en servent souvent en
traversant d'immenses déserts, qui n'ont ni marques
ni chemins battus pour diriger leurs pas.
Les caravanes voyageuses poursuivent, an travers
de neiges éblouissantes , leur route longue et sans
trace. Par la boussole elles s'avancent, de semaine
HïHI&aB M FAIRE DBS AIMAS S.
Le magnétisme, comme l'électricité, ne dépend
que de l'attraction ; il a aussi une propriété négative ,
celle de la répulsion, dans des circonstances particu-
lières , et de cette qualité proviennent plusieurs des
expériences curieuses dont le magnétisme peut de-
venir la base. L'acier et le fer contiennent beaucoup
d'attraction positive qu'on peut mettre enjeu, et faire
passer d'une barre à l'autre par le frottement seul.
Nos pelles et pincettes, pour le feu, offrent lej
meilleurs moyens de faire des aimans, à cause de leur
position verticale, quoiqu'on puisse se servir avec
avantage de limes et d'autres outils pour frotter, tou-
jours dans la même direction. Prenez un morceau
d'acier doux, de la taille demandée d'un aimant , et,
l'attachant avec un fil à la partie supérieure de la
pelle, suspendez-les dans la main gauche ; et prenant
les pincettes par le milieu dans la main droite , frap-
pez la pelle avec la pointe dix fois en haut, que la
DES JEUNES GENS. 211
pelle fasse alors un demi -cercle, et répètes ceci du
côté opposé , et l'acier aura acquis un pouvoir ma-
gnétique de peu de chose, mais qu'on peut augmen-
ter par un plus grand frottement avec plusieurs barres
d'acier ensemble.
AlHAMT u'acier.
Ayant d'abord marqué le pôle du nord (i) de
l'acier, et aimanté plusieurs barres, mettez-en deux
à côté l'une de l'autre, mais ayant leurs pôles ren-
versés , le nord de l'un étant à côté du sud de l'antre,
mais ayant un espace entre. A chaque bout placez
on morceau de fer en contact avec les deux, et frot-
tant alors, ou plutôt frappant les côtés de cette paire
contre les bouts d'une autre, et ainsi de suite, -vica
versa, on peut se procurer deux ou plusieurs paires
de bons aitnans. Lorsque les bouts se frottent , il faut
qu'il y ait un nord et un sud ensemble; et an bout
inférieur, il faut les séparer avec une épingle.
■ Tels sont les principes par lesquels le pouvoir ma-
gnétique est communiqué à l'acier, et on peut l'aug-
menter par certains procédés d'une nature semblable,
qu'on acquiert en s'exerçant. Le prix des aimans est
cependant si bas, qu'à moins d'un motif de curiosité,
personne n'entreprendrait la tâche d'en faire. Comme
(i) Le bout supérieur de tontes les barres ou verges, est
le pôle sud dans cet hémisphère septentrional , pendant
que, dans l' hémisphère méridional, le bout supérieur est
le nord.
Digitized by Google
a 1 3 MANUEL
les deux bouts d'un aimant sont ses pôles, il en est
ainsi d'une aiguille aimantée , posée en équilibre
sur un pivot : le bout qui tourne vers le nord est ap-
pelé son pôle du nord , l'autre est par conséquent le
sud. Lorsque le pôle du nord d'un aimant est pré-
senté au pôle du sud d'un antre, une attraction égale
à ses pouvoirs a lieu ; et si la substance attirée flotte
sur da liquide, ou dans toute autre situation capable
de changer de lieu, ils approchent, ou viennent en
contact l'un avec l'antre. Plusieurs des expériences
magnétiques sont fondées sur ce principe ; mais , en
général , on fait pen d'attention à cette circonstance ,
que, si l'on présente le pôle du nord à un autre pôle
du nord , la répulsion arrive, comme dans le cygne
merveilleux.
LE CïCSE MERVEILLEUX.
On doit découper en liège la ligure d'un cygne,
la couvrir d'une couche de cire blanche, et faire les
yeux de perles. Cachez dans son corps une barre ai-
mantée, et faites-le flotter sur un bassin d'eau. Au-
tour du bord du bassin on peut placer plusieurs
choses ; et surtout une cabane à cygne, telle qu'on en
voit sur les rivières, peut pendre et toucher l'eau.
Le cygne peut s'y réfugier quelquefois, et on peut
l'y faire tourner, pour augmenter l'étonnement des
spectateurs. Du ménagement de la barre magnétique
placée dans le cygne , et de la verge magnétique ,
dépendent toutes les expériences qu'on doit attendre
de l'approche ou de l'éloigné ment du cygne , en
Digitized by Google
DES JEUNES GENS.
présentant au bord du bassin les pôles du sud et du
nord alternativement.
La verge se fait ainsi : Faites an trou de 3 dixièmes
de pouce en diamètre, dans un morceau de bois rond,
ou ayez une canne creuse, longue d'û pen près huit
pouces , et épaisse d'un demi-pouce. Ayez une petite
barre d'acier, et qu'elle soit fortement imprégnée
d'un hou aimant; cette barre doit être placée dans le
trou que vous aurez fait dans la verge, et fermée aux
deux bouts par deux petits morceaux d'ivoire, qui
peuvent se visser, dïfférens en laille, afin de distinguer
aisément les pôles de la barre magnétique. Ce pro-
cédé s'applique à toutes espèces de figures flottantes,
telles que des vaisseaux, etc.
LB P0IS3OH MAGNÉTIQUE.
Un jouet agréable, d'un principe semblable à la
récréation précédente , peut s'acheter aux boutiques.
Il consiste en deux ou trois morceaux de plomb en
forme de poisson, creux et très légers.avee des arêtes,
des écailles , etc. , peints en imitation de la nature.
On insère dans la bouche de chacun un petit morceau
de fil de fer fortement magnétisé. La ligne est faite
d'un petit morceau de bois, long de quelques pouces,
auquel est attaché un fil, avec un hameçon de fer
aussi fortement magnétisé. En jetant le poisson
dans l'eau, et tenant la ligne et le hameçon, qu'on
peut amorcer, auprès , il suit l'appât ; et comme il
s'y attache, on peut le tirer promptement hors de
l'eau.
Digitized by Google
2l4
MANUEL
»' ASSURER SI UltE (U 1151 AS CE CO.NTIEST DU PEK.
Tenez un morceau de pierre d'aimant, ou un ai-
mant artificiel, près de la substance supposée conte-
nir du fer, et si elle en contient beaucoup , les deux
corps s'attacheront si fortement, qu'il faudra beau-
coup de force pour les séparer. Si la substance ne
contient que peu de fer, elie ne sera que peu attirée,
à moins qu'elle ne soit placée sur un morceau de boii
ou de liège flottant sur l'eau.
LES BOUQUETS MAGNÉTIQUES.
Dans une boîte de bois léger, qui se ferme a?ec
charnières, et longue d'à peu près 9 ou 10 pouces,
large de S ou 6 , et épaisse d'un pouce , comme A, B,
C, D, fîg. i, fixez un petit vase £, qui a un trou
Digiiizeo by Google
DES JEUNES GENS. 21 5
d'un côté, au travers duquel passez le bout d'un bou-
quet de fleurs artificielles, et ayez-en deux, tels que
F et G, figures i et a.
Les deux principales tiges de ces bouquets sont
faîtes d'acier, qui a été fortement aimanté; et il faut
observer que le pôle du nord de l'un de ces bouquets
doit être placé dans le vase , et que l'autre doit être
au bout de la fleur. Ces deux fils de métal, aussi-bien
que tous ceux qui composent la fleur, doivent être
couverts de soie.
Vous présentez un de ces bouquets à quelqu'un , et
lui donnez le cboix de le placer dans le vase, ou non.
Fermant alors la boîte, il doit vous la donner. En y
appliquant la boussole, vous voyez, par le mouve-
ment de l'aiguille, s'il y est ou non; car, s'il n'y
est pas, l'aiguille ne se fixera pas à un des bouts de
la boite.
Présentez alors les deux fleurs, et donnez-lui le
cboix d'en placer une, de la même manière, dans la
boîte, et en appliquant la boussole, comme avant,
vous voyez, par la position de l'aiguille, quel bou-
quet y est placé. Vous pouvez diversifier cette ré-
création en ayant trois fleurs, dont l'une ne doit pas
être aimantée, et donnant à la personne le choix d'en
placer dans la boîte; mais, dans ce cas-ci, il doit en
mettre une.
Il faut observer que l'aiguille de la boussole doit
être très sensible. Il est convenable d'essayer sa force
sur la tige du bouquet, avant que les fleurs soient
placées dessus.
Digitized by Google
2l6 MANUEL
f,E C1DB AN MIRACULEUX.
Ayez une case à cadran , comme A, B, C, D, fig. i,
de la taille de ceux dont on si? sert ordinairement
pour tenir une montre ; qu'elle soit placée sur le pié-
destal C, D, E, F, dans lequel il faut placer un petit
tiroir H, qui puisse tenir le carré A, B, C, D, fig. a,
sur lequel carré tracez le cercle des heures E, et, dan»
le centre, qu'il y ait une aiguille magnétique placée
sur la pointe d'un axe , qui , passant au travers du
carré , porte sur son autre
pointe un aimant artificiel,
qu'on doit cacher dans la par-
lie qui est sous le carré. L'ai-
guille magnétique elle-même
peut servir, si elle n'est pas
trop loin de l'autre cadran.
Afin qu'on nepuïsse pas soup-
çonner cette aiguille d'avoir
été aimantée, on peut la do-
rer, de manière à la faire pa-
raître comme du bronze.
Placez au fond de la case à cadran, a la partie I,
un autre cadran , dont les barres doivent être ren-
versées, comme on le voit dans la figure 3, et dont
l'heure de midi doit être placée devant le front de la
case G. Ajustes un pivot an centre de ce carré , et
fixez dessus une aiguille magnétique. Couvrez les
ouvertures du devant de la case du cadran ( eftepté
l'endroit où le cadran paraît) d'un verre double de
Digilized by Google
DES JECNES GENS. Z1 y
gaze en dedans , afin que h lumière puisse y entrer,
et illuminez le cadran qui y est placé. Vers le haut
de la case à cadran , placez un miroir incliné L, M,
qui , en réfléchissant le cadran placé au fond de la
case, le rendra visible à la partie N, où il faut ajus-
ter un cercle de carton, qui , bordant la partie où le
cadran paraît, et étant placé en dedans, empêchera
les bordures on le derrière du miroir d'être vu. Tout
étant ainsi ajusté, lorsque l'aiguille du cadran, fig. a ,
est mise à l'heure, et placée dans le tiroir de manière"
que l'heure de midi puisse être près de l'anneau par
lequel on Tôle, l'aiguïlle de l'autre cadran, placée
au fond de la case, se dirigera à la même heure; et
en regardant à la partie N, vous verrez, par le re-
flet du miroir, l'heure paraître devant le carré du
cadran.
Donnez le cadran, fig. 2, à quelqu-rs-, et dites-lui
de mettre la main sur l'heure qu'il lui plaira, et pla-
cez-le dans le tiroir, observant que l'heure de midi
soit près de l'anneau j et il verra alors l'aiguille du
haut du cadran se diriger vers la même heure.
I9
Digitized by Google
2l8 MANUEL
Note. — Si l'on fait attention à placer la case du
cadran Bar la table , de manière que l'aiguille du
cadran qui est caché (et qui tournera d'elle-même
vers le nord , si l'autre cadran n'est pas placé des-
sous ) se dirige vers l'heure actuelle, lorsque l'expé-
rience se fait, cela paraîtra plus extraordinaire, parce
que , lorsqu'on ôte le tiroir, elle retournera à l'heure
actuelle , ce qui rendra la cause de l'illusion encore
plus mystérieuse.
MONTRER QUE LES AIMAHS SB TOURNENT TOUJOURS
A PEU PRÈS VERS LE NORD ET LE SUD.
Prenez une aiguille non aimantée , ou une barre de
fer, et balancez-la sur un centre, dans une position
horizontale , et elle restera stationnaire dans toute
position; prenez la même barre ou aiguille, et com-
muniquez-y la vertu magnétique, comme on le dit
dans une expérience précédente, et elle tournera un
de ses bouts vers le nord, et ne restera dans aucune
autre position. Tous les airaans qui sont en liberté
d'obéir à l'influence magnétique tournent leur pôle
du nord vers le nord , et leur pôle du sud vers le
sud, quand il y a place pour la variation, qui
n'est pas seulement différente à différens endroits du
monde, mais différente au même endroit en diffé-
rens temps, quantité de cette variation ne peut se
détermiu'?; que par des moyens astronomiques.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS.
ai 9
Ayez une boite à charnière faite comme À, B, C, D,
fig. i, d'environ huit pouces de long, deux de large,
et d'un demi-pouce d'épaisseur; divisez-en l'inté-
rieur en quatre parties égales par des cloisons. Ayez
quatre petites cases E, F, G, H, qui contiendront
chacune de vos divisions, et dans chacune placez un
petit aimant artificiel, dont les pôles doivent être
placés comme dans la gravure. Couvrez ces cases de
carton ou d'ivoire très mince, sur lesquels il fant
écrire les quatre chiffres que vous jugerez à propos.
Dans une table I, L, dont le bois ne doit pas être
trop épais , ajustez un tiroir, au fond duquel il faut
placer un miroir incliné M, N, de la même longueur
et largeur que la boite mentionnée. Sous la planche
qui forme le haut de la table , et vers le côté où le
tiroir s'ouvre, placez une petite barre de bronze,
recourbée aux bouts, et sur laquelle il faut placer
quatre pivots, à la même distance l'un de l'autre que
les centres des cases placées dans la boite. Ces pivots
Digitized by Google
220 MANUEL
doivent soutenir quatre cercles de carton, P, Q, R, S,
fig. 3, qui doivent avoir chacun une aiguille magné-
tique.
Observez que les chiffres du carton ne doivent
pas seulement être renversés, mais être écrits en
dessous , près du fond des tiroirs , afin que lorsqu'on
l'ouvre, on puisse les voir dans le miroir qui y est
placé. Faites aussi attention à la disposition des pôles
des aiguilles, de la manière qu'on voit clairement
dans la figure 3.
Tout étant aînsî arrangé , lorsque vous avez placé
sur la table la boîte et les quatre nombres qui y sont
renfermés , de manière qn'ils puissent être exactement
sur les quatre cercles de carton cachés dans le tiroir,
c'est-à-dire que les centres soient sur les centres de
l'autre, les aiguilles des cercles se conformeront aux
aimans des cases ; de manière que , si un instant après
avoir placé la boîte vous ouvrez le tiroir assez loin
pour voir le miroir, vous apercevrez le nombre que
font les quatre chiffres des cases.
Donnez alors la boite et les quatre cases à quel-
qu'un, et dites-lui de former un nombre, en mettant
les cases dans l'ordre qu'il lui plaira, et de vous ren-
dre la boîte bien fermée. Vous la placez alors sur la
table et sur les cercles , et ouvrant le tiroir, sous pré-
texte de prendre une lorgnette , vous jetez l'œil sur le
miroir, et vous observez l'ordre des chiffres qui y
sont exprimés. Fermez alors le tiroir, et vous retirant
à quelque distance , faites semblant de discerner, avec
la lorgnette, le nombre que vous avez observé.
Digilized by Google
DES JEUNES GENS.
LES PERSPECTIVES MAGIQUES.
Au fond d'une boîte heptagone ou à sept côtés,
comme A, B, C, D, E, F, G, figure z , d'à peu
pris huit pouces de diamètre, et profonde d'un
pouce et demi, placez un cercle dé carton de cinq
pouces et demi de diamètre, très léger et très mo-
bile, sur un pivot fixé dans le centre H; sur ce cercle
fixe?, une aiguille fortement aimantée I , et divisez le
cercle en vingt et une parties égales , comme dans la
Fig. i. Fig. a.
Cette boîte doit être construite de manière qu'elle
paraisse être le piédestal des trois lunettes décrites
ensuite. Il faut couvrir le haut de la boite, de verre,
sur lequel il faut coller une feuille de très beau
papier, peint de la même couleur que la boîte, et
verni, afin que la lumière puisse aisément passer au
travers, et éclairer les objets qu'il faut écrire ou
peindre sur le cercle de carton. Au milieu du haut
Digitized by Google
222 MANUEL
de cette boite, élevez une colonne I {noyez la
figure 3 , page a»3), soutenue sur un piédestal M,
et surmontée de son chapiteau N.
Dans ie verre qui couvre la boîte, il doit y avoir
trois trous ronds, à égales distances l'un de l'autre,
comme O, P , Q , ayant chacun trois quarts de pouce
de diamètre, et sur chacun il faut fixer une lunette
d'approche immobile , comme celle de la figure 4-
Construction de la lunette d'approche. Ayez un
support de bois A {figure 4, page "3), dans lequel
faites un trou du haut en bas, de trois quarts de
pouce de diamètre. Sur ce support, placez la lunette
B, C, qui doit avoir un second tube D, comme
les lorgnettes ordinaires.
Dans la plus grande partie F, il faut qu'il y ait un
miroir ovale plus petit E, qui s'incline ou s'élève
à mesure qu'on enfonce ou qu'on retire le tube D.
Qu'il y ait un trou circulaire dans la partie du tube
qui est sur le support A, afin que lorsque le miroir
est incliné, on puisse voir au travers du support (le
la lunette tous les objets qui sont placés dans la boîte
sous un des trous O, P, Q. Placez les trois lunettes,
ainsi faites, sur ces trois trous.
Au fond du pied de chaque lunette, vous pouvez
placer une lentille de cinq à six pouces de diamètre,
pour agrandir l'objet.
Digitized by Google
DES JEOKES GENS. 223
Flg- 3. Fig. 4.
Combinaisons des objets qu'on peut dessiner sur le
cercle mobile de la boite, — Ce cercle doil être divisé,
comme nous l'avons dit, en vingt et une punies
égales, et chacune de ces divisions doit paraître sous
chaque ouverture 0, P, Q, lorsque le cercle tourne
sur son pivot.
Il faut déterminer les trois objets que vous voulez
faire paraître sous les Irois lunettes. Supposant, par
exemple, qu'ils soient représentés par les chiffres
I, », 3, vous verrez que ces chiffres ont six combi-
naisons ou dispositions différentes, telles qpe
1,3,3. i,3, a. a, i, 3. a, 3, I. 3, i , a. 3, a, i.
Placez les nombres ou les objets qu'ils représentent
dans un tel ordre, que le premier nombre i de lu
première combinaison ï , a, 3, puisse être dans la
première division A du cercle (voyez figure a), le
second nombre a, dans la huitième, et le troisième
nombre 3, dans la quinzième division, ufin que le
Digitized by Google
224 MANUEL
premier nombre i de la seconde combinaison puisse
être placé dans la seconde division B, le second
nombre 3 dans la neuvième division , et le troisième
nomhre a dans la seizième division, etc. Ayant ainsi
rempli dix-huit divisions des six combinaisons des
nombres, il faut laisser les trois autres blanches.
Le cercle étant ainsi préparé, il faut le poser sur
son pivot, et, sur un des sept côtés de la boîte,
figure i , il faut placer un levier ou un point d'arrêt ,
qui, étant ahaissé à loisir sur le cercle, poisse l'em-
pêcher de tourner.
Quand les trois lunettes sont placées sur la
boite, et tournées vers la colonne élevée dans le
centre, si l'on y enfonce le plus petit tube, cela
élève le miroir qui est placé dans chacune, et par le
trou B on voit la colonne. Si, au contraire, on retire
un peu le petit tube, le miroir s'incline, et alors
vous voyez on des trois objets placés dans la boite,
sous chaque ouverture des pieds de la lunette;
et ces objets paraîtront nécessairement dans l'ordre
d'une des six combinaisons dont ils sont seuls sus-
ceptibles. En plaçant la boite sur la table, dans la-
quelle on peut cacher une barre aimantée, longue de
six pouces, et dont vous savez la direction, vous
pouvez, faire paraître les trois objets mentionnés vis-
à-vis des trois trousO,P,Q, avec tous leurs chan-
geinens ; car it n'est plus nécessaire que de placer la
boîte suivant une marque qui est sur la table, vis-à-
vis de laquelle il faut placer un de ses sept côtés , et
es laissant tomber le ressort ferré, vous maintenez le
Digitizsd by Google
DES JEUNES GENS. 2a5
cercle fixé. Cette barre doit être fortement aimantée,
afin qu'elle puisse tourner promptement vers le cercle
de carton.
Les amusemens qu'on doit faire arec ces lu-
nettes peuvent se varier suivant le nombre des objets
dîfférens qu'on peut placer sur le cercle mobile; nom
nous contenterons ici de donner un exemple en
chiffres, qu'on peut appliquer à tout autre objet, la
différence des objets ne faisant pas la moindre diffé-
rence dans la manière d'exécuter cette récréation,
qui , lorsqu'on la fait bien, ne manque jamais d'exci-
ter la plus grande admiration.
D'abord , il faut placer le cercle mobile de ma-
nière à ce que les trois divisions , sur lesquelles il n'y
a rien d'écrit, puissent paraître sous les trois trous
O, P, Q (il faut faire ceci avec le levier, en secret,
avant de mettre la machine sur la table ) , et il faut
disposer le petit tube des lunettes de manière que
les miroirs du dedans s'inclinent à 45 degrés, c'est-
à-dire à moitié d'une ligne tracée perpendiculaire au
terrain et à sa surface, et réfléchir les objets placés
sous ces trous.
Les lunettes étant ainsi disposées, on les place
sur la table, et on donne le loisir à ceux qui le dé-
sirent de regarder dedans, car ils ne peuvent rien
voir. Vous devez, alors présenter à trois personnes
différentes les trois objets que vous jugerez à propos;
ces objets peuvent être des chiffres, des fleurs, des
mots , etc. Il est seulement nécessaire que le cercle
soit convenablement peint. Vous pouvez anssi avoir
Digitized by Google
22& MANUEL
des cercles différées, pour varier la récréation encore
plus, en les changeant en secret. Nous supposerons
les chiffres c , 3,3; lorsque chaque personne a choisi
un de ces nombres, roulez les trois cartes sur les-
quelles ils sont écrits , et mettez-les dans la colonne,
vis-à-vis de laquelle on place les trois lunettes.
Donnez à chaque personne la liberté de choisir le
verre dans lequel elle veut voir son objet j le verre
que la première personne choisit est indifférent avant
qu'on place la boîte sur la table ; mais si la seconde
ne nomme pas celui sous lequel son objet est placé,
il faut remuer la boîte. Cependant le hasard est égal
dans tous les cas , et elles voient toutes trois leurs
objets.
Lorsque les trois personnes ont choisi leurs lu-
nettes, la boîte doit être placée sur la table, où la
barre est cachée, ayant soin de la mettre dans une
direction telle, que l'ouverture O , P, Q puisse cor-
respondre aux parties du cercle sur lesquelles les
objets sont écrits.
Il faut donner au cercle peu de temps pour se
remettre , et alors on abat le levier. Les personnes
regardant au travers de la lunette que chacune a
choisie , leurs objets leur paraîtront naturellement
dans la partie de la colonne où leurs cartes étaient
placée,.
Vous pouvez alors proposer à chacune d'elles de
lui faire voir son objet au travers d'une autre lu-
nette j ce que vous faites en levant le levier, et
mettant la boîte dans une direction différente.
Digitized by GoogI
DES JEDNES GENS. 227
Note. Il faut de la mémoire pour faire cette ré-
création avec facilité ; car il faut avoir dans l'esprit
les six changement d'ordre, que la liberté que vous
donnez aux spectateurs de voir au travers des verres
qui leur plaisent demande. Vous pouvez cependant ,
pour éviter de surcharger votre mémoire, placer sur
la boîte certains signes qui , pendant qu'ils paraissent
être des ornemens, vous montrent dans quelle direc-
tion il faut placer la boîte.
Ll TABLE MAGHÉTIQOE.
Sous le dessus d'une table ordinaire, placez un
aimant qui tourne sur un pivot , et fixez une planche
dessous, afin que rien ne puisse paraître; il peut
aussi y avoir un tiroir sous la table, que vous tirez
pour montrer qu'il n'y a rien de caché. A un
des bouts de la table, il faut placer une épingle qui
communique à un aimant , et par laquelle on peut le
placer en différentes positions; cette épingle doit être
placée de manière à ce que les spectateurs ne puissent
la voir.
Semez quelques fils d'acier ou de très petits clous
sur la partie de la table où est placé l'aimant. Priez
quelqu'un de vous prêter un couteau ou une clef,
qui attirera une partie des clous ou des fils. Plaçant
alors votre main d'une manière nonchalante sur
l'épingle du bout de la table , vous changez la posi-
tion de l'aimant; et, donnant la clef à quelqu'un ,
dites-lui de faire l'expérience, qu'elle ne pourra alors
faire.
Digitized by Google
228
MANUEL
Donnez alors la clef à une autre personne ; et
plaçant , à l'aide de l'aiguille, l'aimant à sa première
position , cette personne fera immédiatement l'expé-
rience,
l'ohacle magnétique.
Ayez un haut cylindre d'à peu près 6 pouces de
hauteur et large de 3 , tel que A, B , dans la figure
ci-dessous; son couvercle C, D doit se fixer sur tons
les points. Sur un côté de cette boîte ou cylindre,
qu'il y ait une coulisse E , F à peu près de la même
longueur que ce côté , dans laquelle placez une pelite
barre d'acier fortement aimantée , son pôle du nord
sur le fond du cylindre.
Sur le côté supérieur ou le couvercle , décrivez un
cercle, et divisez-le en dix parues égales, dans les-
quelles seront écrits les chiffres de i à io, comme on
le voit par G. Placez un pivot au centre de ce cercle,
et ayez une aiguille aimantée prête.
Digilized by Google
DES JEUNES GENS. 229
Il faut alors avoir un sac dans lequel il y a plu-
sieurs compartimens , comme le sac à ouvrage d'une
dame , niais plus petit ; et dans chaque compartiment
mettez quelques papiers , sur lesquels il faut écrire
les mêmes ou de semblables questions.
Dans le cylindre , mettez plusieurs réponses diffé-
rentes à chaque question, et cachetez-les comme de
petites lettres ; sur chaque lettre en réponse , écrivez
un des numéros du cadran ou du cercle du haut de la
boîte. On suppose que vous savez toutes les ré-
ponses.
Offrez alors nu des compartimens du sac , obser-
vant quel est le compartiment, à quelqu'un, et priez-
le de tirer un papier ; mettez alors le haut sur le cy-
lindre, avec le nombre qui est sur la réponse, juste au-
dessus de la barre; plaçant alors l'aiguille sur le pivot,
tournez-la brusquement, et elle s'arrêtera naturelle-
ment au nombre au-dessus de la barre.
Vous priez alors la personne qui tire la question ,
d'observer le nombre auquel l'aiguille est, et de
chercher dans la boîte un papier marqué du même
nombre qu'il trouvera contenir la réponse.
Vous pouvez refaire cette expérience, en offrant
une autre division du sac à la même ou à une antre
personne; et, plaçant le nombre qui correspond à la.
réponse sur la barre aimantée , continuez comme
avant.
Il est aisé de concevoir plusieurs réponses pour la
m âme question. Par exemple, supposons que la
question soit : Est-il convenable de se marier ?
I. 20
Digitized by Google
23o MANUEL
i" Réponse. Lorsque vous êtes jeune ( pas encore;
lorsque vous êtes vieux, pas du tout.
a. Mariez-vous à la hâte, et repentez-vous à loisir.
3. Oui , sï vous pouvez avoir une bonne fortune;
car quelque chose a quelque saveur, mais rien n'a pas
de goût.
4. Non , si vous êtes sujet à vous mettre en colère,
car alors vous aurez deux personnes à quereller.
5. Oui, si vous êtes sûr d'avoir une bonne com-
pagne , car c'est la plus grande bénédiction de la vie;
mais ayez grand soin d'en être bien sûr.
6. Non, si la personne que vous voulez épouser est
un ange, à moins que vous ne soyez content de vivre
avec un diable.
LA MOUCHE rMTELLlGEBTB.
Au centre d'une boite carrée d'environ six pouces,
et profonde d'un pouce ( voyez la gravure ) , fixei un
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 23l
pivot. Ayez une aiguille aimantée L, longue de trois
ponces et demi , et au boot aimanté placez une mou-
che faite d'émail; l'autre bout de l'aiguille doit être
un peu plus pesant , pour la tenir en équilibre. Placez
cette aiguille sur le pivot.
Sur un morceau de carton carré, qui entrera juste
dans la boîte, tracer un cercle A, B, C, D de trois
pouces et demi de diamètre, et un autre à peu de
distance, concentrique au premier. La partie au de-
dans du dernier cercle doit être coupée. Le cercle
de carion doit être placé à à peu près demi-pouce du
fond de la boîte , et divisé en dix parties égales , dans
lesquelles il faut écrire les lettres A , E , I , O , U , D,
G , L , N , R , comme dans la ligure.
Placez un verre a environ demi-pouce au-dessus
du cercle, et couvrez-le d'un cercle de papier C (
assez grand pour cacher l'aiguille et ne laisser voir
que la mouche. Sur ce papier, vous pouvez peindre
quelques figures allégoriques , afin qu'on ne puisse se
douter de son usage.
Écrivez ensuite sur vingt-quatre cartes les questions
suivantes; ces cartes doivent être mêlées et arrangées
de manière qu'elles puissent être dans l'ordre où les
questions sont placées ici.
Questions. — i. Quelle est la terre de la liberté?
Quelle est la seconde ville du monde ? 3. Que mé-
prisent plusieurs hommes , quoiqu'ils n'aient pas la
moitié de son mérite? 4. Quel est l'homme le plus
pauvre du monde? 5. Quel est l'homme le plus vil?
6. Que tarde-t-il à toutes les jeunes femmes d'avoir ?
Digitized by Google
a3a MANDE I.
y. Qui, par ta situation , est le plus misérable de tous
les êtres ? 8. Pot quoi l'homme découvre-t-il sa fai-
blesse? 9. Que ferait toute femme mariée , si elle le
pouvait ? 10. Dans quoi un homme montre-t-ïl son or-
gueil et sa folie? 11. Qu'est-ce qui fait crier une femme
plus qne pour la perte de son mari? 19. Comment
parle un homme qui n'a rien à dire? i3. Qu'est-ce qui
ressemble le plus à une belle dame ? i4> Qu'est-ce qui
nous rappelle souvent une grande perte sans nous
donner du dégoût? i5. Que fait une jeune femme
qui aime un vieillard? j6. De quoi le poète a-t-il
besoin pour couvrir son crâne vide? 17. Que ne doit
jamais tirer un homme de la femme qu'il aime?
18. Que doit être l'homme qui veut gagner l'estime de
tout le monde ? 1 9. Quel est celui qui cherche la com-
pagnie d'un homme lorsque tout son argent et ses
omis sont perdus? ao. Qui gagne la bonne -volonté
de tout le monde? ai. Qu'est-ce que les bonnes gens
révèrent, et dont les coquins abusent? aa. Sur quoi
compte un homme lorsqu'il demande du secours à
ses amis? a3. De quoi peut être sûr celui qui laisse
ses affaires à un auire ? a4. Qu'est-ce qui fait une
différence presque aussi grande , sinon entière, entre
un homme et cela , qu'entre cela et une brute ?
Après avoir rangé les cartes de la manière ci-des-
sus , vons les placez sur la table , et demandez A quel-
qu'un laquelle, dans l'ordre où elles sont, contien-
dra la question à laquelle la mouche lui donnera une
réponse. S'il dit , par exemple , la vingtième , le
compère, qui a la copie suivante des réponses , fera
Digitized by GoogI(
DES JEUNES GENS. a33
Toucher à l'aiguille au bout de laquelle est la mouche,
successivement les lettres qui composent ce mot.
Compiant alors les cartes jusqu'à la vingtième, vous
trouverez que ce mot répond à la question.
Réponses, — i, L'Angleterre, a. Londres. 3. Un
chien. 4. Un avare. 5. Un menteur. 6. Un anneau.
7. Une nonne. 8. La colère, o. La loi. io. Un duel.
1 1. Un cor. il. Haut. i3. Un ange. if\. Un cadran.
ï5. L'or. 1 6. Un laurier. 17. Un refus. 18. Généreux.
19. Un créancier. 10. L'argent, ai. La religion.
>2. Un roseau. 23. La ruine. a4- La science.
Ou peut faire plusieurs récréations par cette monche
intelligente, par des nombres, des cartes, etc., sem-
blables à ceux que nous avons déjà expliqués dans
l'antre cas, et que, pour ne pas nous répéter, nous
ne décrirons pas ici. L'entretien que la mouche intel-
ligente procure, pourra, avec un pen d'esprit, être
diversifié de manière à la rendre une source conti-
nuelle d'amusement et de surprise pour les jeunes
gens de la société.
Digitized by Google
MAHDEL'
L'ES CBHCLHS MAGIQUES.
Qu'il y ait deux boites, A et B , ligure r, carrées,
d'environ six pouces, et jointes par l'allonge C large
d'un pouce et demi; la profondeur des boites doit
être un pouce, et celle de l'allonge un demi-pouce.
Dans les boîtes et l'allonge, placez le mouvement
A B, fig. 3, consistant en deux roues horizontales,
D et E, qui ont le même nombre de dents, et deux
pignons E et G.
L'axe de la roue D doit passer au travers du haut
de la boîte, et il faut placer dessus une main , par la-
quelle on puisse la tourner; mais celle de E doit
finir sous le couvercle de la boîte, une barre aimantée
étant fixée dessus; et sur la boîte, sur un petit pivot,
placez une aiguille aimantée. Ce mouvement doit
être arrangé de manière à ne point faire de bruit
lorsqu'on le remue.
Tracez un carré magique, de la manière suivante,
consistant en vingt-cinq carrés moindres, numérotés,
Digitized by Google
DES JEONES CENS. 235
et dont les lignes , lues horizontalement ou perpen-
diculairement, contiennent cinq mots, qui donne-
ront une réponse a une question proposée.
Que les cinq questions soient celles-ci :
I. a. 3. \. 5.
i. Ères- vous content du
a. Quand tous les
3. Devrions- nous désir
4. Désirez- vous plus
5. Quel plaisir est
Tracez alors le carré ainsi
,age.'
plaiscut-ils?
héritages ?
de richesses ?
le plus désirable ?
3
4
5
J'aime
tnut-à-fait
6
7
8
9
tout-à-fait
plait
la richesse
i3
H
i5
ce que
demanda
des plaisirs
16
'7
bien
18
demanda
'9
beaucoup
a3
34
les maris
toujours.
Digitized by
ï
'S ? « v ™ c- -
H ■ 14 mil 11
1
||4g|||
Jj
j 1 ' i s -1
•O J 3l 0 M frt
î
s
1 ;
:J : : : : :
itjjf M
ri
1
•i
M
iï
i
Digitized by Google
DES J tU NES CENS. 23 7
Sur chaque côté des boîtes, places un carton
carré de la même dimension , et sur celui de A, tra-
cez un cercle , et divisez-le en trente parties égales.
Sur celui de B , tracez aussi un cercle , et divisez-le
eu quinze parties égales.
Dans les divisions dn cercle A, écrivez les mots
contenus dans les cinq premières divisions de la table
suivante , qui composent les questions précédentes,
dans l'ordre où elles sont numérotées ici , c'est-à-dire
le mot je suis dans la première division, le mot êtes
dans la seconde, le mot vous dans la troisième, le
mot quand dans la quatrième division, etc.
Sur les quinze divisions du cercle B, écrivez les
mots dans l'ordre où Us sont dans la dernière co-
lonne de la table. Dans le premier cercle, il faut
écrire les mots de gauche à droite, et dans l'autre,
de droite à gauche.
Les mots étant ainsi transcrits sur les cadrans, il
faut placer leurs aiguilles sur les divisions correspon-
dantes : par exemple , lorsque l'index du cadran A
est placé au mot êtes, celui du cadran B doit se diri-
ger à la division qui contient le mot j'aime, et ainsi
du reste. Il faut alors écrire sur cinq cartes les cinq
questions précédentes, c'est-à-dire une sur chaque
Tout étant ainsi prêt, présentez les cinq cartes à
quelqu'un , et dites-lui d'en choisir une ; et qu'il di-
rige alors l'index du premier cadran successivement
à chacun des cinq mots qui composent celte question ,
pendant qu'une autre personne , placée à côté du ca-
Digilized by Google
238
MANUEL
dran auquel l'aiguille aimantée est placée , écrit les
mots qu'elle montre successivement, et l'on trou-
vera qu'ils forment la réponse.
La circonstance la plus remarquable de cette ré-
création , est que les quinze mots du cadran B don-
nent des réponses convenables aux cinq questions
de l'antre cadran, qui contient trente mots, et que
chaque réponse contient le même nombre de mots
que la question. Ces cadrans , au moyen de poulies ,
peuvent communiquer entre eux lorsqu'ils sont pla-
cés aux deux bouts différens d'une chambre.
L4 MO NT H T. OBÉiSSâHTB.
Empruntez une montre à quelqu'un de la compa-
gnie, et priez tout le monde de se placer autour de
vous. Présentez la montre à l'oreille de la première
personne du cercle, dites à la montre d'aller, et
demandez son témoignage; cela fait, présentez-la à
l'oreille de la seconde , et dites-lui de s'arrêter ; faites
la même question à celte personne, et ainsi pour
toute la compagnie.
Explication. Il faut avoir soin , en empruntant la
montre , qu'elle soit bonne et aille bien. Cachez dans
votre main un morceau d'aimant, qui, aussitôt que
vous l'appliquerez a la montre, occasionnera une
suspension des mouvemens, qu'une secousse et qu'un
éloignement de l'aimant rendront ensuite. Pour opé-
rer, tenez l'aimant d'une main , et passez alternative-
ment la montre de l'une a l'autre main.
Digilized by Google
DES JEUNES GENS. 23g
MAGNÉTISME EXAGÉRÉ.
Nos lecteurs se rappelleront sans doute plusieurs
histoires dans lesquelles les pouvoirs de l'aimant sont
fort exagérés. D'autres rapports de ses vertus, quoi-
que vrais, paraissent cependant peu vraisemblables.
Il y a peu de lecteurs qui ne connaissent pas l'his-
toire de ce marin dont, comme on le raconte grave-
ment, le vaisseau , en approchant trop près d'un ro-
cher qni contenait une immense quantité d'aimant,
fut attiré de force et naufragé sur le rocher.
Dans une collection allemande de contes de fées,
dans lesquels l'ancienne chevalerie de la cour du
fameux Charlemagne, les fidèles écuyers qui sui-
vaient ces chevaliers héroïques, les demoiselles en
détresse qu'ils secouraient, les nains qui étaient leurs
amis, et les géans et les magiciens qui causaient leurs
malheurs terrestres sont les principaux personnages,
nous nous rappelons le passage suivant. Le chevalier
qui voulut s'aventurer hors du corps de chevalerie
qui était venu pour reconnaître la position du châ-
teau de l'enchanteur gigantesque, s'en était à peine
approché à portée , lorsqu'il vit l'énorme taille du
géant lui-même, s'appuyaut contre le mur extérieur.
Suivant les instructions qu'il avait reçues , le che-
valier tourna alors la tête de son brave coursier vers
ses compagnons d'armes, et, d'un pas léger, vint
passer sur la plaine. Il entendit alors le géant le pour-
suivre, et enfonça ses éperons dans les flancs de son
bon cheval; mais, hélas ! il voyait à peine la troupe
Digitized by Google
MANUEL
chevaleresque, lorsque la puissante main du géant
magicien fut étendue, armée seulement d*un des fers
de son cheval, qui était fait d'aimant, et, par ses
pouvoirs attractifs sur son armure d'acier, ses com-
pagnons eurent la mortification de voir le chevalier
démonté.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS.
AMUSEMENS D'OPTIQUE.
Quelle merveille ou peut faire voir au travers du
verre magique de l'opticien ! Un épi de blé de papier
peint, éclairé par une bougie d'un Iiard , s'étend en
^ une plaine spacieuse , sur laquelle le soleil darde son
chaud regard. Une goutte d'eau, d'nn verd sombre,
est changée en un océan. La petite, mince, mauvaise
écriture, ae change en main écrivant sur le mur.
Regardez là, et le nez d'une mouche devient une
trompe d'éléphant. Regardez ici, l'hippopotame de-
vient un moucheron par rapport ù une sonri».
La science de l'optique procure une variété infime
d'amnsetnens qui ne peuvent manquer d'instruire
l'esprit aussi-bien que de charmer l'œil. A l'aide d'ins-
t rumens d'optique , nous pouvons diminuer la dis-
tance de nos organes visuels entre le globe que nous
»■ ai
Digitized by Google
MANUEL
habitons et les merveilles des cieux au-dessus de
nous, observer le fini exquis et la propriété de la
construction qu'on trouvera dans les plus petites
productions de la terre, suivre le passage de la pla-
nète dans son cours autour de l'orbite magnifique du
jour, et voir le cours du sang lorsqu'il coule dans les
veines d'un insecte.
Il n'y a ici que peu des moyens que cette science
offre à l'homme; les énuraérer demanderait un livre
égal à notre ouvrage. Nous ne nous proposons pas de
faire mention , dans les pages suivantes, des divers
instrumens et des expériences qui sont tout-a-fait,
ou principalement , destinés à des vues purement
scientifiques, notre dessein n'étant que d'attirer l'at-
tention de nos jeunes lecteurs yers les choses qui
réunissent beaucoup d'amusement et d'instruction,
de leur expliquer la construction des divers instru-
mens populaires , de leur montrer la manière de s'en
servir, et d'expliquer quelques unes des expériences
les plus attrayantes que la science procure. En agis-
sant ainsi , nous espérons engager nos jeunes lecteurs
à prendre de plus amples informations sur la science
qu'un ouvrage de cette nature ne pourrait leur pro-
curer.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS.
243
Li CHAMBRE OBSCUAE.
Noua donnons à nos jeunes lecteurs une courte
description de cette invention d'optique ; quoique
très connue , elle est extrêmement amusante ; presque
tout le monde l'a vue, mais peu de personnes savent
la construire.
A C représente une boite d'un pied et demi carré,
fermée de tous côtés, excepté en D C ; O P est une boite
plus petite, placée sur le haut de la plus grande;
M N est une lentille convese double, dont l'axe fait
un angle de quarante-cinq degrés avec B L, miroir
plan lixé dans la boite O P; la longueur focale de la
lentille est à peu près égale à C S + S T, c'est-à-dire
a la somme de la distance de la lentille an milieu du
miroir, et du milieu du miroir au fond de la grande
boîte. La lentille, étant tournée vers la vue, en fera
Digitized by Google
244 MAMDKL
un portrait presqu'à ton foyer; mais le» rayons,
étant interceptés par le miroir, formeront le portrait
aussi loin devant la surface que le foyer est derrière,
c'est-à-dire au fond de la plus grande boîte, une
communication étant faite entre les boites par l'es-
pace vacant QO.
On se sert souvent de cet instrument pour dessi-
ner des paysages. Pour cela, le dessinateur, mettant
sa tête et sa main dans la boite par le côté ouvert
D C, et s'entourant d'un rideau pour empêcher l'en-
trée de la lumière, qui troublerait l'opération, peut
tracer une ressemblance distincte du tableau qui pa-
raît au fond de la boîte.
II y a une autre espèce de chambre obscure pour
dessiner, ainsi construite : à l'extrémité du bras PQ,
qni part du coté d'une petite boîte carrée BL, on
place une double lentille convexe dont l'axe est in-
cliné sous un angle de quarante-cinq degrés, et un
miroir plan BO; la longueur focale de la lentille est
égale à sa distance du côté de la boîte O T. Ainsi ,
lorsque la lentille sera tournée vers la vue éclairée,
cela projettera l'image sur le côté 0 T; mais si l'on
éloignait le miroir, on réfléchirait l'image sur le côté
M L, qui est aussi loin du milieu du miroir qu'il l'est
dn côté O T.
Là, on reçoit l'image sur un morceau de verre
dépoli en haut et poli en bas, et elle paraît dans sei
couleurs convenables sur le haut de la chambre. Il est
évident que dans chacun de ces instrumens l'image
est réfléchie suivant l'objet M S est un couvercle
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 2^5
pour empêcher l'entrée de ta lumière pendant qu'on
dessine le portrait , et il y en a d'antres appliques
pour le même dessein aux cotés MB et N L.
Vous pouvez aussi construire la chambre obscure
dans une chambre : ainsi , obscurcissez d'abord la
chambre, en fermant les volets et tous les endroits
par où la lumière extérieure peut entrer; faites alors
un trou rond dans le volet ou dans une planche pla-
cée contre la fenêtre, dans lequel trou vous placez une
lentille ou un verre convexe dont le foyer est à la
distance d'au moins quatre, et au plus de quinze ou
vingt pieds. La meilleure distance est de six à douze
pieds. A cette distance, placez aussi un carton cou-
vert du papier le plus blanc , avec une bordure noire,
pour empêcher que les rayons de côté ne puissent
troubler le portrait; qu'elle soit longue de deux pieds
et demie et haute de dix-huit ou vingt pouces ; cour-
Digitized by Google
246 MAHUEL
bez sa longueur en dedans pour faire une partie de
cercle donl le diamètre est égal au double de la dis-
tance focale du verre; fixez-le alors sur une bordure
de la môme longueur, et placez-le sur un pied mo-
bile , afin qu'on puisse le fixer aisément à la distance
exacte du verre où les objets se peignent avec la plus
grande perfection. Lorsqu'il est ainsi placé , Tous les
objets qui sont devant la fenêtre seront peints sur le
papier, en sens inverse, avec la plus grande régula-
rité et les couleurs les plus naturelles.
Il y a une autre manière de faire la chambre ob-
scure, avec une balle scioptique, c'est-à-dire une
balle de bois dans laquelle on fait nu trou ; dans ce
trou on fixe une lentille. On place cette balle dans
une bordure de bois dans laquelle elle tourne libre-
ment. La bordure est fixée dans le trou du volet, et
la balle, en tournant, répond en grande partie au
miroir placé en dehors de la fenêtre. Si le trou de la
fenêtre n'est pas plus gros qu'un pots, les objets se-
ront représentés sans lentille.
Si vous placez un miroir mobile en dehors de la
fenêtre, en le tournant plus ou moins, vous verrei
sur le papier tous les objets qui sont de chaque côté
de la fenêtre.
La position inverse des images peut s'appeler une
imperfection; mais on y remédie aisément; car si
vous êtes au-dessous de la planche sur laquelle on les
reçoit, et que vous regardiez dessus, elles paraîtront
dans leur position naturelle; ou si vous êtes devant,
et que, plaçant obliquement un miroir ordinaire
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. ifa
contre votre poitrine, vous regardiez, vous y verrez
les images droites, et elles y recevront un lustre ad-
ditionnel de la réflexion do miroir; ou si vous placez
deux lentilles dans un tube qui se tire; ou enfin, si
vous placez un grand miroir concave à une distance
convenable devant le portrait , elle paraîtra devant
le miroir dans l'air et dans une position droite.
Si, au lieu de mettre le miroir en dehorsdela fenêtre,
vous le placez dans la chambre et au-dessus du trou
(qu'il faut alors faire près du haut du volet), vous
pouvez recevoir la réflexion sur un papier placé ho-
rizontalement sur la table, et dessiner tous les objets
qui y paraissent peints.
LA CHAMBUE OESCUHB G ROSS ISS* M TB.
Que les rayons de lumière qui passent au travers
de la lentille dans le volet soient jetés sur un grand
miroir concave , bien fixé dans une bordure ; prenez
un morceau de verre ou une mince assiette de verre ,
et, y attachant quelque petit objet, tenez-le dans les
rayons incidens à un peu pins de la distance du foyer
du miroir, et vous verrez sur le mur opposé, au mi-
lieu des rayons réfléchis, l'image de cet objet très
grande, et extrêmement claire et brillante.
Digitized by Google
»48 MANUEL
11 CBAMBKK OBSCUMB PBIUf&riQUB.
T 'S- Fig. 2 . .
OT l
Faites deux trous F, / (fig. r) dans le volet d'une
chambre sombre, près l'un del'autre, et contre chaque
tron places un prisme, A, B, C et a, b, c, dans une di-
rection perpendiculaire, afin que leurs spectres M N
puissent être jetés sur le papier en ligne horizontale
et coïncider l'un avec l'autre , le rouge et le violet
de l'un étant dans la même partie que ceux de l'autre.
Le papier doit être placé à une telle distance des
prismes que le spectre puisse être suffisamment
étendu. Ayez plusieurs papiers d'à peu près les di-
mensions du spectre, croisez ces papiers, et faites
des b'gnes pareilles aux divisions des couleurs.
Dans ces divisions , coupez les figures que vous
penserez avoir un effet agréable, telles que des fleurs,
des arbres, des animaux, etc.
Lorsque vous avez placé un papier dans sa posi-
tion convenable, pendez un drap ou un papier noir
derrière, afin qu'aucun des rayons qui passent au
travers ne puisse être réfléchi et troubler le phéno-
mène. Les figures «upées sur le papier paraîtront
alors fortement éclairées de toutes les couleurs na-
turelles.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. zfo
Si , pendant qu'un de ces prismes se repose, on roule
l'autre sur son axe, l'altération continuelle des cou-
leurs produira une variété admirable qu'on peut aug-
menter en tournant le prisme en différentes direc-
tions. Lorsque les prismes sont placés de manière à
ce que les deux spectres coïncident, dans un ordre
inverse de leurs couleurs , le bout rouge de l'un tom-
bant sur le violet de l'autre, si on les regarde alors
au travers d'un troisième prisme D H, ils ne paraî-
tront pins coïncider, mais sous la forme de deux
spectres distincts pt et mm (figure a), se croisant
comme la lettre X , le rouge d'nn spectre et le violet
de l'autre, qui coïncidaient en MN, étant séparés
l'un de l'autre par une plus grande réfraction du
violet à p et m, que celle du rouge «net*.
Cette récréation peut se diversifier en ajoutant
deux autres prismes , qui formeront un spectre dans
la même ligne , et près de l'autre. Par ce moyen , on
peut augmenter beaucoup la variété des figures et
la vicissitude des couleurs.
CHIMJjBK CI.AT1IB.
Vis-à-vis de l'endroit où l'apparence doit se l'aire,
percez nn trou d'à peu près uu pied de diamètre, ou ,
s'il y a une haute fenêtre, avec une ferrure de cette
dimension , cela vaudra beaucoup mieux , sans ou-
vrir le trou ou la ferrure. A une distance convenable,
pour empêcher que la compagnie.., dans la chambre
ne le voie, placer l'objet ou le portrait qu'il faut re-
présenter, mais dans une position inverse ; si le por-
Digitized by Google
25o MANDE Ii
trait est transparent , réfléchissez les rayons du soleil
par un miroir, afin qu'ils puissent passer au travers
jusqu'à l'endroit de l'apparition, et pour empêcher
des rayons de passer à coté , que le portrait soit
bordé de bois ou de drap. Si l'objet est une statue ,
ou une créature vivante , il faut l'éclairer en jetant
dessus les rayons du soleil, soit par la réflexion , la
réfraction, ou les deux à la fois. Entre cet objet et la
place d'apparition, placez un large verre convexe,
d'une telle convexité, qu'il puisse représenter dis-
tinctement l'objet dans cet endroit. Plus il est près de
l'objet, plus l'image est grossie sur le mur; et plus il
en est loin, moins elle le sera, ceci dépendant de la
différence de la grandeur des verres. Si l'objet ne peut
pas être bien renversé, il doit y avoir deux verres
de bonnes grandeurs, situés à des distances convena-
bles , qu'on trouve aisément , en les essayant, pour
rendre les apparitions correctes. Tout cet appareil
d'objets , de verres , etc. , ainsi que les personnes em-
ployées à les faire aller, doivent être placés en
dehors de la fenêtre ou du trou , afin que les specta-
teurs dansla chambre ne puissent les voir, et afin que
vous fassiez aisément l'opération elle-même.
LE FOLÉMOSCOPB.
A l'aide d'un polémoscope, vous pouvez voir ce
qui se passe autre part sans qu'on vous voie. Vous
pouvez le construire ainsi : fixez dans une lorgnette
un petit miroir, incliné sous un angle de quarante-
cinq degrés, et ajustant un verre convenable, vous
Digitizad by Google
DES IECWES GF.NS. a5l
pouvez, en paraissant regarder devant vous, voir ce
qui se passe à coté. Cet instrument peut se construire
de manière à ce que le tube puisse tourner, et le miroir
s'élever ou s'abaisser, afin que vous puissiez voir suc-
cessivement, età loisir, tous les objets que vous vou-
driez voir, si vous étiez au haut du mur contre lequel
l'instrument est placé.
LE KALÉIDOSCOPE.
Four construire cet instrument , ayez un tube d'é-
tain, de cuivre, de carton, ou de toute autre matière,
long de huit à dix pouces, et de on pouce et demi ou
deux de diamètre ; placer un couvercle sur un bout
avec un petit trou dans le centre, à la circonférence
du cercle d, dans la figure ci-dessus , qui est une vue
du bout droit de l'instrument,
dont on a été le couvercle. Le
cercle est le bord du tube , les
lignes a c et b c sont les bords
des deux surfaces réfléchis-
santes qui sont à peu près de
la même longueur que lu tube;
on peut les faire de deux mor-
ceaux de miroir, ou de verre à assiette, on de cristal,
qui ont été noircis d'un côté, en ee, la surface ff
étant bien polie.
Le noircissage peut se faire avec la fumée d'une
lampe simplement, ou du vernis, ou toute autre ma-
tière noire , qui résiste aux rayons de lumière , et les
deux réflecteurs doivent être séparés à l'aide d'un
Digilized by Google
aS2 M AN DEL
bouchon, ou de toute autre substance, placée à chaque
bout du tube , en c, où les réflecteurs se joignent, ils
doivent être droits , et adaptés l'un à l'autre ; ou on
peut les placer différemment, ou mime parallèles,
comme dans la ligure suivante. A l'autre bout (où se
place l'objet ) , et où les deux surfaces réfléchissantes
ae bc se terminent, un morceau rond de Terre
doit être poussé dans le tube, et retenu là par un
morceau de fil de métal , qu'il faut courber en cercle ,
et placer sur le verre pour le tenir ferme. Sur ce bout,
qu'on enfonce un autre tube, long d'un ou deux
pouces au moins, capable d'être tourné , et au bout
qu'on" enfonce un autre morceau rond de verre uni
comme le précédent. Dans ce
couvercle extérieur ou tube,
qu'on mette les objets qu'il
faut voir , qui peuvent être
des substances demi- transpa-
rentes colorées, telles que du
verre, des grains de chape-
let, des coquilles, des perles,
et d'autres choses semblables, mais pas trop à la
fols. Mettez le couvercle, et avançant le tube vers
l'œil, tenant encore le côté a h en haut; regardez en
d, et vous aurez une répétition brillante et symétrique
des objets qui sont placés entre les deux verres, et
visibles au travers de l'ouverture angulaire a , b , c.
Tournez plus ou moins le couvercle , dans lequel les
objets sont ainsi placés, et vous apercevrez un chan-
gement dans les combinaisons des images ; de nou-
Digilized by Google
DES JEUNES GENS. 253
velles formes paraîtront tout-à-fait distinctes des
premières, quelquefois s'élevant du centre, d'autres
s'y poussant, et de temps en temps jouant autour en
oscillations doubles et opposées. En étant tranquille ,
cependant , le dessinateur peut copier sur le papier
les formes qui se présentent, sans espérer toutefois
d'égaler les teintes variées qui se développent, cha-
que nouvelle teinte charmant l'œil par les perfections
de ses formes et la beauté de ses couleurs; ceci dé-
pend de l'arrangement des objets qu'il faut voir, et
de l'angle sous lequel les deux réflecteurs de et bc
sont placés.
Au lieu de deux réflecteurs, cet instrument peut
se faire avec trois ou plusieurs plans, tels qu'on
puisse les arranger différemment par rapport l'un à
l'autre; mais la perfection du kaléidoscope consiste
à se procurer la réflexion d'objets lointains et na-
turels, en les réduisant à une taille convenable pour
une représentation de tableau. On peut faire ceci en
fixant sur le bout de l'objet une lentille convexe,
attachée au tube gUsscar, qui doit être presque aussi
long que celui de dedans , afin qu'on puisse trouver
le foyer, qu'on adapte à l'objet particulier. Ainsi
on peut avoir deux ou trois lentilles de différentes
longueurs focales, qui doivent toujours être moin-
dres que leur plus grande dislance au Irou de vue,
et on la trouvera généralement être d'un quart à un
tiers de cette distance. On peut varier encore ceci,
cependant, en introduisant deux lentilles, l'une fixée
au tube du dedans, l'autre au glisseur, et en en ap-
i. aa
Digitized by Google
254 MAHUEÏ,
prochant ou reculant, à l'aide du glissenr, on trou-
vera le foyer.
Comme économie pour ceux qui ont un télescope,
on pense qu'on peut faire répondre la taille du
kaléidoscope à celle de cet instrument, de manière
qu'on peut emprunter de temps en temps ses verres.
Un verre concave , placé an trou de vue ( d, £g. a),
repoussera les objets et abaissera leur taille , en ayant
soin que la longueur focale soit égale à la longueur
des réflecteurs.
Supposant que l'instrument contienne vingt petits
morceaux de verre, elo. , et que vous fassiez dix
changement par minute, cela prendra le temps in-
concevable de 46:1,880,899,576 ans et 36o jours pour
épuiser l'immense variété de cliangemens dont il est
susceptible, temps répondant, suivant noire frêle idée
de la nature des choses, à une éternité. Or, si vous
ne prenez que douze petits morceaux , et que von<
fassiez dix cliangemens par minute, il faudra 33,ifii
jours, ou 91 ans et <(g jours pour épuiser ces clian-
gemens.
Digitized by Google
DES JEUNES ULKS.
LA I.AHTF.RNE SIAGIO.UH.
L'objet de cet ingénieur instrument est de repré-
senter dans une chambre sombre, sur un mur oh
un drap blanc, une succession de (igures grossies,
d'objets remarquables, naturels ou grotesques. La
figure ei-dessus eu est une représentation Elle con-
siste en une boite d'étain, avec un entonnoir au
haut, représenté par c, et une porte d'un coté.
Cet entonnoir, étant courbé comme dans la figure,
a ie double but de faire sortir la fumée et de gar-
der la lumière. Au milieu du fond de la boîte est
une petite lampe mobile d'étain a, qui doit avoir
deux ou trois bonnes lumières à la hauteur du centre
du réflecteur d'étain poli c. Devant la boîte, vis-à-vis
du réflecteur, est fixé uu tube d'étain m, dans lequel
glisse un autre tube n. Le tube glissant a, à son ex-
trémité extérieure, une lentille convexe d'environ
deux pouces de diamètre; le tube m a aussi une len-
tille convexe, fixée dedans comme dans la figure, et
Digitized by Google
256
MANUEL
de trois pouces de diamètre. Le foyer de la plus pe-
tite de ces lentilles peut avoir environ cinq pouces.
Entre le tube m et la lampe, il doit y avoir une cou-
lisse ou ouverture (comme en ii), pour faire passer des
lames de verre, montées sur des bordures de papier ou
de bois, comme on le voit ci-dessous, sur lesquelles
lames on peint les figures en miniature qu'on veut
faire voir sur le mur. La clarté des figures grossies
ne dépend pas seulement de la bonté de la lunette
d'approche, mais de la lumière donnée par la lampe
a. On peut l'acheter toute faite de tout opticien.
Peindre les verres. Dessinez sur du papier le sujet
que vous voulez peindrej mettez-le sur une table ou
toute autre surface plane , et placez le verre dessus.
- Tracez alors les lignes avec un crayon très fin , avec
du vernis mêlé de noir, et lorsqu'il est sec, peignez
les autres parties en couleurs convenables. Il faut
avoir pour cela des couleurs transparentes , telles que
du carmin , de la laque , du bleu de Prusse , du vert-
de-gris, du sulfure de fer, de la teinture de bois
d'Inde, de la gomme-gutte, etc.; et il faut les dé-
layer avec un fort vernis blanc, pour les empêcher
de s'enlever. Ombrez-les alors de noir ou de brun
mêlé du même vernis.
Montrer la lanterne magique. La lampe étant allu-
mée et la chambre obscure, qu'on place la machine
Digitized by Google
DES JEUNES GENS.
sur la table, à quelque distance du mur blanc on du
papier suspendu, et qu'on Introduise dans la cou-
lisse i i une des lames représentées ayant les figures
renversées. Si l'on pousse ou qu'on tire alors le tube
mobile jusqu'à ce qu'on obtienne le foyer convenable ,
les figures du verre seront réfléchies sur le mur en
couleurs et proportions distinctes , avec l'apparence
de la vie même, et de toute taille, de six pouces à
sept pieds, suivant la distance de la lanterne au mur.
Les mouvemens des figures se font aisément , en
peignant le sujet sur deux verres, et passant le même
dans la coulisse.
Représenter une tempête. Ayez deux" morceaux de
verre dont les bordures soient assez minces pour
passer dans la coulisse de la lanterne magique ordi-
naire en même temps; sur l'un d'eux, peignez l'ap-
parence de la mer, de la plus légère agitation à la
plus violente commotion ; représentant d'abord un
calme, puis une petite agitation, avec quelques nuages,
et ainsi jusqu'à la fin , qui doit représenter un orage
Ces représentations ne doivent pas être séparées,
mais courir l'une dans l'autre, afin qu'elles forment
une gradation naturelle; et une grande partie de
l'effet dépend de la perfection de la peinture et de
l'apparence pittoresque du dessin.
Digitized by Google
258 MANUEL
Sur l'autre verre, peignez des vaisseaux de diffé-
rentes formes el dimensions, et en différentes direc-
tions, avec l'apparence des nuages dans les endroits
orageux.
Les verres étant faits , passez lentement le premier
dans la -coulisse, et lorsque vous arrivez où l'orage
commence, mouvez-le doucement en haut et en bas,
ce qu» fera comme une mer qui commence à être
agitée j et augmentez ainsi le mouvement jusqu'à ce
que vous veniei à la hauteur de l'orage. En même
temps, introduisez l'autre verre avec les vaisseaux,
et le mouvant de cette manière, vous aurez une
représentation naturelle de la mer et des vaisseaux,
dans un calme et un orage. Comme on retirera len-
tement les verres, la tempête semblera s'apaiser, le
ciel s'éclaircir, et les vaisseaux glisser doucement
sur les vagues.
A l'aide de deux verres disposés de cette manière ,
on peut représenter une foule d'autres objets.
Digilized by Google
DES JEUHES GENS.
L'iPrAKITIOK.
Enfermez une pelite lanterne magique dans une
boîte assez grande pour contenir un petit miroir qui
réfléchira la lumière jetée dessus par la lanterne, de
manière qu'elle sortira à l'ouverture faite au liant de
la boîte. Cette ouverture doit être ovale, et d'une
grandeur proportionnée à la lumière qui doit y pas-
ser. Il doit y avoir une porte à gonds pour couvrir
l'ouverture , afin qu'on ne puisse voir l'intérieur des
boîtes. Il doit y avoir des trous dans la partie de la
boîte qui est sur la lanterne, pour faire sortir la
fumée ; et sur eux placez un réchaud d'une forme
oblongue , assez grand pour contenir plusieurs char-
bons allumés. Ce réchaud, pour mieux tromper, peut
être enfermé dans une boîte d'étain peint, haute
d'environ un pied, avec un trou au haut, qui doit
être sur quatre pieds , pour faire sortir la fumée de la
lanterne. Il doit aussi y avoir un verre plat pour se
mouvoir en haut et en bas dans la coulisse ab, et
faites-le aller par une corde et une poulie cdef, en
hant et en bas, en faisant venir la corde hors de la
Digitized by Google
2ÔO MAHUEL
boîte. Sur ce verre , peignez le spectre (ou la figure
qu'il vous plaira ) dans une forme resserrée ou mince ,
car la figure sera réfléchie plus grosse qu'elle n'est
dessinée.
Lorsque vous avez allumé la lampe de la lanterne ,
et placé le miroir dans une direction convenable,
mettez la boîte sur une table, et mettant le réchaud
dedans, jetez quelque encens en poudre sur les
charbons; ouvrez alors la porte, et abaissez douce-
ment le verre dans la coulisse, et lorsque vous voyez
la fumée diminuer, ôtez le verre, afin que la figure
disparaisse, et fermez la porte.
Ceci causera beaucoup d'ctonncment ; maïs obser-
vez que toutes les lumières doivent être éteintes, et
la boîte placée sur une haute table, pour qu'on ne
puisse voir l'ouverture par laquelle la lumière vient.
S.L LAMTEHHB MAGIQDK MB BULEBSR.
La lumière de la lanterne magique et la couleur
des images ne peuvent pas seulement être peintes sur
un drap , mais aussi réfléchies par un nuage de fumée.
Ayez une boîte de bois ou de carton , baute d'environ
quatre pieds, et carrée de sept ou huit pouces an
fond, mais diminuant à mesure qu'elle s'élève, de
sorte que son ouverture du haut n'ait que six pouces
de long et un demi-pouce de large. Au fond de cette
boîte il doit y avoir une porte qui se ferme hermé-
tiquement : par cette porte placez dans la boîie un
réchaud avec des charbons allumés , sur le réchaud
jetez de l'encens dont la fumée sortira en nuage au
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 2G1
haut de la boîte. Sur ce nuage, projetez la lumière
qui sort de la lanterne, et amenez-la dans une plus
petite étendue, en tirant le tube mobile. Vous pouvez
Tous servir ici de la figure ordinaire.
Il est remarquable , dans cette représentation , que
le mouvement de la fumée ne change pas les figures,
qui paraîtront si distinctes, que le spectateur croira
qu'il peut les prendre avec la main. Dans cette expé-
rience, quelques uns des rayons passant au travers
de la fumée, la représentation sera bien moius dis-
tincte que sur le drap, et si l'on n'a pas soin de ré-
duire la lumière à son plus petit foyer, elle sera pire.
L\ l'A M'AS.M A GOH 1E.
En montrant la lanterne magique ordinaire, les
spectateurs voient un cercle rond de lumière et les
figures au milieu; mais dans la fantasmagorie, ils
ne voient que les figures sans cercle de lumière. Cela
est produit par une lanterne magique placée du côté
d'un écran demi-transparent , qui est vis-à-vis de
celui sur lequel les spectateurs sont , au lieu d'être du
même côté , comme lorsqu'on montre la lanterne
magique. Pour mieux tromper, on rend les lames
parfaitement épaisses, excepté dans les endroits où
sont les figures qu'il faut montrer, et dans ces par-
ties légères, le verre est couvert d'une teinte plus
ou moins transparente, suivant l'effet demancfé. La
meilleure manière est de peindre les figures avec des
couleurs à l'eau , sur du papier mince , et ensuite de
les vernir.
Digitized by Google
2Ô2 MANUEL
Pour imiter les ra ou Yémen s naturels des objets re-
présentés, on se sert quelquefois de plusieurs mor-
ceaux de verre places l'un derrière l'autre. En portant
la lanterne à différentes distances, et en même temps
changeant plus ou moins la position de la lentille , on
Fait grossir et diminuer les images : elles deviennent
plus ou .moins distinctes, à la volonté de l'opérateur,
de manière que, pour une personne qui ne connaît
pas l'effet des instrumens d'optique, ces figures pa-
raissent avancer et reculer.
Faire des écrans transparent pour la fantasmagorie.
On fait des écrans transparens en couvrant de cire
blanche, dissoute dans de l'esprit de vin ou de
l'huile de térébenthine, de la mousseline mince. Un
écran ainsi fait peut se rouler sans inconvénient. On
peut faire un écran plus clair en étendant toujours
la mousseline sur une bordure rectangulaire, et en la
préparant avec de la térébenthine au lieu de cire-
Maïs un tel écran n'est pas toujours commode , et
ne peut se rouler sans craquer et devenir en peu de
temps inutile ; c'est pourquoi rien n'est si bon pour
ce dessein que le premier.
On fait un microscope solaire de la manière sui-
vante. Dans un tube , -placez une lentille Convexe
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 263
AB, et à une distance un peu plus grande que sa
longueur focale , mats moindre que le double , fixez
quelque*bbjet peint et transparent P Q , de manière
que le foyer concentre J'.objeî.
Placez devant l'objet une large lentille CD, pour
concentrer les rayons solaires, pour l'éclairer juub
fortement, et conséquemment rendre l'image plus
distincte et plus brillante.
CONSTRUIRE UNE LANTERNE QUI AIDERA QUELQU'UN
A LIRE 1.A HUIT A UNE GRANDS DISTABCB.
Faites une lanterne cylindrique ou de la taille
d'une petite fiole, placée en longueur, de sorte que
son axe soit horizontal , et fixez dans un bout un mi-
roir parabolique ou sphérique, de sorte que son
foyer puisse être sur le milieu de l'axe du cylindre.
Si l'on place une petite lampe ou bougie dans ce
foyer, la lumière passant par l'autre bout sera
réfléchie à une grande distance, et si brillante, qu'on
peut lire de très petites lettres sur un objet éloigné,
en le regardant avec un bon télescope. Ceux qui ver-
ront cette lumière, s'ils sont dans la direction de
l'axe de la lanterne, croiront voir un grand feu.
LES OMBRES CHINOISES.
Faites une ouverture dans un mur à cloison de
toute grandeur; par exemple, de quatre pieds de long
et deux de large, de sorte que le bord inférieur puisse
être à environ cinq pieds |hj parquet, et couvrez-la *
Digitized by Google
264 MANUEL
de gaze blanche italienne, vernie de gomme copale.
Ayez plusieurs bordures de la même taille que la gar-
niture, couvertes de la même espèce de^aze, et
peignez sur la gaze différentes figures , telles que des
paysages et des bâtimens analogues aux scènes que
vous voulez représenter, à l'aide de petites figures
représentant des hommes et des animaux.
Ces figures sont faites de carton, et leurs diffé-
rentes parties sont rendues mobiles, suivant l'effet
qu'on veut produire par leurs ombres, lorsqu'on les
meut en avant et en arrière derrière les bordures , et
à peu de distance d'elles. Pour les faire agir plus
facilement, de petits fils de métal, fixés aux parties
mobiles, sont courbés en arrière et se terminent en
anneaux , dans lesquels on met les doigts de la main
droite, pendant que la figure est soutenue par la
gauche, à l'aide d'un autre fil de fer. De cette ma-
nière, on les fait avancer et reculer, et gesticuler,
sans que les spectateurs en voient le mécanisme; et
comme l'ombre de ces ligures n'est pas observée sur
les peintures jusqu'à ce qu'elles viennent aux endroits
qui ne sont pas fortement ombrés, on peut ainsi les
cacher et les faire paraître aux momens convenables ,
et on peut en substituer d'autres, de temps en temps ,
h leur place.
Il est nécessaire , lorsqu'on fait agir les figures,
de tenir une sorte de dialogue convenable à leurs
gestes , et même d'imiter le bruit occasionné par
diverses circonstances. Les peintures doivent être
éclairées du derrière, a l'aide d'une lampe à réver-
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 2Ô5
bère, placée vis-à-vis du centre de la peinture, et
loin de là d'environ quatre à cinq pieds. On peut
représenter ainsi plusieurs scènes amusantes , en
employant de petites figures d'hommes et d'animaux ,
et les faisant mouvoir aussi naturellement que pos-
sible, ce qui dépendra de l'adresse et de l'babitude
de la personne qui les montre.
I.F. .HT ru OIE MERVEILLEUX.
Dans la boiserie d'une chambre, faites deux ou-
vertures hautes d'un pied et larges de dix pouces , et
à la distance d'un pied l'une de l'autre. Qu'elles soient
à la hauteur ordinaire de la tête d'un homme, et
dans chacune placez un verre transparent, bordé
comme un miroir ordinaire. Derrière cette cloison ,
placez deux miroirs , l'nu du" coté extérieur de cha-
que ouverture, incliné à la boiserie sous un angle de
quarante-cinq degrés; qu'ils soient carrés de dix-huit
pouces, et fermez tout l'espace qui est entre eux par
des planches ou du carton peint en noir et bien
fermé , afin d'empêcher la lumière d'y entrer. Ayez
aussi deux rideaux , qu'on peut tirer de côté à loisir
pour les couvrir. Lorsque quelqu'un se regarde dans
un de ces miroirs supposés , au lie^de voir sa figure ,
il verra l'objet qui est devant l'autre ; de sorte que si
deux personnes se présentent en même temps devant
les miroirs, au lieu que chacun se voie, ils se ver-
ront réciproquement. It doit y avoir un miroir avec
une chandelle ou une lampe placée de chaque côté
des deux verres de la boiserie pour éclairer les figures
t. 23
Digilized by Google
a6 6 MAKOEL
de ceux qui se regardent; autrement, celte expé-
rience n'aurait aucun effet remarquable.
Celte récréation peut s'augmenter beaucoup en
plaçant les deux verres dans la boiserie , dans de»
chambres adjacentes; et quelques personnes étant
d'avance placées dans une chambre , lorsqu'un étran-
ger entre dans l'autre, vous pouvez lui dire qu'il a
la figure sale, et qu'il se regarde dans le miroir; ce
qu'il fera naturellement. Et voyant une figure étran-
gère, il reculera; mais y retournant , et en voyant
une autre , une autre , et une autre , comme des rois
fantômes dans Macbeth, il est plus aisé de concevoir
que d'exprimer sa surprise. Ensuite, vons pouvez
abaisser en secret un miroir réel sur le dos du verre ;
et si vous pouvez l'y faire encore regarder, il verra,
à son plus grand étonnement, sa propre figure; et
veus pouvez lui dire , et même lui persuader, que
tout ce qu'il voyait avant n'était que pure imagi-
nation.
Lorsque quelqu'un se regarde dans un miroir per-
pendiculaire à un autre, sa figure paraîtra entière-
ment déformée; si le miroir est incliné de manière à
former un angle de quatre-vingts degrés (c'est-à-dire
un septième de jprpendiculaire) , il verra toutes les
parties de son visage, excepté son nez et son front.
S'il est incliné à soixante degrés ( c'est-à-dire au tiers;,
il paraîtra avoir trois nez et six yeux. Enfin , la dif-
formité apparente variera à chaque degré d'inclinai-
son ; et lorsque le verre vient à quarante-cinq degrés
(c'est-à-dire la moitié en has) , la figure disparaîtra.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 267
Si au lieu de placer les deux miroirs dans celte si-
tuation, on les dispose de telle sorte que leur jonc-
tion soit verticale, leurs différentes inclinaisons pro-
duiront d'autres effets, puisque la situation de l'objet
relatif à ces miroirs est tout-à-fait différente.
ANAMORPHOSE ISGEHIEUSE.
Cette récréation montre à dessiner, sur une suiface
plane , une figure iwegulière, qui paraîtra , vue d'un
point convenable , non seulement régulière , mais
élevée. Avez une planche mince, d'environ deux
pieds de long et d'un de large, comme A, B, C, D,
et placez dessus un morceau rond de carte ou d'épais
papier à dessiner, sur lequel dessinez une figure irré-
gulière, qui, vue du point H, paraîtra régulière et
tout-à-fait semblable à celle qui est placée à M F.
Fixez au bout de la planche un morceau droit I
de bois mince ou d'étain , au haut duquel est un trou
de vue H de deux dixièmes de pouce de diamètre.
Préparez une lampe on chandelier, dont la lumière
peut s'élever ou s'abaisser à loisir, et auquel est fixé
un bras de bronze, portant une espèce d'entonnoir
conique D, et dont l'ouverture, au bout près de la
lumière , n'a pas plus de trois ou quatre dixièmes de
pouce de diamètre.
Digitized by Google
268 MANUEL
Dessinez l'objet que tous voulez représenter sur
un morceau de verre égal en hauteur à l'espace M F,
avec une très légère ligne, et toute couleur qui est en-
tièrement opaque, Otez alors le morceau droit I, et
placez la lampe , ainsi préparée , de telle sorte que la
lumière puisse être exactement où le
trou de vue H était; ses rayons , passant
alors au travers du verre à M F, éclaire-
ront la surface du papier, et y montre-
ront, dans une forme tortueuse, ce qui
est peint sur le verre. Dessinez alors avec
un crayon toutes les lignes de l'ombre
à mesure qu'elles paraissent; et, ôtantla
lumière, replacez le morceau droit I, et voyez si ce
que vous avez dessiné correspond à ce qui est sur le
verre , corrigeant les imperfections qu'il peut y avoir.
Enfin, peignez le sujet ainsi tracé avec la plus grande
attention , regardant de temps à autre votre ouvrage ,
du point de vue, avant d'y donner le dernier coup.
Lorsque la figure dessinée et peinte sur le papier est
vue du point H, elle paraît élre au même point que
celui où le verre MF était placé, et de la tneme
forme qu'elle était peinte sur le verre; elle paraît
même, à l'œil, élevée au-dessus de la surface de la
planche où est le dessin , et par là rççoit une illusion
agréable ainsi que remarquable.
Digiîized by Google
DES JEUNES GENS. 369
LE PATBAOS TROUBLÉ.
Dessinez ce qu'il vous plaira sur un mince car-
ton blanc ; piquez-le , ensuite placez-le , bien per-
pendiculairement, sur une surface horizontale, que
nous supposerons être un antre carton. Mettez une
chandelle allumée derrière la planche droite et pi-
quée, et dessinez sur la surface horizontale les lignes
données par la lumière , et vous aurez un dessin dif-
forme. Ceci fait, ôlez le dessin piqué et la chandelle ;
placez votre œil où la lumière était , et vous verrez
prendre à votre dessin une forme régulière.
Cette récréation apprend à dessiner une figure
ïrrégulière sur un plan qui , vu de deux points oppo-
sés, représentera deux objets différons et réguliers.
Choisissez un plan de grandeur convenable ; sup-
posons deux pieds de long et demi-pied de large ;
dessinez la ligne AU dê la même longueur (f<g. 1 ),
Digitized by Google
2^0 MANUEL
continuez-la de chaque côié à C et à D, et élevez les
perpendiculaires CF et D G , à la hauteur d'envi-
ron trois pouces.
Tracez les lignes A F et B G, et divisez la ligne AB
en six parties égales, au point S, ou tout autre nom-
bre que vous voudrez. Des deux points de vue F et
G tracez les lignes F S et G S dans ces six divisions ;
alors sur la ligne G A marquez la distance GB , et sur
la ligne FB la distance F A , et tracez les deux lignes
B H et AI ; ce qui déterminera la largeur des deux
objets à représenter sur le pian, et à voir l'une du
point F, l'autre de G, et dont les divisions inégales
formées par les lignes GS et FS détermineront ceux
qui doivent correspondre aux parties séparées et in-
clinées de la figure irrégulière qu'on doit voir des
points de vue F et G.
Cette première préparation faite, traces le paral-
lélogramme A B C D ( fig. i ) de la même lon-
gueur que la ligne A B dans la figure précédente, et
d'environ six pouces de largeur; divisez-le en deux
par ties égales par la ligne F G, qui continue à H et 1 1
égale à la distance qu'il y a. entre C A et DB {fig. i).
Des points A 0 S B (fig. I ) , laissez tomber les per-
pendiculaires A A, O L, LS et BC, sur la ligne AC
(fig. a); et des points L tracez les ligues i M, paral-
lèles à A B. Des quatre angles du parallélogramme
A BC D, tracez les lignes AI et BI au point de vue
I , et celles C H et D H à l'autre point de vue H ; ces
lignes détermineront, par les sections de X et de Y,
la hauteur apparente de la figure. Divisez alors les
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 271
lignes AB «CD ec autant de parties égales que
■vous voudrez, et de ces points tracez les lignes NI
etNH.
Ensuite, tracez sur un papier les deux parallélo-
grammes FGHI, LMNO (figure 3), et dessus
dessinez les deux dessins différens que vous voulez
représenter dans la figure troublée.
Kg. 3.
F r I ,. , , , ,M
mm
Que chacun de ces parallélogrammes soit égal en
hauteur à la distance X Y (figure a) , et de la même
longueur que HB (figure i); divisez leur hauteur
)FH ou LN, suivant les divisions de la ligue XY
(figure i), et leur longueur H I ou NO, suivant
celles de la ligne B H ( figure i ).
Après avoir dessiné les deux dessins aussi correc-
tement que possible sur les divisions ci-dessus , prenez
une planche ou un "carton ABCD (figure 4), des
Pig. 4-
A. II
Digilized by Google
MANUEL
mêmes dimensions que le parallélogramme ABCD
(figure a), et dessinez dessus les lignes L M, corres-
pondant aux perpendiculaires qui tombent d'O S
(figure i). Ces lignes doivent être assez, profondes
pour admettre les plis du papier ensuite mentionne.
Ayez un papier mince ABCD (figure 5) d'en-
i
4 X
K
|
h
î
2
viron deux pieds et demi de long et six ponces de
large, et tracez dessus des lignes parallèles à des
distances correspondantes à AO, OS, SO, e!c.
(figure I ) , que vous mesurerez avec un compas des
angles de la ligne AB (figure i ). Divisez ce papier
eu deux parties égales, par une ligne tirée des points
X et Y, et observez que c'est sur les espaces
bbb, etc., qu'il faut dessiner la figure irrégulière
qu'il faut voir du point F, et sur ceux de ecc, celle
qu'il faut voir du point G. Sur chaque espace , tracez
les lignes non pointiHées du parallélogramme ABCD
(figure a), qui finissent aux points H et I. Tracez
alors sur le même papier tous les traits des deux
figures dessinées sur les deux parallélogrammes
(figure 3), observant soigneusement les divisions
séparées auxquelles ils correspondent.
Lorsque cette figure irrégulicre est finie, pliez lu
Dh;ii:izl'i.
DES JEUNES GENS. 2^3
papier suivant les divisions qui sont dessinées dessus,
de sorte que chaque division S puisse tourner d'un
côté, et chaque division O de l'autre, et collez tout
sur une planche, de telle façon que les plis faits sur
le côté blanc du papier puissent répondre aux lignes
tracées dans la planche. Sur le papier ainsi collé ,
mettez quelque chose pour le bien tenir, jusqu'à ce
que la colle soit sèche. Qu'il soit placé de sorte que
six divisions puissent être vis-à-vis chaque point de
vue F et G. Pour distinguer les objets sur le parallé-
logramme plus aisément, il faut avoir deux petits
cercles, avec un petit trou dans chacun, et placez-les
bien sur les points de vue qui ont été fixés. L'œil
étant alors placé à l'un de ces trous, verra la figure
régulière; mais lorsque le plan est vu de front, il
présente une forme si bizarre , qu'il est impossible de
conjecturer ce qu'il veu~ représenter.
Pour faire plus vite cette récréation, vous pouvez
tracer le plan sur un carton , et plaçant dessus un
papier transparent, tracez dessus le sujet; le même
carton servira à exécuter aussi bien toutes sortes
d'objets.
ILLUSION SIKGULIÈHB.
Fixez sur un mur sombre un morceau de papier
rond de un ou deux pouces de diamètre, et uu peu
plus bas, à la distance de deux pieds de chaque côté,
faites deux marques; placez- vous alors vis-à-vis du
papier, et tenez le bout du doigt devant votre figure,
de telle sorte que, lorsque l'œil droit est ouveit, il
Digitized by Google
2^4 MANUEL
puisse cacher la marque gauche, et lorsque l'œil
gauche est ouvert, la marque droite. Si tous regardez
alors avec les deux yeux le bout de votre doigt, le
papier, qui n'est caché d'aucun de vos yeux, dispa-
raîtra néanmoins. J
•1 '* ' AIJTBE.
Fixez à la hauteur de l'œil, sur uu terra in'sombre,
un petit morceau rond de papier blanc , et un peu
plus bas, à la distance de deux pieds à droite, fixez-
en un autre d'environ trois pouces de diamètre;
placez-vous alors vis-à-vis du premier morceau de
papier , et ayant fermé l'œil gauche , retirez-vous en
arrière, fixant encore l'œil sur le premier objet;
lorsque vous êtes à la distance de neuf ou dix pieds,
le second disparaîtra entièrement de votre vue.
FilBB FABAÎTHB DEVANT OS VERRE COHVHXE VU
OBJET PJ-iCB DERHIÈBE.
Ayez un objet quelconque, tel, par exemple, qu'une
petite flèche de bois d'un pouce et demi de long, et
attachez-le perpendiculairement à un morceau de
carte noire, qui doit être suspendu sur un mur à la
hauteur de l'œil. Projetez une forte lumière sur la
carte, et placez-la devant un verre lenticulaire de
deux ou trois pouces de diamètre, de telle manière
qu'elle puisse être loin de la flèche d'environ deux
foi* la longueur de son foyer. Si vous faites alors
mettre quelqu'un à une distance convenable devant
le verre, la flèche lui paraîtra suspendue dans l'air
devant le verre.
Digitized by Google
DES JECNES GENS.
Il est évident que ce singulier effet de dioptrique ,
avec du goût et un peu d'intelligence, peut s'appli-
quer à une foule d'autres amusemens qu'il n'est pas
besoin de^ détailler ici.
l'argeki multiplié.
Prenez un grand verre à boire conique, c'est-à-
dire petit au fond et large en haut, et ayant mis
dedans un schelling, remplissei-le à moitié d'eau.
Placez alors une soucoupe sur le verre, et renversez-le
■vite, oEn que l'eau ne puisse sortir. Une pièce d'ar-
gent aussi grosse qu'un demi-écu paraîtra immédiate-
ment sur la soucoupe, et un peu plus haut, une
autre pièce de la taille d'un schelling.
l'astrohome et le pou.
Butler, dans son Hudibras, raconte ce qu'on pent
nommer une plaisanterie d'optique, relative à Sidro-
phel , astrologue , et un des personnages du poème ,
qui lisait dans les deux à l'aide de son télescope.
11 arriva un soir qu'un enfant a'amosa avec un
cerf-volant. Le plus étrange faucon qui jamais vol* ,
qui , comme l'oiseau de paradis ou le roartin-pêchenr,
n'a pas de jambes, ne couve ni ne pond. Sa queue
avait cinq mètres de long, d'un blanc laiteux, au
bout de laquelle pendait une lumière enfermée dans
de la corne , et faite de papier, qui , au loin, parais-
sait une étoile. Ceci, Stdrophel , ]iar hasard, l'épia,
et avec étonnement, reculant d'un pas : Ciel ! dit-il ,
quelle terrible merveille parait là-bas dans les cïeui?
Quoi ! une comète sans barbe , ou une étoile qui ne
parut jamais !
Digitized by Google
2^6 MANUEL
Une histoire également risible, d'une date pins
reculée, est racontée d'un certain astronome grave,
qui, à sa grande surprise et terreur, découvrit un
matin , en regardant dans son télescope , «ne puis-
sante créature, avec une grosse trompe, deux vastes
ailes et six jambes immenses, dévorant le soleil. Après
avoir consullé plusieurs personnes savantes, qui
furent presque aussi terrifiées que lui en regardant
dans l'instrument, il s'aperçut qu'un malin avait mis
une mouche dans un tel endroit de son télescope ,
qu'elle fut grossie en l'immense créature qu'il croyait
dévorer le soleil. Ainsi, nous voyons souvent que la
folie se joue de la sagesse.
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 2>
AMUSEMENS AËROSTATIQUES.
Que l'homme n'essaie plus d'être l'émule de
Dédale et d'Icare, qui autrefois, avec des ailes,
égalèrent le vol de l'aigle. Maintenant, dans sa
barque de soie, l'acronaute passe sans crainte sur
la téte du marin.
L'ambition insatiable et le génie inépuisable de
l'homme l'ont conduit en tout temps à imiter tout ce
qu'il pense devoir ajouter à son pouvoir. Non content
des jouissances de la terre, il a long-temps, en imitant
les tribus aquatiques, pris sa demeure sur les eaux ,
et, les fendant avec la vitesse du plus léger poisson,
il a obtenu, à l'aide d'un autre élément, l'air, un do-
maine sur l'Océan. Il volerait aussi volontiers, com-
me les oiseaux , et il a long-temps essayé son génie
pour se faire des ailes. Comme il ne peut aller loin
Digitized by Google
3^8 MANUEL
sur l'eau qu'à l'aide d'énormes machines { étant in-
capable , d'après la structure de son corps , de vivre ,
de respirer et de flotter dans ce liquide élément i
comme ses habitons naturels ) , il ne peut pas non
plus voler dans l'air à la manière des oiseaux. II a
été bien démontré par les anatomtstes que les mus-
cles pectoraux , OU ceux qui se meuvent dans le
bras en arrière et en bas , sont si faibles dans le corps
humain , en proportion de son poids , comparés aux
mêmes organes dans les tribus ailées, que l'homme,
quoiqu'il puisse ingénieusement attacher des ailes à
son corps , ne peut jamais se soutenir long-temps par
leur aide au-dessus de la surface de la terre. Un bal-
lon cependant est à l'air ee qu'un vaisseau est à l*eau;
il aide l'homme à dépasser même les oiseaux les plus
La première espèce de ballon d'air inflammable
fut l'essai d'un M. Cavalbo, en 171a, qui essaya
d'abord de faire enlever des vessies, qui furent trop
pesantes, et ensuite du papier brouillard, en forme
de globe, et couvert de peinture et de vernis, maïs
aussi sans succès. Il fut enfin obligé de se contenter
de bulles de savon , qui étant remplies d'air inflam-
mable, en trempant le bout d'un petit tube de verre,
lié à une vessie contenant de l'air inflammable, dans
une épaisse solution de savon, et pressant doucement
la vessie, montaient rapidement dans l'atmosphère.
Quant aux plus grands ballons, le monde les doit
à deux frères , nommés Montgolfier, papetiers d'An-
nonay, près de Lyon. Ils construisirent un sac de
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 279
belle soie, de la capacité d'environ quarante pieds
cubes , et appliquant du papier brûlant à l'ouverture ,
il monta rapidement au plancher. L'année suivante
( 1783) ils en construisirent un autre d'environ trente-
cinq pieds de diamètre ; il fut rempli en brûlant de la
paille et delà laine coupées sous l'ouverture du fond ,
et il s'éleva à plus de mille pieds ; il tomba à environ
trois quarts de mille de l'endroit où il monta. Dans
une antre ascension, il s'éleva à environ six mille
pieds. Ces expériences donnèrent lieu à une opinion
parmi les sa vans de Paris, que comme le poids de
l'air inflammable n'était pas plus du huitième ou du
dixième du poids de l'air ordinaire, il vaudrait mieux à
ce dessein que l'air raréfie de Montgolfier. On souscri-
vit pour effectuer cette idée, et le 17 août ij83 on
l'exécuta avec succès au Champ- de-Mars, et le ballon
monta à la hauteur de 3is3 pieds. Une autre expé-
rience réussit aussi, et porta un M. De Rosier à s'of-
frir comme premier aventurier dans cette navigation
aérienne. Pour ceci , M. Montgolfler £t une nouvelle
machine ; sa forme était ovale , son diamètre de qua-
rante-un pieds, et sa hauteur de soixante- quatorze.
A l'ouverture du fond était attachée une petite gale-
rie d'environ trois pieds de large, avec une balus-
trade d'environ trois pieds de haut. Du milieu du
ballon était suspendue , par des chaînes qui descen-
daient à côté de la machine, une grille de fer ou
brasier, dans lequel il y avait du feu pour remplir la
machine , et il y avait des trous dans là galerie vers
l'ouverture, par lesquels le feu était alimenté, et la
Digitized by Google
MANUEL
dilatation de l'air renfermé réglée à loisir. Il monta, à
l'admiration d'une foule de spectateurs, à la hauteur
de quatorze pieds, et on l'y fît flotter en jetant de la
paille et de la laine sur le feu. Il descendit alors eu
toute sûreté. Dans une autre occasion , le marquis
d'Arlaudes monta avec M. De Rosier. Le premier essai
de cette espèce à Londres , fut fait par le comte Zem-
beccari, italien ingénieux, qui lança un ballon bien
orné, du parc d'artillerie , à une heure après midi ,
en novembre de la même année, et qui descendit à
Petworth, en Sussex, a quarante-huit milles de là,
à trois heures. En 1784, il y eut plusieurs expérien-
ces aérostatiques; mais la première montée person-
nelle en Angleterre, fut par Lunardi, un italien ,
qui monta du parc d'artillerie, avec un chien, tin
chat , et nn pigeon. L'air pour remplir le ballon
provenait de zinc, à l'aide d'acide vitriohque étendu.
Il monta à une grande hauteur, et après une heure et
demie il descendit près de terre , et débarqua le chat',
qui était presque mort de froid ; après quoi il re-
monta pour trois quarts d'heure de plus , et descen-
dit alors près de Ware , en Hertfordshire.
Le plus long voyage fut fait par MM. Robert s et
Hullin , a Paris, le 19 septembre de la même année.
Ils montèrent à la hauteur de quatre mille deux cents
pieds , et continuèrent leur excursion aérienne pen-
dant six heures.
L'expérience la plus extraordinaire avec les ballons
est celle d'en descendre a l'aide du parachute.
M. Blanchard, aéronaute célèbre, en fut l'inventeur.
Digitizsd by Google
DES JEUNES GENS. 281
Dans un voyage aérien de plus de trois cents milles,
il envoya un parachute , ayant un panier attaché au
bout , dans lequel était un petit chien ; l'animal attei-
gnit la terre en sûreté. Cet instrument est de la forme
d'un grand parapluie ; il est attaché au filet qui couvre
le ballon, et porte, suspendu sur le bord extérieur,
un panier d'osier, dans lequel le voyageur s'assied ,
et coupe les cordes par lesquelles le parachute est
attaché au ballon; il tombe aussitôt très vite; comme
le parachute s'étend, la vélocité est diminuée, et
l'aventurier atteint graduellement la terre. En 1790 ,
un M. Murray fit une ou deux expériences hardies
avec le parachute. Avec son aide il se jeta de la tour
de l'église de Portsmouth , et descendit en sûreté. Il
répéta l'expérience de la tour aux cloches de la ca-
thédrale de Chichester, mais pas avec le même suc-
cès. A environ quatorze pieds de haut, un coup de
vent mit ce hardi aventurier dans une position hori-
zontale, au niveau de la gouttière de la cathédrale ;
il se releva , mais un vent fort le mit une seconde fois
horizontalement. Dans cette position il tomba très
fortement ; le sang lui sortit des oreilles, du nez et
de la bouche très abondamment, et il fut plusieurs
heures insensible ; il n'avait cependant reçu aucune
blessure apparente. La première personne qui se ser-
vit d'un parachute attaché à nu ballon fut M. Garne-
rin, qui, le 8 septembre 180a , monta d'une clôture,
près North-Audley street. A une vaste hauteur il
coupa la corde ; le parachute passa sur Mary -le -bon e
et Somers-town , et descendit dans un champ près
Digitized by Google
282 MANCEL
Paneras. Un des étais on points d'appui qui servaient
a étendre le parachute , cussa malheureusement, et
troublant la balance de la machine, menaça l'aventu-
rier de mort pendant toute sa descente. En atteignant
la terre le choc fut très violent, et M. Garnerin re-
çut plusieurs blessures graves. Le mémo aéronaute fit
plusieurs descentes toutes pleines de succès. Sa fille lui
succéda , et fit plusieurs descentes avec le parachute
avec un succès continuel. Mais madame Blanchard,
en i8ao, éprouva un malheureux sort à Paris; le para-
chute tomba contre une cheminée, l'aéronaute fut jetée
a terre et mise en pièces. Cela dépasserait nos limites
de détailler les excursions nombreuses qui eurent
lieu ; et les voyages aériens sont à présent si fréquent,
depuis la découverte que le gaz hydrogène carburé
( gaz ordinaire des rues) remplirait un ballon aussi-
bien qne le procédé plus cher qu'on avait adopté
avant, qu'ils ont presque cessé d'être un objet de
curiosité, surtout, depuis que l'opinion des sa vans
semble être , qu'on ne peut les diriger à aucun des-
sein utile.
COHSTRUI&H UN ballon.
La forme du ballon est un objet principal ; elle doit
être sphérique. Le sac, ou couvert, se fait de préfé-
rence de l'étoffe de soie appelée lustrine vernie. Mais
pour un Montgolfier, ou ballon d'air échauffé, à cause
de sa grande taille, on s'est servi de linge couvert en
dedans et en dehors de papier, et verni. Les petits
ballons se font de papier verni ou non verni, de
Digitized by Google
DES JEUNES GENS. 283
baudruche ou autres substances légères. La meilleure
manière de faire le couvert des ballons , est de diffé-
rens morceaux ou coutures, jointes en longeant de
bout en bout, comme les tranches suivant lesquelles
on coupe ordinairement un melon pour la table, et
qu'on suppose être étendues plates.
Après avoir pris la quantité nécessaire d'étoffe, et
préparé convenablement chaque morceau avec l'huile
séchante, que les bords correspondaus soient attachés
ensemble de manière à laisser environ un demi-pouce
ou trois quarts de pouce d'un morceau au-delà de
l'autre morceau , afin que ceci puisse , dans un autre
rang de points, se tourner sur le dernier, et être
ensuite attaché ensemble. De cette manière , on
donne beaucoup de force au sac, aux coutures , et le
hasard de la sortie du gaz est très diminué. La cou-
ture étant doublement cousue, comme ci-dessus,
mettez dessous un morceau de papier brun , et un
autre morceau dessus, en dehors, sur le dernier;
passez plusieurs fois de suite un fer chaud, assez
chauffé pour adoucir l'huile séchante dans la cou-
ture ;ceci fait, toute ouverture sera bouchée, et les
coutures rendues impénétrables. Le corps du ballon
ayant, un pied de diamètre et trois de longueur, et
toutes les coutures finies, le sac sera prêt à recevoir
le vernis , dont une seule couche en dehors est pré-
férable à la vieille méthode, maintenant justement
repoussée, de donner une couche extérieure aussi-
bien qu'intérieure.
Le bateau ou la galerie se fait en général d'osier, cou-
Digitized by Google
284 MANUEL
•vert de cuir peint , et la meilleure manière de le sus-
pendre est par des cordes venant du filet qui couvre
le ballon. Le filet est formé à la taille du ballon, et
tombe au milieu avec plusieurs cordes, en sortant de
la circonférence d'un cercle, d'environ deux pieds
sous le ballon , et de ce cercle , d'autres petits cercles
vont aux bords du bateau. Ce cercle peut se faire de
bois ou de plusieurs morceaux de canne mince atta-
chés ensemble. Les mailles du filet doivent être pe-
tites au haut ; car c'est contre cette partie du ballon
que l'air inflammable exerce la plus grande force ,
et elles peuvent augmenter en taille à mesure qu'elles
s'éloignent dn haut. Si l'on demande un parachute,
il doit être construit de telle sorte que, détendu, il
forme un fragment de sphère, et non un hémi-
sphère entier; car alors le poids de cette machine
est très augmenté, sans gagner en surface opposée
à l'air. - - ■
VERNIR LES 11 ALLONS.
Le meilleur Ternis , pour ce dessein , se fait ainsi :
pour faire sécher l'huile de lin , faites-la bouillir avec
deux onces de sucre de plomb et trois onces de li-
tharge par pinte d'huile, jusqu'à ce qu'elles soient
dissoutes, ce qui peut être en une demi-heure;
mettez une livre de glu et une demi-pinte de l'huile
séchante dans un vaisseau de fer ou de cuivre dont
la capacité doit être près d'un gallon , et qu'il bouille
doucement sur un feu lent de charbon, jusqu'à ce que
la glu ne craque plus, ce qui se fera dans une demi-
Digitized by Google
DES JECNES GENS. 285
beure ou trois quarts d'heure ; versez alors dessus
deux pintes et demie d'huile séchante, et faites-la
bouillir une heure de plus, la remuant de temps en
temps avec une spatule de fer ou de bois. Comme le
vernis, en bouillant, et surtout quand il est presque
prêt, s'enfle beaucoup , il fnut, dans ce cas, ôter le
pot du feu , et le replacer lorsque le vernis descend ;
autrement , il bouillira trop. Pendant que l'huile
bout , l'opérateur doit voir si elle a assez bouilli ;
ce qui arrive lorsque le verni s,. frotté entre deux cou-
teaux, forme des fils entre eux en les séparant. Otez-
le alors du feu ; quand il est presque froid, ajoutez
environ une quantité égale de térébenthine. En se
servant du vernis, l'étoffe doit être étendue, et le
vernis appliqué tiède. En vingt-quatre heures il sé-
chera. II faut avoir des draps mouillés à portée pour
envelopper la machine en cas d'accident , car c'est
la seule manière d'éteindre le feu.
BÀILONS XS MIJUATUBE.
C'est une expérience intéressante et amusante, de
remplir un petit ballon fait de baudruche (avec un
peu de gomme arabique pour fermer tous les trous
ou fentes ) , ou bien d'une vessie avec un fil autour
de son ouverture pour empêcher le gaz de sortir.
Lorsqu'il est rempli, attachez-y un bateau de papier
peint, ou de très mince carton, et laissez-le flotter
dans uue chambre; il gagnera le plancher, où il
restera quelque temps; si on le laisse dans l'air, il
montera hors de vue. Celte expérience peut être
Digitized by Google
•lS6 MANUEL DES JEUNES GENS.
variée en mettant plusieurs billes dans le bateau,
pour voir la différence entre le poids du gaz hydro-
gène et de l'air atmosphérique.
Va appareil très joli, d'invention récente, peut
s'acheter chez les faiseurs d'instrumens de chimie et
de physique. C'est un petit ballon ressemblant à uue
vessie, et il y en a de diverses tailles. Il est fait d'un
gésier de dindon, et est si léger, que, rempli de gai
hydrogène, et laissé libre dans l'atmosphère, il monte.
Enfin , nous ne pouvons nous empêcher de remar-
quer que la science prit évidemment l'idée de con-
struire des ballons de plusieurs enfana faisant des
bulles de savon.
FIB OU l'HEMIEB VOLUME.
Digitizad by Google
TABLE DES MATIÈRES.
hwaronCT p«e* i
lin me Btmi 5
La Tapette à caler 8
La Roulette ibid.
La' Pognette ibid.
La Tapette g
Le Conquérant ibid.
La Planche an» arche» n
La Rangette «impie. ibid.
La grande Rangette la
La Pyramide l3
Jbpx na Tourna ij,
La Toppie d'Allemagne ibid.
Toupie à fouet , ibid.
Toupie à Scelle i5
Jtcx de Billes 17
La Partie simple 18
Le* nenf Troui , on la Balle dans le« chape» m . . ta
La Balle empoisonnée 31
La Balle aux pieds ibid.
La Balle et la Crotae aa
La Balle et lei Tabourets a 3
La Trappe, le Battoir et la Balle a4
Le Charme (lu Nord a5
Les Ronds a6
Ji.ui d'agilité ht d'esprit. 37
Le Saut-de-monton ibid.
Digiiized by Google
288 TABLE
Les Barres Page ag
Le Cheyal fondu ibid.
Les quatre Coins 3o
Coquelette ibid.
L'Imitation. , 3i
Le Toucher ibid.
Jeux préparas 3a
La Canonnière iiid.
La Fronde. , 33
La Sarbacane ibid.
Le Cerf-volant 34
Le Thflumatrope 36
La Baquette et le Tolant 3:
Le Suceur , 38
le Cerceau ibid.
Le Chat et le Bat 3g
Le Fusil à ressort de montre ibid,
Jeîïx divers 4o
Tonehe-l'ours ibid.
Les Ricochet ibid.
Colin-Maillard 4r
Les Traîneaux 4l
Patiner 43
L'Escarpolette 45
Le Français et l'Anglais , ibid.
Chat pointu 46
La Marelle 47
Le Boi détrôné 49
La Planche balançoire Sa
Cligne-musette. .'. ibid.
La Cachette,.. 5l
Digitized by Google
i MATIÈRES. 289
lt) Page 5l
54
. ibid.
. ibid.
. ibid.
. 56
■ 5 7
60
ibid.
61
6a
H
ibid.
ibid.
ibid.
iite a graisse , et la Poche. ... 65
ibid.
ibid.
67
«9
70
ibid.
Digitized by Google
2Ô8 TABLE
Les Barres
Le Cheval fondu
Les quatre Coins ,
Coquelette
L' Imitation
Le Toucher
Jeux fréfarÉs
La Canonnière
La Fronde. ,
La Sarbacane
Le Cerf-Tolant
Le Thaumatrope
La Raquette et le Volant. . . .
Le Suceur
Le Cerceau
Le Chat et le Bat
Le Fusil à ressort de montre.
Touche-l'oura
Les Ricochet»
Colin-Maillard
Les Traîneaux
L'Escarpolette
Le Français et l'Anglais
Chat pointu
La Marelle
Le Roi détrôné
La Planche balançoire
Cligne-musette
La Cachette
DES MATIÈRES. 2&)
Le Cavalier (Hippas) Page îi
Enfile l'anguille ibid
Le Canard 5î
La Pantoufle 5Î
Le Mail 54
S'avancer et Sauter ibid.
Tirer l'Étuve 55
Les Éclaïreurs hoileuï, ibid.
La Bonteille de bois ibid.
La longue Corde à Sauter. ibid.
Pend™ le Mouchoir 56
Le Daim 5î
La Statue de neige 58
JEUX ATHLÉTIQUES &ï
L'Abc ibid.
Les Flèches fia
La Corde 63
La Tassette 6j
Le Gant ibid.
Le Brassait ibid.
Le Carquois ibid.
Le Fourreau , la Boite à graisse , et la Poche. ... 65
La Boite ibid.
Le But ibid.
La Marque 66
Bander l'Are 6;
Position 5g
Tir à toute loléc £o
Le Tir au blanc ibid-
I. 25
Digilized by Google
Errer à l'aveutnre Page zç»
Dernières remarques u 7a
Li Ceossi 2$
Crosses, Balles, Guichets , etc j4
Le Joueur de Boule ou Kouleur 2?
Le Frappeur ibid.
Le Gardeur da Guichet
La première Chasse courte ibid.
La Marque ibid.
L'Avantage ibid.
L'Arrêt de longueur 21
La longue Chasse, pour couvrir la courte ibid.
Le Couvreur de la Marque et du Gardeur de Gnî- .
chet ibid.
Le Long-Champ de droits ibid.
Le Long-Champ de ganche 7 S
Lois de la Crosse ibid.
Simple Crosse 81
GYMNASTIQUE 81
EîCKECICH GimflSTIQOES 86
Marcher 88
Courir ibid.
Sauter ibid.
Barres parallèles jjg
Barre horizontale go
Le Saut en longueur
Le Saut en profondeur ibid.
Le Saut en hauteur , g»
Le Saut eu hauteur aveo la perche
Le Saut en profondeur arec la perche ibid.
Digiiizad by Google
DES MATIERES. H.) I
Le Saut en longueur avec lu perçue Page g3
Voltige. M
Grimper à la Corde <jï
La Planche ibid.
Monter à l'Échelle 96
Grimper sur la Perche perpendiculaire pu droite, ibid.
Pus vola h s 27
RÉCKÉiTIOS! GY MIT ASTIQUES, iftÛf.
Santer sur ses Doigts 98
Le Triomphe ibid.
Le Javelot gj)
Porter déni Personnes liirf.
Se Coucher et se Relever 100
Le Livre volant. ibid.
S'agenouiller ibid.
La longue Atteinte ibid.
Passer la Jambe par-dessus la Chaise. ........ ma
Le Tour complet ibid,
L'Essai du Pouce Ifi3
Le Kessort de la Main ibid.
L'Étendue en se baissant. loi
La Chuta U3Î
L'Eiploit des Doigts ibid.
Double et triple Tour 1116
Lever à bras tendn ibid.
Sauter avant de regarder. ibid.
La Houle de bois ig-j
L'Essai de Tantale ibid.
Oter une Chaise de dessous vous sans tomber. . . 108
Le Tour de la Pelle „ ibid.
Digilized by Google
g 2 TABLE
La Poulie Page 109
Le Ventre à la Bouche 110
Le Sou attrapé. ibid.
Les Écliasse III
L'Escrime - . - . 1)3
Fleuret», Masques, etc 1 1 4
Manièie de tenir le Fleuret ibid.
Garde ordinaire de Qnarte et de Tierce n5
Engager et Dégager ti6
I,' Avance et la Retraite ibid.
Les simple» Parades de Qnarte et de Tierce. . . ■ 117
Les Parades d'Octave et de Demi-Cercle 1 18
Les simples Parades de Seconde et de Prime. . . iiq
S'Allouger, se Fendre ; Coups de Quarte , Quarte
sur te bras, et Tierce
ÇggjM de Quarte basse , d'Octave , de Seconde et
de Prime
Variations et Leçons inr Engager et Dégager,
Avancer et Reculer, Parades simples , et Coupa
de Quarte et de Tierce ibid.
Leçons et Variations de Demi -Cercle, Quarte
basse et Octave n3
Leçons et Variations de Prime et de Secoude. . . ia5
Le Saint 11R
Les Contre- Parade» de Quarte et de Tierce iafl
Cootre -Dégagement d'Octave et Demi-Cercle i3o
Les Coutre-Dégagemeas de Prime et de Seconde. | 3i
Leçons et Variations tat les Cou ire -Parades de
Quarte et de Tierce , et les Coiitre-Dégagemeos
d'Octave, etc ,A,J.
Digilized by Google
DES MATIERES . ig3
Fêlâtes Page '33
Coup mr la Pointe i34
Coup dn Poignet ibid.
Retour Sur l'Extension l35
Appels, Coupa but la Lame, et Glissades ibid.
Le Coup a temps l36
Leçons et Variations des Feintes, Appels, etc.. . ibid.
Le Salut avant les Assauts i4o
Désarmer I4l
Observations pratiques I4a
LA NATATION 146
Remarques du docteur Buchan 148
Avis du docteur Franklin aux Nageurs l5o
Instructions pratique* 1 1S8
Entrée dans l'Eau ibid.
S'étendre 160
Bouchons et Vessies 161
La Planche 166
La Corde et autres aides 167
Perdre pied 169
Nager en Demoiselle 171
Nager sur le cûté ibid.
Nager comme uu chien 173
Le Marsouin, uu la Coupe ij3
Nager et Flotter sur le dos 1 74
Se Tourner en nageant 175
Montrer les Pieds ibid.
Battre l'Eau, etc ibid.
Plonger 176
Nager entre deux eau» 17J
Digitized by Google
I(j4 TABLE
La Crampe Page 178
Temps et Endroits pour Nager. 180
Dernières Remarques |8[
AMUSEMENS ARITHMÉTIQUES .83
Dire tout Nombre pensé 186
Seconde manière 188
Troisième manière ibid.
Quatrième méthode ibid.
Dire deux ou plusieurs nombres pensés j8<j
Le Jeu de l'Argent 1Qa
Le Jeu de l'Anneau.. ij)3
Le Jeu du Sac 10,4
Le Nombre Neuf. igj
Le Jeu certain ig6
Siècle magique igg
Deviner un Chiffre ùté a( >|
Le Dé deviné sans le voir
Le Souverain et le Sage 20a
Le Marché du Maquignon ao 3
La Partie de Dîner
Combinaison d'un Anagramme ao4
Le Panier et les lierres
La Souricière arithmétique 30 5
AMUSEMENS MAGNÉTIQUES ao 7
Manière de faire des Aùnaus ai(>
Aimans d'acier.. ait
Le Cygne merveilleux t ala
Le Poisson magnétique aI $
S'assurer si une substance contient du fer 314
Les Bouquets magnétiques
Digitized by Google
DES MATIERES. I$5
Le Cadran miraculeux Page ai6
Montrer que les Aiinans se tournent toujours à peu
près vers le nord et le sud ar8
La Boite divinatoire a'9
Les Perspectives magiques »»"
La Table magnétique "7
L'Oracle magnétique , aa8
La Moncbe intelligente - a3o
Les Cercles magiques a34
La Montre obéissante »38
Magnétisme eiagéré »3o,
AMUSEMEPJS D'OPTIQUE
La Chambre obsenre a43
La Chambre obscure grossissante a47
La Chambre obscure prismatique a*8
Chambre claire a4g
Le Polémoscope aSo
Le Kaléidoscope a5i
La Lanterne magiqne a55
L'Apparition afig
La Lanterne magique nébuleuse 260
La Fantasmagorie a6i
Microscope solaire , . a6a
Construire une Lanterne qui aidera quoiqu'on à
lire la nuit à une grande distance a63
Les Ombre» chinoise ibid.
Le Miroir merveilleoi a65
Anamorphose ingénieuse 067
Le Paysage troublé attg
Autre Anamorphose ibid.
Digilized by Google
I96 TABLE DES MATIERES.
Illusion singulière Page »?3
Antre 374
Faire paraître devant uu verre convexe nn objet
place derrière iÙid.
L'Argent multiplié ■ . . »75
L'Astronome et le Fon , ibid.
AMUSE MENS AÉROSTATIQUES 277
Construire un Ballon 283
Vernir les Ballons aS4
Salions en miniature 285
UN DE LA T*BLK DU FKEMIKH VOLUME.
Digitized by Google
Drgilrzed by Google
ENCYCLOPEDIE-RORET.
COLLECTION
rOnlIANT HHB
ENCYCLOPÉDIE
DES SCIENCES ET DES ARTS,
FORMAT IH-l8
Par une réunion de Savans et de Praticiens;
MESSIEURS
AMMOI, ABBEflHK. BlOT. B.HST, BUTO*. BolaUBY.L. Boituid.
BOK. liOBT.M-.*!., Bm.M,, I ...L.V. Ci..^*b, f»l*IU,
Cnnoii, C0MT*«Tm, Db G»ffim, D. Li««>. P. De-
MWKMm, Diiiou, DWAWM», F»»™™»», GlUmL. Hebib,
ïleoi, Jabuib. J.'li»-Fdbt«,e,.l«, Jouer, Linoii, L»n-
DB1K, Lillll, LsDHlir, I.KKOAHlIltl , LïlSOH, LoBJOl ,
E. Loimi, F. Mui.ektbe, M«t»ii, Mmfc,Mou.Eii,NiciRt,
NOIL, PtUTïT, RHO, RlICDD, lïlCniBB, lilïïllOl.T.TlnB*,
Tiinqim, Tnitmoi m Bebhbioo, Tbillms, Tobhiiit
ï&IllÉBI,TBBT,VlOQOEtlfsV«BDIM,VEnoniUD,YtlBÏ,elC.
Xoiu le» Trailéi se icndeol jépuimEnl, ftOO roi tu
■ p.-r> i l
>. Toui le» OB»ragPi qui ne porlcni pu «u n« do
rr : fj'irnirie Enrycfvpfdiyta d* foret n'appartiennent pou
1 Culltctwndt jlfanur/i-flord qui a eu des ïmiliLenn a de»
, . iipertonnesquï »nr«iml quelque cboie * non» f«ir«
pjrmnit d»iu FlBIMl Jn> .cirr.cei ni de» sd". tont priés
.In l'fniojer fr.mc de port » l'idr.iw du M. le Dirrtliur itt
ry.. u ^:.,,:iéir-n^n, romul in-18, ihet M. IIoket, liurjif»,
roc ilauiDf.oillt, 13, l Pif h,
Ma. Imp. d* C
,Bonr